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Algérie : Bouteflika met en garde contre le « chaos  », avocats et journalistes dans la rue

jeudi 7 mars 2019, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/03/07/algerie-bouteflika-met-en-garde-contre-le-chaos-avocats-et-journalistes-dans-la-rue_5432778_3212.html

Algérie : Bouteflika met en garde contre le « chaos  », avocats et journalistes dans la rue

Le président algérien, hospitalisé àGenève depuis le 24 février, n’est toujours pas rentré en Algérie mais « son état de santé n’inspire aucune inquiétude  » assure son directeur de campagne.

Le Monde avec AFP

Publié le 7.03.19 à15h30, mis àjour à16h17

Photo : Alors qu’elles sont officiellement interdites depuis 2001 dans la capitale, les manifestations sont quasi quotidiennes àAlger depuis le début de la contestation. RYAD KRAMDI / AFP

A la veille d’un troisième vendredi de contestation nationale pour lequel la mobilisation s’annonce forte, le président algérien a appelé, jeudi 7 mars dans un message diffusé par l’agence officielle Algérie Presse Service (APS), à« la vigilance  ». Il met en garde contre une possible « infiltration  » de l’actuel mouvement de contestation contre sa candidature àun cinquième mandat, susceptible de provoquer le « chaos  ». Tout en se félicitant que « le pluralisme démocratique (…) soit désormais une réalité palpable  », Abdelaziz Bouteflika a mis en garde contre « une quelconque partie insidieuse, de l’intérieur ou de l’extérieur  » qu’il n’a pas nommée, pouvant « susciter la fitna  » (discorde, en arabe).

En attendant, avocats et journalistes ont battu le pavé àAlger dès jeudi. Un millier d’avocats du barreau d’Alger étaient rassemblés devant le siège du Conseil constitutionnel, réclamant qu’il invalide la nouvelle candidature du chef de l’Etat, au pouvoir depuis vingt ans. Depuis le 4 mars et jusqu’au 14 mars, le Conseil constitutionnel étudie les vingt et un dossiers de candidature déposés dans les délais légaux, dont celui de M. Bouteflika.

« Nous demandons au Conseil constitutionnel d’assumer ses responsabilités  », a expliqué Me Ahmed Dahim, membre du Conseil de l’ordre des avocats d’Alger. « Cette candidature est irrecevable  », a poursuivi l’avocat soulignant que le dossier devait légalement comporter un certificat médical que l’état de santé de M. Bouteflika ne permet pas de délivrer. Vêtus de leurs robes noires, les avocats brandissent de grands drapeaux algériens. Fidèle au mot d’ordre des manifestants qui insistent sur le caractère pacifique de la contestation, un avocat s’approche même d’un policier pour l’embrasser.

Lire aussi L’Algérie retient son souffle avant les manifestations de vendredi

Des journalistes rassemblés place de la Liberté de la presse

Depuis son accident vasculaire cérébral en 2013, le chef de l’Etat ne s’est pas adressé de vive voix aux Algériens et ses apparitions publiques sont devenues rares. Hospitalisé le 24 février en Suisse, officiellement pour « des examens médicaux périodiques  », son retour en Algérie n’a toujours pas été annoncé. Ces examens « sont en voie d’achèvement  », a assuré au quotidien arabophone El Khabar son directeur de campagne jeudi, et « son état de santé n’inspire aucune inquiétude  ». Les récentes informations de presse faisant état d’une dégradation de son état de santé, « sont sans fondement  », a assuré Abdelghani Zaalane.

En annonçant le 10 février sa candidature, le président algérien, âgé de 82 ans, a déclenché une contestation inédite contre lui depuis qu’il a été élu àla tête de l’Etat en 1999. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé àtravers le pays depuis le 22 février pour demander le retrait de sa candidature àun cinquième mandat lors de l’élection du 18 avril.

Alors qu’elles sont officiellement interdites depuis 2001 dans la capitale, les manifestations sont quasi quotidiennes àAlger depuis le début de la contestation. Plusieurs dizaines de journalistes – de médias privés et publics de presse écrite et du secteur de l’audiovisuel – s’étaient également rassemblés pour le deuxième jeudi consécutif sur la place de la Liberté de la presse, dans le centre de la capitale algérienne, afin de protester ànouveau contre les « pressions  » exercées, selon eux, par leur hiérarchie dans leur couverture du mouvement de contestation.

Des assemblées générales, devant réunir enseignants et étudiants, étaient prévues, par ailleurs, jeudi dans plusieurs universités àtravers le pays pour débattre notamment du déclenchement de mouvements de grève. Vendredi, début du week-end, la mobilisation, annoncée forte sur les réseaux sociaux par lesquelles transitent les appels àla contestation – entre autres via le hashtag « #Mouvement_du_8 mars  » – sera scrutée de près alors que le camp présidentiel estime que le chef de l’Etat a répondu aux revendications. Dans une lettre aux Algériens, publiée le 3 mars, il promet, s’il est élu, de ne pas finir son mandat et de convoquer une présidentielle anticipée, àlaquelle il ne se présentera pas, àl’issue d’une conférence nationale chargée de réformer profondément le système.

Lire aussi En Algérie, le front du « cinquième mandat  » se fissure

Notre sélection d’articles pour comprendre la contestation en Algérie

Depuis le 22 février, le mouvement de protestation le plus important des deux dernières décennies en Algérie a poussé des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour exprimer leur opposition àun cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, avant l’élection présidentielle prévue le 18 avril.

Retrouvez ci-dessous les contenus de référence publiés par Le Monde pour comprendre la crise qui traverse le pays :

Abdelaziz Bouteflika, candidat malgré tout : le point sur la situation politique en Algérie au lendemain du dépôt de candidature du chef de l’Etat
Cinq choses àsavoir sur Abdelaziz Bouteflika : comment le président est devenu l’homme qui cristallise la colère de la jeunesse
Quelle opposition àBouteflika ? Tour d’horizon des formations politiques qui contestent le maintien au pouvoir du président algérien
Vu de Paris ou Marseille : la diaspora scande les mêmes slogans qu’en Algérie
Entretien avec l’historienne Karima Dirèche : « Le régime a surestimé la patience du peuple  »

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Source : https://fr.sputniknews.com/international/201903071040277592-algerie-bouteflika-message-peuple/

Bouteflika met en garde le peuple algérien

© AP Photo / Sidali Djarboub
International
14:34 07.03.2019(mis àjour 15:38 07.03.2019) URL courte
202417

Dans un message adressé àl’occasion de la Journée internationale de la Femme, le Président Bouteflika a évoqué la contestation dans le pays et a appelé àla vigilance face au risque de « chaos ».

Abdelaziz Bouteflika a invité ce jeudi 7 mars, dans un message àl’occasion de la Journée internationale de la Femme, le peuple algérien àêtre vigilant pour éviter la survenue de troubles et du chaos « avec tout ce qu’ils peuvent entraîner comme crises et malheurs ».

Photo : Des avocats algériens franchissent par la force des cordons de police pour atteindre le bâtiment du Conseil constitutionnel
© REUTERS / Zohra Bensemra

Le Conseil constitutionnel algérien rejette un appel contre la candidature de Bouteflika
« Nous nous devons d’appeler àla vigilance et àla prudence quant àune éventuelle infiltration de cette expression pacifique par une quelconque partie insidieuse, interne ou externe, qui pourrait, qu’Allah nous en préserve, susciter la Fitna et provoquer le chaos avec tout ce qu’ils peuvent entraîner comme crises et malheurs », a averti Abdelaziz Bouteflika dans le message lu en son nom par la ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda-Imane Feraoun.

Le Président algérien a toutefois salué le caractère pacifique des marches populaires recensées ces derniers jours dans le pays.

« Nous avons enregistré, il y a quelques jours, la sortie de nombre de nos concitoyens et concitoyennes, àtravers les différentes régions du pays, afin d’exprimer pacifiquement leurs opinions, et nous nous félicitons de cette maturité de nos concitoyens, y compris de nos jeunes, et du fait que le pluralisme démocratique, pour lequel nous avons tant milité, soit désormais une réalité palpable », annonce également le message.

Santé de Bouteflika : le directeur de sa campagne électorale rompt le silence
En outre, le Président algérien a rappelé que l’Algérie avait « payé le prix fort pour le recouvrement de son indépendance et sa liberté » et que son peuple avait « payé un lourd et douloureux tribut pour en préserver l’unité et le rétablissement de sa paix et stabilité, après une tragédie nationale sanglante ».

Abdelaziz Bouteflika a aussi demandé au peuple algérien et, en premier lieu, aux mères, de « veiller àla préservation de l’Algérie, en général, et de ses enfants en particulier ».