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Le sexe et le genre à l’heure orwellienne

Trois articles pour remettre les pieds par terre

dimanche 7 avril 2019, par siawi3

Source : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/12/29/lettre-ouverte-a-mon-ami-qui-pense-que-les-transfemmes-sont-des-femmes/

Lettre ouverte à mon ami* qui pense que les transfemmes sont des femmes

Publié le 29 décembre 2018

Tanith Lloyd

Je t’ai récemment envoyé un article d’une lesbienne qui a travaillé à documenter l’homophobie au sein du militantisme trans. Toi, mon ami* compatissant, patient et chaleureux, tu as répondu en m’écrivant : « Désolé, pas intéressé. » Tu m’as dit que tu ne voulais pas lire un texte appelant les transfemmes « des hommes ». Tu as dit que les transfemmes souffrent d’un « accident de naissance » – que ce sont des femmes « nées dans le mauvais corps ».

Voir que mon ami*, quelqu’un qui a des principes (et qui est un* étudiant brillant doté d’un master) adopte délibérément une position aussi bizarre, anti-matérialiste et anti-scientifique me préoccupe vraiment. Comment peut-on être « né dans le mauvais corps » ? On est son corps. Le concept d’être « né dans le mauvais corps » va au-delà des idées post-structuralistes sur le genre, pour échouer sur un terrain quasi religieux. Comment quelqu’un pourrait-il avoir une connaissance innée (et précédant tout vécu) de ce que signifie appartenir à l’autre sexe ? Qu’est-ce que cela peut bien impliquer ? Être un homme ou une femme fait référence à notre sexe génésique. Tout autre argument revient à affirmer qu’il existe des âmes sexuées.

Cependant, tu parles d’« identité sexuelle » : un sentiment inné d’être un homme ou une femme. Où se trouve la preuve d’une telle identité ? Comment la mesurer ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Même si l’on acceptait qu’une partie de notre cerveau puisse se trouver « mêlée » à un corps « incorrectement » sexué, pourquoi « l’identité sexuelle » l’emporterait-elle sur tous les autres indicateurs physiques qui définissent que l’on est un homme ou une femme ? Pourquoi notre impression subjective du soi l’emporterait-elle ainsi sur la réalité physique objective ? Le transgenrisme n’est pas un diagnostic médical. La dysphorie sexuelle est une condition psychologique caractérisée par une insatisfaction à l’égard de son corps sexué ou du rôle attribué à sa classe de sexe. L’explication scientifique de la dysphorie sexuelle est peu concluante, mais cette dernière est vraisemblablement causée par différents facteurs bio-psycho-sociaux, qui diffèrent pour chaque personne trans. Il n’a pas été prouvé que la dysphorie sexuelle a une « cause » particulière (p. ex., un « accident de naissance » conduisant à être « né dans le mauvais corps ») – il n’existe aucune norme définissant ce que veut dire « se sentir femme » ou « se sentir homme ».

Malgré cela, on donne actuellement aux enfants qui « s’identifient » à l’autre sexe des inhibiteurs de puberté et des hormones du sexe opposé. La médicalisation systématique des enfants non conformes au genre devrait être une pratique impensable. Les petites filles sont trop jeunes pour comprendre que vouloir avoir les cheveux courts, éprouver un béguin pour d’autres filles ou aimer le football ne font pas d’elles un garçon enfermé dans un corps de fille. Des études semblent indiquer que 80 % des enfants dysphoriques sexuels dépassent ce sentiment et en grandissant deviennent lesbiennes, gais ou bisexuel·le·s. Une des raisons pour lesquelles les lesbiennes plus âgées sont si remontées (et qualifiées de « TERFs ») est le fait de réaliser qu’elles risqueraient facilement d’être orientées vers un « changement de sexe » si leur enfance avait lieu aujourd’hui. Une des raisons pour lesquelles les mères sont si remontées est qu’elles connaissent bien les enfants et leurs humeurs variables.

Nous sommes censées croire simultanément que l’identité sexuelle est fixée autour de quatre ans (ce qui justifierait des interventions médicales sur les enfants), mais aussi que les personnes trans ne sont pas toutes aux prises avec une insatisfaction permanente face à leur « genre » (ce qui a pour effet d’élargir la catégorie « transgenre » au nom de « l’inclusivité »). Comment expliquer ce qu’on appelle maintenant les « identités fluides », « non binaires » ou « asexuées » ? Si le sexe a la possibilité d’être fluide, ou de changer au fil du temps, ou de ne même pas exister, quelle justification avons-nous pour apporter des changements permanents au corps d’un enfant ?

Les féministes voient cette pratique comme étant fondée sur un essentialisme sexuel – un concept que tu reconnais et rejettes habituellement. Que penses-tu du livre de Jazz Jennings, I am Jazz, dont les premières lignes sont « Du plus loin que je me souvienne, ma couleur préférée était le rose » ? L’autrice continue en soutenant, « j’ai un cerveau de fille, mais un corps de garçon. Cela s’appelle être transgenre. » Ce livre est actuellement lu dans des écoles, avec l’objectif d’éduquer les enfants sur ce que signifie être trans.

Le cas de Jazz est intéressant, et il complique certainement les questions entourant le sexe et le genre – dans quelle mesure Jazz peut-elle être considérée comme « un homme » si on ne lui a jamais permis de passer par la puberté masculine ? Comment pourrait-on raisonnablement s’attendre à ce que Jazz fréquente des vestiaires masculins ? Il nous faut avoir ces conversations. Mais Jazz représente un cas très rare, alors que l’expression « transgenre » est un terme générique inventé dans les années 90 comme fourre-tout pour divers types de vécu non conformes au genre. Ce qu’on appelait autrefois un « transsexuel » est maintenant appelé « transgenre ». Mais ceux qui étaient autrefois des « travestis » sont aussi appelés « transgenres ». Jazz Jennings et le fantaisiste Eddie Izzard revendiquent tous deux le statut de « femme », parce que le sens du mot « femme » a été étendu à « toute personne qui s’identifie comme femme » (ce qui m’exclut alors, semble-t-il). Où tracer la limite ? Être « trans » n’est plus caractérisé par le constat matériel d’une modification chirurgicale de son corps, mais tient maintenant à un sentiment de soi subjectif et immatériel. Est-ce que Danielle Muscato est une femme ? Qu’en est-il du transactiviste Alex Drummond, affilié à l’organisation StonewallUK ? Là encore, où tracer la limite ? Est-elle basée sur le fait de « passer pour une femme » ? Les femmes doivent-elles avoir une apparence précise ? Qu’en est-il de Jess Bradley, porte-parole trans de la National Union of Students, « suspendue » de son poste pour avoir, apparemment, exhibé en public son pénis en érection ? Est-ce là un crime féminin ? Devons-nous, en tant que société, accepter qu’il soit maintenant possible pour une femme d’exhiber son pénis en érection ? Pour aller plus loin : devons-nous maintenant accepter la possibilité qu’une femme en viole une autre avec son pénis ? Ceci est à tout le moins une énorme attaque contre la solidarité et la confiance des femmes entre elles. C’est peut-être une comparaison grossière, et je m’en excuse, mais pense à d’autres animaux : transplanter chirurgicalement les plumes d’un paon mâle sur un paon femelle rendrait-il cette dernière mâle ? Bien sûr que non. Est-ce que castrer un lion mâle et lui raser la crinière en ferait une lionne ? Bien sûr que non. Alors, pourquoi acceptons-nous qu’une intervention chirurgicale puisse changer le sexe d’êtres humains ?

Cela dit, des organisations comme StonewallUK nous disent que les personnes trans qui ne subissent aucune intervention chirurgicale sont tout de même, à tous les sens du mot, de l’autre sexe. C’est absurde. Quelle définition du mot « femme » inclut le seul sexe qu’elle n’est pas ? Le mammifère femelle se caractérise par la production de gamètes (ovules) qui peuvent être fécondés par des gamètes mâles (spermatozoïdes). Aucune femelle mammifère ne peut féconder des gamètes femelles. Aucun père n’est une femme. Aucun homme n’est une femme. Une femme est un être humain féminin adulte. Il nous faut reconnaître que toute définition est nécessairement exclusive.

Pourtant, en s’efforçant d’être plus « inclusives », des organisations britanniques comme Bloody Good Period et Cancer Research réduisent les femmes à leurs fonctions biologiques en imposant des termes comme, respectivement, « menstruateurs » et « toute personne ayant un col de l’utérus ». L’utilisation d’expressions aussi réductrices est une déshumanisation claire et nette : les femelles d’autres animaux ont également un col de l’utérus et peuvent avoir des règles. L’acte d’« inclusion » le plus orwellien vient peut-être de l’organisme Healthline, qui dans son matériel d’éducation sexuelle appelle les vagins des « trous avant ». C’est clairement insultant et ridicule. Tu le sais. Pourtant, toute femme qui proteste contre l’effacement du mot « femme » en tant que catégorie significative se voit lancer l’épithète diffamatoire de « TERF ». Des femmes qui déclarent que « les femmes n’ont pas de pénis » font l’objet d’une enquête de police pour crime haineux. C’est une forme ridiculement grotesque d’injustice sexiste. En tant qu’homme de gauche, tu ne peux certainement pas défendre cette position.

Ces nouvelles idées sur le sexe affectent surtout des femmes ayant leurs propres espaces, listes électorales et mouvements. Ces ressources ont été créées non seulement pour promouvoir la solidarité et corriger des désavantages historiques, mais aussi pour les protéger contre la violence des hommes. L’apogée de l’absurde du militantisme genriste est que des délinquants sexuels de sexe masculin sont maintenant logés dans des prisons pour femmes sous prétexte qu’ils « s’identifient » en tant que femmes. Il me semble évident que l’on ne doit pas enfermer des délinquants sexuels avec des femmes privées de moyens de défense, mais, encore une fois, défendre cette position nous vaut d’être traitées de « TERF » (un terme que j’aimerais bien que tu cesses d’utiliser). Cela peut être une vérité désagréable à entendre, mais environ la moitié des prisonniers trans britanniques sont incarcérés pour des crimes sexuels (notamment de viol et de pédophilie). Dire cela n’est pas soutenir que toutes les transfemmes sont sexuellement violentes ; c’est simplement souligner que ce chiffre représente plus du double des 19% de crimes de violences sexuelles chez l’ensemble de la population carcérale. Pourquoi est-ce le cas ? Ce sont des questions que nous devons avoir le droit de poser, parmi beaucoup d’autres questions, dont celle-ci : pourquoi les cliniques d’identité sexuelle voient-elles des augmentations aussi spectaculaires chez les adolescentes souffrant de problèmes de santé mentale et d’autisme ? Pourtant, les événements organisés par des femmes pour discuter de ces questions sont systématiquement attaqués. Défends-tu ces contestations du droit démocratique des femmes à la liberté de parole et d’assemblée ?

Je sais que tu as beaucoup d’ami·e·s trans, dont plusieurs que je connais et j’aime beaucoup, moi aussi. Je comprends que tu les as vu·e·s en baver et que, bien sûr, tu voudrais les défendre. Comme dans toute position féministe, je n’attaque aucun homme en particulier et je ne nie pas leurs difficultés. J’essaie de souligner objectivement certains faits. Quelqu’un m’a dit qu’en adoptant une position critique à l’égard du genre, je considère les personnes transgenres comme étant « soit malades mentales soit immorales » et que c’est cruel et injuste. Je comprends leur point de vue, mais ce n’est pas là ma position. Cela me rappelle l’argument de CS Lewis selon lequel « Jésus était un lunatique, un menteur ou le Seigneur ». Comme CS Lewis, ce militant a oublié une autre possibilité : celle de se tromper tout simplement, et c’est à cette possibilité que je pense. Je crains que beaucoup de jeunes transgenres aient mal interprété leur dysphorie sexuelle comme étant la preuve qu’ils appartiennent littéralement à l’autre sexe. Mais leur dire « Les transfemmes sont des femmes » est une façon d’exprimer de la compassion, et non un reflet de la vérité.

Tanith Lloyd

* L’autrice écrit « my friend  » sans préciser le sexe de cette personne.

Tanith Lloyd se définit comme une femme invalide vivant au Pays de Galles.

Version originale : https://medium.com/@tan.ith9/an-open-letter-to-my-friend-who-thinks-transwomen-are-women-491659de2efb

Cette version n’est plus accessible : effacée par l’auteure

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Source : https://tradfem.wordpress.com/2019/03/17/une-discrimination-antifemmes-imposee-au-nom-de-linclusion/

Abolissimo / 17/03/2019

Une discrimination antifemmes imposée au nom de l’inclusion : Déclaration de l’organisme Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter

Le 16 mars 2019

1 Le 14 mars 2019, à la fin d’un processus imparfait et inéquitable, le Conseil municipal de Vancouver a voté l’interruption de la subvention annuelle qui nous est accordée pour soutenir notre travail d’éducation publique.

2 La décision du Conseil municipal entend nous forcer à changer notre position et notre pratique de réserver certains de nos services de base aux femmes nées de sexe féminin. La conformité de notre organisation au Human Rights Code de la Colombie-Britannique a été confirmée en 2003 par la Cour suprême de la Colombie-Britannique, en 2005 par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique et en 2007 par la Cour suprême du Canada.

3 La tentative du Conseil municipal de Vancouver de miner notre autonomie en tant que groupe de femmes – de décider qui nous servons, qui sont nos membres et avec qui nous menons un travail d’organisation – est contraire à l’éthique et n’a pas sa place dans une société démocratique.

4 La décision du Conseil municipal de supprimer le financement de Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter est discriminatoire. De nombreuses subventions de la ville de Vancouver sont accordées à des organismes qui offrent des programmes et du soutien réservés à des groupes particuliers, comme les jeunes Autochtones, les aîné.e.s d’origine chinoise, les personnes sourdes et les travailleuses et travailleurs migrants. A juste titre, aucun de ces groupes n’a été confronté à l’exigence de faire preuve « d’accommodement, d’accueil et d’ouverture aux personnes de tous âges, capacités… et ethnies ». Adresser une telle exigence à ces organisations serait incompréhensible, car elle irait à l’encontre de l’essence et du but de leur travail. Pourtant, c’est ce qu’on réclame de nous au nom de l’« inclusion ».

5 Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter est le plus ancien centre d’aide aux victimes de viol au Canada. Depuis 1973, notre groupe a répondu aux demandes de près de 46 000 femmes qui ont fait appel à notre soutien dans leur démarche d’échappée à la violence masculine. Depuis l’ouverture de notre maison de transition en 1981, nous avons accueilli plus de 3 000 femmes et plus de 2 600 enfants. Gérer notre centre d’aide aux victimes d’agression sexuelle et notre maison de transition découle de formes d’action directe, créées par des femmes dans les années 1970 comme élément de la deuxième vague du mouvement nord-américain de libération des femmes. Plus qu’une simple sécurité immédiate, nous offrons un lieu de regroupement, d’analyse, de stratégie et de riposte contre la violence masculine.

6 En plus de notre travail de première ligne, nous consacrons des efforts considérables à l’éducation populaire, car il s’agit d’un outil essentiel au changement social. Notre programme comprend la mise sur pied d’activités d’éducation populaire gratuites, ouvertes et accessibles à toutes et à tous.

7 Nous participons aussi activement à des activités de réforme nationales en faveur de l’égalité des femmes. Au cours de la dernière année, nous avons comparu devant la Cour suprême du Canada dans l’affaire du meurtre de Cindy Gladue ; nous avons mené des contre-interrogatoires et présenté des observations orales et écrites en tant que partie à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues ; et nous nous sommes adressées à la Chambre des communes et au Sénat du Canada à propos de réformes législatives liées à la violence faite aux femmes.

8 Nous ne doutons pas que les personnes dont le comportement n’est pas conforme à la définition patriarcale et socialement imposée de la masculinité ou de la féminité, y compris les personnes transgenres, souffrent de discrimination et de violence. Les personnes transgenres sont méritantes et doivent vivre en sécurité et disposer de l’égalité des droits et des chances qui est promise à l’ensemble de la population. Lorsqu’il s’agit de nos services, nous avons pris l’engagement collectif de veiller à la sécurité de quiconque appelle notre ligne d’écoute téléphonique, y compris les personnes transgenres.

9 Dans le cadre des efforts continus menés pour nous discréditer, nous avons été accusées de « ne pas soutenir les travailleuses et travailleurs du sexe » (y compris par un membre du conseil municipal de Vancouver sur des médias sociaux). Dans les faits, nos services sont offerts à toutes les femmes qui ont vécu de la violence masculine. Nous offrons de l’aide aux femmes et aux filles en situations de prostitution qui ont été agressées par des clients, des proxénètes ou des hommes qui les poussent à la prostitution. Nous offrons de l’aide aux femmes qui sont actuellement prostituées, à celles qui tentent d’échapper à la prostitution et aux femmes qui ont été victimes de la traite à des fins de prostitution. Nous interprétons la prostitution comme étant de l’exploitation sexuelle et de la violence masculine infligée aux femmes. La prostitution normalise la subordination des femmes. Elle exploite et aggrave les inégalités systémiques fondées sur le sexe, l’origine ethnique, la pauvreté, l’âge et le handicap. Notre analyse de la prostitution comme institution patriarcale nuisible et notre engagement en faveur de son abolition découlent des femmes prostituées qui nous appellent, et des membres de notre propre collectif qui ont quitté la prostitution, et viennent renforcer cet engagement.

10 Naître femme signifie encore être formée, socialisée et forcée de se soumettre à la domination masculine. Le fait que nous soyons nées femmes et élevées dès une enfance de filles jusqu’à un âge adulte de femmes façonne profondément nos vies de diverses façons. La violence masculine à notre égard est une expérience pénible mais courante, et ce n’est en aucun cas la seule. Notre sexualité est contrôlée et manipulée, que ce soit en punissant les femmes de ne pas être vierges ou en faisant la promotion de la pornographie et du sadomasochisme en tant qu’expressions libératrices de la sexualité des femmes. Notre capacité de reproduction est contrôlée et manipulée, que ce soit par l’avortement forcé et la stérilisation imposée, en exerçant des pressions sur les femmes pour qu’elles tombent enceintes ou en leur imposant ces grossesses par le viol. Notre apparence et notre comportement en privé et en public, ce que nous sommes autorisées, encouragées et récompensées de faire, et ce que nous sommes découragées, empêchées ou punies de faire, ont le plus souvent à voir avec notre condition de filles et de femmes dans ce monde. Et c’est à partir de cette condition que, dans un espace réservé aux femmes, avec d’autres femmes, qui ont l’expérience commune d’être nées sans choix dans la classe opprimée des femmes, nous nous assemblons pour organiser et planifier notre résistance et notre combat pour la libération des femmes.

Ces derniers jours, nous avons reçu de nombreux messages de solidarité et des dons issus du monde entier. Nous sommes encouragées et reconnaissantes de cet appui extraordinaire.

La collective Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter

Version originale :
https://www.rapereliefshelter.bc.ca/learn/resources/discrimination-against-women-name-inclusion-statement-vancouver-rape-relief-and-wome ?

Traduction : TRADFEM

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Source : https://tradfem.wordpress.com/2018/06/05/olivia-broustra-le-nombrilisme-trans-pourquoi-des-allie-e-s-deviennent-des-terfs/

Le nombrilisme trans – pourquoi des allié-e-s deviennent des TERFS

Olivia Broustra

Publié le 12 juillet 2018

Bien joué.

Vous avez amené un transfemme à être considéré comme suffisamment femme pour être admis dans une prison pour femmes. Vous avez mis un violeur dans une prison de femmes, et vous avez rendu ça acceptable. Vous avez laissé des femmes se faire harceler par un violeur jusqu’à… Vous avez rendu ça acceptable. Parce que la validation de la personne trans comptait plus.

Bien joué.

Vous avez fait expulser deux femmes d’un refuge pour femmes. Sous prétexte qu’elles s’inquiétaient de la présence dans leur espace sécurisé d’un mâle intact (avec pénis et testicules). Parce que les sentiments de la personne trans avaient plus d’importance.

Bien joué.

Vous avez rendu « cool » le fait de menacer des femmes de violences. À partir du moment où vous la traitiez de « TERF », c’était normal. Elle le méritait. Une sale transphobe mérite d’être attaquée, n’est-ce pas ? Il est acceptable de battre des femmes à coups de poing lors de manifestations puisque c’étaient des TERFS…

Bien joué.

Vous tyrannisez les gens qui ne veulent pas baiser avec vous. Vous les qualifiez de transphobes. Parce que votre validation a plus d’importance.

Vous avez créé de nouvelles lois qui permettent à n’importe quel homme d’accéder aux espaces réservés aux femmes. Dès que cet homme déclare : « Je suis une femme », il est cru et admis. Ainsi, les espaces féminins, créés pour des raisons de sécurité, deviennent maintenant votre territoire. Parce que les personnes trans ont plus d’importance.

Bien joué.

Vous imposez par vos menaces l’utilisation d’un « langage inclusif » et avez intimidé celles qui utilisent encore les mots mutilations génitales féminines, femmes enceintes, et qui osent parler de vagins. Vous avez convaincu le monde que parler de l’anatomie féminine n’est pas inclusif, mais relève du sectarisme.

Bien joué.

Vous avez convaincu le monde que les transfemmes sont davantage autorisés que les femmes elles-mêmes à parler des droits des femmes, à participer aux sports féminins et à occuper des postes de femmes en politique.

Vous avez convaincu le monde que des hommes sont des femmes. Et vous avez sacrifié des femmes dans ce processus.

Parce que vous souffrez d’une vision narcissique, égocentrique et misogyne selon laquelle vous êtes les plus importants, vous méritez plus.

Vous ne vous êtes pas battus pour des espaces trans. Vous vous êtes battus pour prendre ceux des femmes. Et vous avez piétiné des femmes en le faisant.

Vous n’avez pas dit « je suis trans et c’est entendu, maintenant luttons ensemble contre la violence masculine ». Vous avez exigé qu’on vous appelle femmes, réclamé qu’on vous accepte au sein de l’identité féminine et menacé celles qui n’étaient pas d’accord.

Vous exigez plutôt que le monde se mette à vos pieds. Vous exigez que le monde vénère vos besoins en les plaçant au-dessus de tous les autres. Surtout ceux des femmes.

Quand nous demandons ce qu’est être une femme, vous dites « un sentiment ». Alors qu’une femme est avant tout un être adulte de sexe féminin.

Vous qualifiez les vagins de « trous avant » pour réserver le mot vagin à des pénis chirurgicalement modifiés et retournés. Parce que vous avez besoin d’être plus femme que la femme malgré le fait que vous ne pourrez jamais être femme, selon la définition même d’une femme.

Mais ce qui est marrant, c’est que votre nombrilisme sera votre perdition.

J’étais prête à me battre pour votre droit à des espaces trans. J’étais prête à vous soutenir quand vous pestiez d’avoir moins de choix de rencontres. Prête à dire de vous « elle » si cela vous faisait vous sentir mieux. Prête à me battre pour votre droit à des soins de santé et au respect. Prête à lutter contre les stéréotypes de genre et la violence masculine qu’on vous infligeait. J’étais prête à être votre alliée. Beaucoup de femmes ressentaient la même chose. Beaucoup de celles que vous qualifiez de « terfs » ont d’abord été vos alliées.

Mais ensuite vous avez dit « Non. Je ne veux pas d’espaces trans, je veux le vôtre. Je veux votre vagin, vos espaces de femmes, je veux que vous arrêtiez d’utiliser vos mots, je veux que vous arrêtiez de parler de votre corps, je veux vous détruire dans vos sports, prendre vos places dans les fonctions publiques, les écoles et les organisations. JE VEUX VOTRE CONDITION DE FEMME. » Et vous vous attendiez à ce que j’obéisse. À ce que je vous cède tout ça. Et vous avez convaincu beaucoup de gens de faire précisément cela.

Mais les femmes se disent la vérité en coulisses. Vous ne pouvez jamais changer de sexe. Vous pouvez mimer les stéréotypes féminins, vous pouvez imiter notre apparence physique, mais compte tenu de l’utérus, de l’ovule, du col de l’utérus, du clitoris et du plancher pelvien, c’est une imitation assez pauvre. Vous pouvez « féminiser » votre visage – bien que pour une femme androgyne comme moi ce soit un peu offensant – prendre des cours de voix et de démarche, mais vous ne pourrez jamais vivre l’expérience d’être née femme. Vous ne pourrez jamais transformer un homme en une femme donc, en vérité, parler de changement de sexe est un abus de langage. Vous ne pouvez jamais vivre le fait d’être née femme.

Et cela aurait dû aller de soi pour vous. Il n’y a rien de mal à admettre que vous n’êtes pas du sexe opposé. Il n’y a rien de mal à être dysphorique et à admettre que vous êtes trans. Il n’y a rien de mal à ne pas être à l’aise avec votre sexe natal. Vous pouvez avoir une réalité particulière, unique. Et en effet, si vous regardez les centaines de façons dont les personnes trans expriment leur personnalité, chaque personne trans est unique. Mais toutes les personnes trans sont trans. Pourtant vous avez décidé que ce n’était pas un enjeu suffisant pour votre lutte. Ce n’était pas suffisant de vous battre pour votre identité exceptionnelle. En tout cas, ce n’était pas suffisant pour les transactivistes masculins qui sont devenus la partie la plus bruyante et la plus agitée du mouvement. Au lieu de cela, vous avez maintenant l’impression de devoir embrigader le reste du monde dans une validation de votre dysphorie. Mais écoutez :

Nous ne disons pas aux anorexiques que leur dysmorphie corporelle est justifiée et qu’ils ou elles sont obèses.

Nous ne forçons pas les gens à baiser avec des Incels.

Nous n’avons pas interdit entièrement les arachides quand beaucoup de gens y sont devenus mortellement allergiques.

Nous n’avons pas permis à Rachel Dolezal de se prétendre transraciale.

Et nous ne devrions pas avoir à sacrifier les besoins et les enjeux et les préoccupations et les espaces de 50% de la population pour votre minuscule groupe indéfinissable.

La plupart des gens qui ne correspondent pas aux normes trouvent des moyens de faire face, ils créent des groupes de soutien pour eux-mêmes, des espaces pour eux-mêmes. Parce que la plupart des gens comprennent que la vie ne sera pas équitable pour tout le monde, qu’elle ne se pliera pas aux besoins de tout le monde. Plus vous vous battez pour détruire le droit des femmes à leur identité, plus vous vous créez d’adversaires.

Vous avez réussi à vous mettre à dos les lesbiennes et les hommes hétéros en leur disant qu’il était transphobe de ne pas vouloir de votre « bite de femme ».

Vous avez réussi à vous mettre à dos les femmes en essayant de prétendre à la condition féminine et de détruire nos espaces remportés de haute lutte, en condamnant notre besoin de sécurité comme de la « haine ».

Vous vous êtes mis à dos des parents en essayant de les convaincre que leur enfant non conformiste était trans et qu’il fallait bloquer médicalement sa puberté, ce qui peut laisser les enfants sous-développés et stériles. Tchao les petits-enfants et même parfois les vies sexuelles.

Bref, vous avez retourné contre vous vos propres allié-e-s en devenant hostiles face aux moindres questions.

Vous avez rassemblé contre vous des femmes de couleur, des femmes blanches, des hommes, des conservateurs, des progressistes, des modérés, des lesbiennes, des gays , et même des personnes trans revenues de leur transition.

Vraiment bien joué.

P.S. Rien n’est plus redoutable que la fureur d’une femme rejetée.

*NDT : TERF : Expression péjorative correspondant à Trans-Exclusive Radical Feminist, appliquée indistinctement à toute personne critique de l’idéologie genriste.

Olivia Broustra

Version originale : https://archive.is/zTrKE

Traduit par TRADFEM.