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Iran : la femme qui avait manifesté sans voile condamnée à un an de prison

L’Iran, geôlier de Nasrin Sotoudeh et… membre de la Commission pour la condition des femmes de l’ONU

mardi 16 avril 2019, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/monde/iran-la-femme-qui-avait-manifeste-sans-voile-condamnee-un-de-prison?_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Photo : Viva Movahédi est devenue un symbole de la lutte contre le port du voile dans l’espace public en Iran. - Twitter

Iran : la femme qui avait manifesté sans voile condamnée à un an de prison

Par Magazine Marianne

Publié le 15/04/2019 à 14:37

Son avocat a rapporté ce dimanche 14 avril que Vida Movahédi, arrêtée en octobre 2018 pour être apparue sans voile lors d’une manifestation à Téhéran, a été condamnée le 2 mars à un an de prison pour « incitation à la corruption et à la débauche ».

L’image avait fait le tour du monde : une femme, brandissant son voile en pleine rue, sur le dôme au centre de la place Enghelab (« Révolution » en persan) de Téhéran, en Iran. Arrêtée en octobre 2018 pour être apparue tête nue pendant une manifestation, Vida Movahédi a été poursuivie pour « incitation à la corruption et à la débauche ». La justice iranienne l’a condamnée le 2 mars à un an de prison, a rapporté son avocat ce dimanche 14 avril.

Me Payam Dérafchane confirme une information de l’agence de presse officielle iranienne Irna. Selon l’avocat, le juge ayant prononcé le verdict du 2 mars s’est dit prêt à accorder une libération anticipée à Vida Movahédi, mais seulement si elle en fait la demande. Elle pourrait également bénéficier d’une récente demande d’amnistie… Mais plusieurs obstacles administratifs bloquent ces dispositions. « Plus d’un mois après le jugement, nous en sommes toujours au même point », se désole son avocat.
Une « révolte civique »

Pendant son procès, Movahédi a affirmé qu’elle était « opposée au voile islamique obligatoire », et avait choisi de protester sous forme d’une « révolte civique ». Alors que l’Iran était secoué par plusieurs jours de manifestations dénonçant la situation socio-économique du pays, la jeune femme avait ainsi protesté tête nue, vêtue d’un pantalon et d’un chandail.

Elle avait alors contrevenu au code vestimentaire en vigueur en Iran depuis la Révolution islamique de 1979, qui impose aux femmes de sortir tête voilée, le corps enveloppé d’un vêtement ample. Après cette action de désobéissance civile, Movahédi était devenue le symbole d’un mouvement de contestation contre l’obligation des femmes à porter le voile. Plusieurs Iraniennes avaient suivi son exemple… avant que l’initiative ne soit vite réprimée par les autorités.

Movahédi est loin d’être la première femme condamnée pour avoir bravé le code vestimentaire. L’avocate Nasrin Sotoudeh, qui avait défendu plusieurs femmes arrêtées entre décembre 2017 et janvier 2018 pour avoir elles aussi enlevé leur foulard en public, purge depuis juin 2018 une peine de cinq ans de prison pour des accusations d’espionnage.

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Source : https://www.marianne.net/monde/l-iran-geolier-de-nasrin-sotoudeh-et-membre-de-la-commission-pour-la-condition-des-femmes-de-l

Photo : L’Iran a condamné l’avocate Nasrin Sotoudeh à 38 ans de prison et 148 coups de fouet. - BEHROUZ MEHRI / AFP


L’Iran, geôlier de Nasrin Sotoudeh et… membre de la Commission pour la condition des femmes de l’ONU

Par Louis Nadau

Publié le 14/03/2019 à 14:44

La même semaine, l’Iran siège au sein de la Commission pour la condition des femmes de l’ONU et condamne l’avocate Nasrin Sotoudeh, militante du droit des femmes, à 38 ans de prison et 148 coups de fouet.

Ironie tragique. Alors que la condamnation de l’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, déjà emprisonnée à Téhéran, à 38 ans de détention et 148 coups de fouet, soulève depuis ce mardi 12 mars une vague d’indignation dans le monde, la République islamique d’Iran a commencé à siéger la veille… au sein de la Commission pour la condition des femmes de l’ONU ! Le résultat, relevé par Le Parisien, d’une décision prise de longue date par l’organisation des Nations unies.

Un document daté de décembre 2018 fixe ainsi la liste des 45 membres de ce groupe de travail, placé sous l’égide du Conseil économique et social de l’ONU. Aux côtés d’autres pays bien connus pour leur défense acharnée des droits des femmes, tels que l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Qatar et le Koweït, l’Iran figure en effet dans la liste des 45 pays membres. Jusqu’à la fin de son mandat de quatre ans cette année, l’Iran fait partie de cette commission depuis sa nomination en 2010 (effective en 2011), renouvelée en 2015. Le pays de l’ayatollah Khomeini siégera ainsi jusqu’à la fin de la 63ème session de la commission onusienne, qui s’achèvera le 22 mars.

Nasrin Sotoudeh, militante contre le port du voile obligatoire

Le lendemain du début de cette session, consacrée depuis le 11 mars aux « systèmes de protection sociale, à l’accès aux services publics et aux infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles », le mari de Nasrin Sotoudeh révélait que son épouse, déjà emprisonnée pour une peine de cinq ans depuis juin 2018, s’était vu signifier une nouvelle condamnation bien plus lourde. Nasrin Sotoudeh s’est attiré les foudres du régime pour avoir défendu des femmes ayant retiré publiquement leurs voiles.

L’avocate de 55 ans, récompensée en 2012 du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit décerné par le Parlement européen, a été jugée coupable de 7 chefs d’accusation - « incitation à la corruption et à la prostitution », « troubles à l’ordre public », « rassemblement contre le régime » et « insulte contre le Guide suprême », entre autres.

Mardi, à la tribune de l’ONU, la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a adressé « un salut de sororité et de soutien de la France à Nasrin Sotoudeh, féministe iranienne emprisonnée, et aux courageuses militantes féministes dans le monde qui s’engagent parfois au péril de leur liberté ». En France, une pétition en ligne du Conseil national des barreaux, réclamant qu’Emmanuel Macron exige la libération de l’avocate, a été signée par plus de 25.000 personnes.