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Algérie : Présidentielle le 4 juillet ?

dimanche 19 mai 2019, par siawi3

Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/le-rcd-denonce-lentetement-a-vouloir-organiser-la-presidentielle-le-4-juillet-19-05-2019

Il estime qu’« aucun scénario ne peut venir àbout de la détermination du peuple »

Le RCD dénonce « l’entêtement àvouloir organiser la présidentielle le 4 juillet »

Mokrane Ait Ouarabi

19 mai 2019 à10 h 10 min

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) dénonce « l’entêtement àvouloir organiser une présidentielle le 4 juillet ». Dans un communiqué sanctionnant la réunion de son secrétariat national, le parti de Mohcine Belabbas estime que cette élection, « pilotée de bout en bout par un personnel politique passé maître de la fraude électorale, ne relève pas d’un simple passage en force pour désigner un nouveau Président ou d’un déni ordinaire de la réalité, mais participe d’une stratégie de reprise en main par une partie du système de la décision par un agenda caché ».

Le RCD poursuit en affirmant : « L’instrumentalisation de la justice, la reprise en main déjàen cours des médias publics et assimilés dénotent de cette volonté de ne rien ‘‘lâcher’’ ou de ‘‘lâcher’’ le moins possible devant le mouvement citoyen. » Cette formation politique soutient que « le pouvoir de fait veut être le maître des horloges pour s’imposer àla mobilisation populaire ». « Cette posture n’est point àvérifier. Aucune proposition venant d’autres acteurs de la scène nationale ne trouve grâce, y compris celles qui viennent de ceux qui affichent leur disponibilité à‘‘dialoguer’’ avec les nouveaux décideurs », observe-t-il.

Le parti de Mohcine Belabbas enchaîne en considérant que « de glissement en glissement et sous prétexte de protéger le mouvement, les nouveaux donneurs d’ordres ont, rapidement, entraîné l’appareil judiciaire dans une opération de chasse aux sorcières, dont eux seuls connaissent les tenants et les aboutissants ».

« Alors que ceux qui ont mis le pays àgenoux sont en liberté et pour certains aux commandes, un opérateur économique qui a subi les entraves du système Bouteflika est mis sous mandat de dépôt pour un simple litige commercial et une responsable politique est jetée en pâture avant même sa comparution devant la justice militaire », regrette le RCD, qui dit « réitérer son refus d’instruire le procès du régime et de ses clients par une justice aux ordres ».
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« Seule une justice indépendante, dans un Etat de droit, libérée par une phase de transition démocratique disposera de la légitimité pour traiter un tel dossier », soutient ce parti, selon lequel, « tout est fait pour éluder les réponses aux revendications essentielles du mouvement : l’organisation d’une phase de transition démocratique pilotée par un personnel non compromis avec l’ancien régime ».

Sur un autre volet, le RCD n’est pas favorable àla structuration du mouvement populaire pour le doter de porte-parole. « Depuis le début, des appels directs ou indirects pour doter le mouvement d’une direction émanent d’acteurs travaillant au compte du système politique en place.

Les mises en garde de la plupart des acteurs politiques acquis au changement du système et àl’option démocratique ont, jusque-là, épargné le mouvement d’une telle dérive », relève ce parti pour lequel, « ni la nature du mouvement ni l’état des institutions ne plaident pour une telle démarche qui ouvre la voie aux pressions et manipulations, voire àune dualité de pouvoirs aussi improductive que dangereuse ».

Pour le RCD, « le peuple algérien a désormais son avenir entre ses mains en maintenant la mobilisation multiforme (marches, rassemblements, débats citoyens publics, mobilisations sectorielles…) contre toute élection ou transition pilotée par les résidus du système via les débris d’une Constitution faite sur mesure pour un autocrate autoproclamé et piétinée déjààmaintes reprises ».

Ce parti conclut en affirmant qu’« aucune manÅ“uvre d’intimidation ou de division et aucun scénario ne peuvent venir àbout durablement d’une détermination qui prend racine de la soif de liberté, de justice et d’affirmation de notre jeunesse et des profondeurs de la société ».

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Source : https://www.elwatan.com/chronique-de-a-merad/lelection-du-4-juillet-ne-se-tiendrait-pas-16-05-2019

L’élection du 4 juillet ne se tiendrait pas

A. Merad

16 mai 2019 à8 h 00 min

C’est déjàdans l’air, mais l’option qui paraissait inévitable semble se confirmer, selon certaines sources crédibles : l’élection présidentielle programmée pour le 4 juillet serait ainsi annulée pour des raisons objectives et ne tarderait vraisemblablement pas àêtre annoncée officiellement.

On pense que cette décision serait mà»rement réfléchie en haut lieu pour montrer la détermination du pouvoir militaire àse mettre, après moult hésitations, en concordance avec la volonté du peuple.

Ce serait, si cette mesure venait àêtre confirmée, une réponse directe àce dernier, qui n’a cessé d’exiger, àtravers son mouvement de contestation, que l’organisation de cette élection, en même temps que la phase transitoire, soit confiée, pour être crédible, àune instance indépendante issue de la société civile et non àdes représentants de l’ancien système qui sont complètement disqualifiés.

Différer l’élection pour faire baisser la tension serait, certes, une attitude raisonnable de la part du commandement militaire, mais se détacher complètement de sa supervision reste tout de même une position qui mérite clarification et sur laquelle aucune spéculation n’est permise pour le moment.

En d’autres termes, si l’armée consentirait àmodifier son agenda électoral, rien ne dit que c’est dans l’optique d’une concession capitale qui l’obligerait àredistribuer les cartes dans une partie où elle risquerait de perdre le contrôle de la situation.

Ce qui est sà»r en revanche, c’est que le pouvoir militaire soit sans aucun doute arrivé àla conclusion que persister dans la perspective tracée pour faire passer une présidentielle aux biceps ne mènerait nulle part, sinon àune aggravation dangereuse de la crise, avec notamment les menaces d’infiltrations et de manipulations idéologiques, réelles ou supposées, qui pèsent sur le mouvement populaire.

Selon des informations dignes de foi, il semblerait dans cette optique que chez nos voisins de l’Ouest, des cellules travaillent en laboratoire et àtravers les réseaux sociaux pour ce genre de noyautage, le but étant de créer le désordre au sein de la mobilisation insurrectionnelle pour éviter la contagion.

La vigilance est ainsi plus que jamais àl’ordre du jour…

Pour revenir àl’élection du 4 juillet autour de laquelle s’articulait toute la stratégie du « statu quo » constitutionnel prôné par le commandement militaire, il y a lieu d’appréhender, parmi les points qui militent encore pour son report, la certitude de mener un scrutin de cette importance vers un fiasco total, compte tenu du boycott qui plane sur les urnes et qui a été d’ailleurs exprimé massivement par les Algériens.

Ce n’est un secret pour personne, la rue rejette radicalement la prévision « Ã©lectoraliste » préconisée par le pouvoir militaire et appelle àla faire capoter par une abstention record qui a toutes les chances de se produire si le hirak arrive àconserver le même degré de conviction et de radicalisation.

Une troisième raison de cette déprogrammation électorale est donnée par l’étroitesse des délais impartis àl’organisation matérielle et politique du scrutin, sachant, d’une part, que la logistique n’aura pas le temps de se mettre en place d’ici là, et que, d’autre part, aucune pointure politique, àune semaine de la date butoir de retrait des formulaires de candidatures, ne s’est présentée, alors que les quelque 70 postulants anonymes qui l’ont fait n’ont par confirmé la collecte des signatures y afférentes.

Comment donc voter sans électeurs, et pour qui voter ? C’est sà»rement la question inédite jamais posée dans l’histoire de nos campagnes électorales et qui s’invite sur la table par la force d’une feuille de route qui semble surréaliste, même si elle s’appuie sur les référents de la Loi fondamentale.

On verrait mal en effet l’état-major de l’armée rester droit dans ses bottes, alors que la situation évolue autrement dans l’esprit des populations, et surtout que, paradoxalement, la solution envisagée sur un registre strictement constitutionnel mène tout droit àl’impasse.

Oui, l’impasse nous y sommes, affirment les politologues, qui ont déjàdénoncé àmaintes reprises le manque aussi bien de pragmatisme dans la vision politique pour surmonter les épreuves conjoncturelles que de réalisme dans le traitement didactique de l’incompréhension qui s’est installée entre le peuple et son armée. La demande de ce dernier n’a rien, en réalité, de chimérique. Il ne demande pas l’impossible.

Puisque la souveraineté lui appartient, statut que lui reconnaît la Constitution et auquel l’armée se plie, il veut que le système corrompu et tous ceux qui l’ont aidé àse construire et àse consolider partent.

Il veut le changer par un autre plus juste, plus démocratique. Pour cela, il veut donc qu’on respecte sa souveraineté et qu’on accède àses exigences.

Cela paraît simple dans le raisonnement théorique, mais résoudre une telle équation alors que les positions demeurent figées devient un sujet insoluble et prend la forme d’un antagonisme larvé qui semble sans fin.

Au demeurant, on s’attendait àce face-à-face qui est devenu inévitable, compte tenu des positions diamétralement opposées, atteignant même un point de non-retour.

Entre le peuple et l’armée y a-t-il seulement un dialogue de sourds ? Ce serait aller vite en besogne de croire qu’il s’agit simplement d’un jeu de concessions de part et d’autre pour trouver la piste idoine qui arrangerait tout le monde.

Si le peuple a suscité l’admiration par son pacifisme et sa persévérance, on retiendra àce jour que l’armée, principale interlocutrice dans ce combat àdistance, n’a encore jeté aucune passerelle sérieuse pour ouvrir avec lui le dialogue et trouver ensemble les solutions qui permettront de cerner les contours de la nouvelle Algérie àconstruire.

La balle est donc dans le camp de l’institution militaire pour débloquer la situation, partant du postulat que c’est elle qui tarde àfaire des propositions concrètes allant dans cette direction, alors que le leitmotiv de la requête populaire tourne invariablement autour de l’idée du changement du système, de l’instauration d’un autre projet de société.

Faut-il percevoir l’annulation de l’échéance électorale du 4 juillet comme un signe de bonne intelligence pour mettre fin àune situation conflictuelle latente qui n’a que trop duré et ouvrir la voie àune concertation dans laquelle le peuple, àtravers ses représentants, aura toutes les garanties de faire entendre sa voix ?

Tous les Algériens soucieux de voir leur pays projeté dans une dynamique démocratique l’espèrent vivement, àcondition que le hirak arrive enfin àfaire émerger une élite consensuelle capable de convertir le combat révolutionnaire en acquis politique.