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Canada : La charia fait son retour en Ontario.

mercredi 12 juin 2019, par siawi3

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

Source : email le 12.06.19 à 15:07 (4 hours ago)

La charia fait son retour en Ontario.

by tarek fatah

Deux musulmans — un activiste devenu vendeur d’hypothèques islamiques et un religieux islamique qui a vendu son sceau d’approbation islamique sur de telles hypothèques – ont été acquittés vendredi d’une douzaine d’accusations criminelles par une juge de la Cour supérieure de l’Ontario qui a validé certains aspects de la charia pour rendre sa décision. La juge Jane Ferguson a décrit le procès comme un « énorme apprentissage de la finance islamique ».

La charia au Canada ?

Mais qu’est-il arrivé à la déclaration du premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, le 11 septembre 2005, selon laquelle « il n’y aura pas de charia en Ontario » ?

Ce n’était pas seulement l’Ontario qui se déclarait contre. Plus tôt cette année-là, le 26 mai 2005, l’Assemblée nationale du Québec a voté à l’unanimité en faveur d’une « motion contre l’utilisation de la charia dans le système judiciaire ».

S’exprimant en faveur de la motion, Fatima Houda-Pepin, alors députée libérale à l’Assemblée législative, a déclaré : « L’application de la charia au Canada fait partie d’une stratégie visant à isoler la communauté musulmane. »

Et voici maintenant ce jugement de 68 pages de la juge Ferguson dans l’affaire Omar Kalair et de l’imam Yusuf Panchbaya, que la Couronne a accusées d’avoir illégalement pris des millions de dollars en fonds hypothécaires à la société hypothécaire conforme à la charia de Kalair. Les deux accusés ont été inculpés de vol, de fraude et de blanchiment d’argent qui impliquaient 15 lingots d’or qui sont toujours manquants, des pièces d’argent et des frais de 2 millions de dollars pour une fatwa lancée par les religieux islamiques.

L’intrigue complexe met en cause une infime minorité de propriétaires musulmans de la région du Grand Toronto qui ont été avertis par des spécialistes islamiques que le fait de contracter une hypothèque classique auprès d’une banque était un péché, car il s’agissait de payer des intérêts à l’emprunteur. L’écrasante majorité des musulmans, cependant, savent que les hypothèques de la charia promues par les mollahs s’apparentent aux prêtres qui vendent des indulgences. En changeant simplement le mot « intérêt » et en l’appelant « frais », la transaction est censée devenir islamique.

La juge Ferguson a déclaré dans sa décision : « Même si l’interprétation que Kalair avait de l’application de la charia était erronée en droit, je trouve qu’il croyait honnêtement, en tout temps, et qu’il avait des motifs raisonnables de croire qu’il agissait de façon appropriée dans les circonstances. »

La juge Ferguson a statué que la Couronne n’avait pas prouvé hors de tout doute raisonnable que sa cause était fondée.

La juge de la Cour supérieure de l’Ontario s’est appuyée sur le témoignage d’un expert étranger, Abdel Qader Thomas, qui a comparu par vidéo pour renseigner la Cour sur les produits financiers islamiques. La juge a mentionné que ce dernier l’a également renseignée sur la terminologie bancaire islamique.

Dans son jugement, la juge Ferguson écrit : « J’ai d’abord cru qu’un refus de payer des intérêts classiques sur un prêt semblait « bizarre » jusqu’à ce que j’apprenne que le paiement des intérêts est considéré comme un péché grave dans la foi islamique et viole un pilier central de la charia. Cette compréhension était essentielle pour saisir l’esprit opérationnel de Kalair. La preuve de Thomas était également instructive en ce qui concerne les normes de l’industrie par rapport auxquelles la conduite de Kalair doit être évaluée. »

La juge Ferguson a partagé des aspects de la culture islamique qu’elle a appris dans ce qu’elle a appelé sa « courbe d’apprentissage intense ».

Commentant les 15 lingots d’or payés aux érudits islamiques au lieu d’un chèque de 2 millions de dollars, elle a écrit : « ll y a une attraction culturelle pour l’or dans les communautés islamiques. L’or a un lien religieux ancien avec l’islam et est mentionné dans le Coran comme étant l’un des six biens de base. »

Cependant, comme me l’a dit l’imam australien Muhammad Tawhidi, actuellement à Toronto : « Il est interdit aux hommes musulmans de porter de l’or et de la soie. » Il a ajouté : « C’était une directive du prophète Mahomet lui-même, et non d’un érudit du Golfe arabe. »

Après le jugement, Omar Kalair s’est vanté dans une déclaration : « Cette [décision de la juge Ferguson] est, à mon avis, une victoire non seulement pour moi, mais aussi pour l’industrie de la finance islamique, et qui montre que les mesures que nous prenons en raison de notre religion [Islam] sont acceptées par certains tribunaux. »

Alors, qu’est-ce qu’une hypothèque conforme à la charia ? Lisez tout à ce sujet dans cette chronique demain.

Traduction : Laurence B

Video ici : Memo to Doug Ford