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Le bouillonnement anticolonialiste de l’Algérie d’après 1962 : Il était une fois Alger la révolutionnaire

mardi 25 juin 2019, par siawi3

Source : https://histoirecoloniale.net/Il-etait-une-fois-Alger-la-revolutionnaire-par-Elaine-Mokhtefi.html

Le bouillonnement anticolonialiste de l’Algérie d’après 1962
Il était une fois
Alger la révolutionnaire

par Elaine Mokhtefi

lundi 24 juin 2019

Elaine Klein, une jeune New-Yorkaise d’origine juive venue en France en 1952, y a découvert la situation faite aux Algériens et y a vite pris fait et cause pour la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Installée à Alger jusqu’en 1965, devenue Elaine Mokhtefi après avoir épousé un militant du FLN, elle en a été ensuite expulsée pour avoir refusé de collaborer avec la Sécurité militaire. Son témoignage sur Alger devenue le refuge des mouvements anticolonialistes et antiracistes du monde entier, nous trace le portrait d’une ville devenue mythique, « Alger, capitale de la révolution ».

Alger, capitale de la révolution
De Fanon aux Black Panthers
d’Elaine Mokhtefi

La Fabrique, 2019.

Présentation de l’éditeur

À partir de ses années parisiennes — en pleine guerre d’Algérie — et pendant deux décennies, la trajectoire d’Elaine Mokhtefi, jeune militante américaine, a épousé celle de la cause algérienne. Ce combat la mène à New York, au siège des Nations unies avec la délégation du FLN ; à Accra, aux côtés de Frantz Fanon pour le congrès de l’Assemblée mondiale de la jeunesse ; à Alger, enfin, où elle atterrit en 1962, quelques semaines après l’indépendance. Elle y restera jusqu’en 1974. Journaliste, interprète et organisatrice efficace, elle assiste, remplie d’espoir, aux premiers pas de la jeune république, accueille les Black Panthers en exil et participe à mettre sur pied le Festival panafricain d’Alger. Ses mémoires témoignent de l’effervescence des luttes anticoloniales des années 1960, vécue dans l’intimité des grandes figures de l’époque — Ben Bella, Castro, Eldridge Cleaver —, dans une ville qui a gagné avec sa liberté des allures de capitale de la révolution mondiale. Une histoire fascinante, qu’Elaine Mokhtefi raconte avec une passion et une conviction intactes.

Photo : Eldrige Cleaver, David Hilliard et Pete O’Neal avec des représentants du FLN chargés des mouvements de libération, Alger, 1969.

Elaine Mokhtefi (née en 1928 à New York) est issue d’une famille juive de la classe ouvrière américaine. La lutte pour l’indépendance l’a conduite à vivre douze ans en Algérie où elle a travaillé comme journaliste et traductrice. Elle s’est mariée à un ancien membre de l’Armée de libération nationale algérienne (ALN) devenu écrivain, Mokhtar Mokhtefi, décédé en 2015.

Photo : Dans la Casbah d’Alger en 1969, Raymond (Masai) Hewitt, Julia Wright et David Hilliard.

Une émission de France culture

Rendez-vous avec la journaliste américaine Elaine Mokhtefi, devenue à la faveur des événements une « Pasionaria » de la cause algérienne, arrivée à Alger dans un moment d’effervescence qu’elle ne pouvait soupçonner et prise dans le tourbillon de l’histoire.

Ecoutez ici

Elle les a connus ou côtoyés : Frantz Fanon, psychiatre et essayiste célèbre, auteur notamment de Peau noire, masques blancs (1952), Elridge Cleaver, membre des Black Panthers, Abdelaziz Bouteflika, dont elle a été l’interprète... Originaire des Etats-Unis, amoureuse de la France puis de l’Algérie, Elaine Mokhtefi nous raconte ses années passées aux côtés de ceux qui ont contribué à l’Histoire des luttes des années 1960 dans Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Black Panthers (La fabrique, 2019).

Après un passage de plusieurs années à Paris, où elle a le temps d’apprendre le français et de se faire à la vie parisienne, mais où elle découvre aussi le racisme et les prémisses de la guerre d’Algérie, Elaine Mokhtefi embarque pour New York, où elle travaille au bureau algérien, lieu emblématique de mouvements de résistance tels que le Front de Libération Nationale et où elle fait la connaissance de ceux qui, encore étudiants pour certains, formeront l’élite de l’Algérie indépendante. Au lendemain des Accords d’Evian (1962), elle s’installe à Alger en tant que journaliste et décide que son avenir se jouera désormais dans ce pays nouvellement indépendant.

Son poste à l’agence de presse et sa maîtrise de la langue française, en plus des contacts et amitiés qu’elle noue dans les hautes instances étatiques, font d’elle une personne clé, toujours dans l’ombre mais débrouillarde, et qui, après avoir veillé Frantz Fanon dans sa chambre d’hôpital lorsqu’il se mourrait d’une leucémie aux Etats-Unis, vole au secours du Black Panther Elridge Cleaver lorsqu’il arrive en Algérie.

Alger est alors un carrefour des mouvements de libération des années 1960, et Elaine se retrouve aux premières loges, à ses dépends parfois. Ainsi expulsée de la France puis de l’Algérie par un enchaînement de circonstances, elle finit par se détacher de la politique pour se consacrer à son mari, Mokhtar, dont elle porte le nom et qui lutte pour la reconnaissance de l’histoire algérienne auprès des jeunes générations.

Aujourd’hui, de nouveau autorisée à vivre en France et à se rendre en Algérie, devenue peintre et auteure de nombreux livres, elle a décidé de raconter cette histoire, mêlant les faits historiques à ses propres expériences.