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« Je suis une femme trans et je soutiens le droit des femmes de naissance àdes espaces non mixtes  »

lundi 12 août 2019, par siawi3

Source : TRADFEM 11 Aug 2019, 13:03 (21 hours ago)

« Je suis une femme trans et je soutiens le droit des femmes de naissance àdes espaces non mixtes  »

by Abolissimo

6 juillet 2013

Avez-vous entendu parler de la conférence féministe radicale RadFem RiseUp, organisée àToronto ce weekend ? Des lettres de pression l’ont fait expulser d’une galerie d’art qui devait l’accueillir, sous prétexte qu’elle opérerait une discrimination par son format non-mixte (womyn-only).

Contrairement àla prétention des anonymes qui ont exercé ces pressions - allant jusqu’àdes menaces de mort - en disant représenter la communauté transgenre, voici la lettre d’une femme trans qui appuie et justifie le droit des femmes de naissance àse réunir entre elles. Cette conférence a tout de même lieu en ce moment àToronto, malgré les tentatives pour la boycotter. Détails sur http://radfemriseup.wordpress.com et sur Twitter autour du mot-clic #RadFemRiseUp

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Lettre ouverte àla galerie Beaver Hall : Je suis une femme trans et je soutiens le droit des femmes de naissance àdes espaces non mixtes (I’m a trans woman and I support female-only spaces)

Je suis très découragée d’apprendre aujourd’hui que vous avez décidé d’empêcher la conférence Radfem Rise Up de se réunir dans vos locaux. Je comprends qu’àtitre d’entreprise privée, vous avez le dernier mot sur les types d’expression que vous y autorisez. Toutefois, je crains que votre décision a probablement été influencée par des activistes trans qui non seulement n’ont pas àcÅ“ur les meilleurs intérêts des femmes, mais se comportent d’ailleurs souvent de façons misogynes.

Le sexe a de l’importance. Nier cette importance du sexe repousse de plusieurs siècles le travail du mouvement féministe, voire le rend carrément impossible. Les femmes au 19e siècle n’ont pas été privées du droit de vote parce qu’elles « performaient la féminité » : on les empêchait de voter parce qu’elles étaient de sexe féminin (female). Les filles, qui sont de loin les principales victimes des agressions sexuelles dans l’enfance, ne sont pas attaquées parce qu’elles « s’identifient » comme filles – elles sont de sexe féminin et n’ont donc pas le choix en la matière. La pratique de l’avortement sexospécifique en Inde et en Chine, qui a dans certains secteurs déséquilibré le rapport entre les sexes en le portant jusqu’à118/100 (masculin/féminin) n’a pas lieu àcause du « genre » du foetus, un concept évidemment risible dans ce contexte ! Il s’agit bel et bien d’un enjeu de sexe.

Les femmes trans ne sont pas de sexe féminin. Je vis comme une femme aujourd’hui, mais je suis née mâle et j’ai été élevée en garçon. J’ai effectué àla fin de mon cours secondaire la transition vers une vie en tant que fille/femme et j’ai maintenant vécu plus de la moitié de ma vie en tant que fille/femme. Composer avec le sexisme n’est pas une sinécure, mais je suis beaucoup moins malheureuse que je ne l’étais avant ma transition. (Le fait de « passer », d’être perçue comme de sexe féminin (passing as female) m’a également rendu la vie plus facile quand j’étais visiblement transgenre, et je suis chanceuse d’avoir eu cette expérience.) Toutefois, même après avoir pris toutes les hormones et avoir obtenu une SRS (chirurgie de réassignation sexuelle), je suis toujours de sexe masculin (I’m still male). Ma structure osseuse est masculine. Je suis encore quelqu’un qui a vécu en garçon jusqu’àma transition. Je n’ai pas d’utérus et je ne serai jamais enceinte. Rien ne peut changer ces réalités ! Je vis ces jours-ci une existence « furtive », et la plupart des gens présument que j’ai eu une enfance normale de fille. Quand je suis au bord des larmes, il arrive que des copains s’inquiètent de m’avoir mise enceinte. Cependant, je me souviens encore de mon enfance, je connais mon corps, et je sais que je serai toujours différente d’autres femmes.

Les femmes « de naissance » (females) ont besoin d’un espace àelles (female-only space) pour identifier et déconstruire les fadaises de leur socialisation féminine. Il ne s’agit pas de Féminisme de niveau 101, mais bien de Féminisme 0,001 – un critère de base absolu ! Les femmes trans, ayant reçu une socialisation masculine, ne sont pas confrontées àla même série d’enjeux : nous avons àrésoudre des problèmes entièrement différents – notamment, l’oppression que nous avons vécue en tant que garçons différents au chapitre du genre (gender-variant boys), si nous présentions cette différence avant notre transition, ou la haine de soi que certaines femmes trans intériorisent au cours de leurs années de « placard ». Aucune de ces choses n’est identique au vécu d’une fillette !

Photo : Une image intimidante que diffusent les opposants aux conférences RadFem. (« DIE CIS SCUM » = non-trans) Contexte : http://rancom.wordpress.com/2011/12/08/die-cis-scum/ (« Die, cis scum » signifie « Crève, non-trans de merde ! »)

Lorsque des femmes trans combattent le droit des femmes de naissance àdes espaces non mixtes, elles réagissent contre une menace perçue : celle que ces femmes ne respectent pas leurs « identités » en tant que femmes. Mais le féminisme radical n’est pas axé sur les émotions ou les démarches d’identification – il s’agit de la lutte de personnes qui sont violées et assassinées en raison de leur sexe. De plus, être une femme n’est pas une identité – c’est une catégorisation socialement assignée, fondée sur le sexe perçu. Si femme était une identité, pourquoi n’importe quelle femme de naissance « s’identifierait-elle » comme femme ? Ne verrait-on pas toutes les femmes de naissance « s’identifier » en tant qu’hommes, afin de pouvoir obtenir les meilleurs emplois et de pouvoir imposer leur voix dans la sphère politique ? Les théories du genre créé par auto-déclaration (because-I-say-so) contredisent directement la réalité – nous ne marchons pas dans la rue avec notre « pronom de préférence » épinglé ànos chemises.

Si les femmes trans veulent être reconnues en tant que femmes, et particulièrement par les femmes de naissance, elles feraient mieux de soutenir réellement ces femmes. Cela signifie reconnaître que nous avons grandi dotées du privilège masculin, faire attention àne pas enterrer la voix des femmes de naissance, et éviter de nous approprier des mots comme misogynie (qui désigne en réalité le viol et l’assassinat de femmes par des hommes, chaque minute de chaque jour) pour simplement signifier « quelqu’un m’a fait de la peine ». Nos vies en tant que femmes trans sont difficiles – mais ce sont DES HOMMES qui nous battent et nous assassinent, et DES HOMMES qui rédigent les lois qui nous font du mal, et DES HOMMES qui gèrent les firmes d’assurance qui nous refusent des traitements. Sachons assigner le blâme làoù il est mérité !

Les femmes trans qui arrêtent d’enterrer la parole des femmes de naissance découvriront probablement qu’elles ont soudainement beaucoup plus d’amies femmes, et qu’elles sont plus acceptées en tant que femmes. Soudainement, les opinions transphobes de la petite minorité de féministes radicales qui sont réellement transphobes, plutôt que simplement critiques du transactivisme (trans-critical), ne sembleront plus très importantes. Lorsque vous obtenez réellement une validation dans votre vie, l’existence de personnes intolérantes pèse moins lourd. Imaginez ça !

Je sais que les enjeux trans sont vraiment déroutants, mais lorsque des transactivistes comme Joelle Ruby Ryan, Morgan Page et Julia Serrano s’approprient le langage de la justice sociale pour promouvoir leurs politiques misogynes, n’en soyez pas dupes, s’il vous plaît ! Non seulement ces personnes enterrent-elles les voix des femmes de naissance, mais elles enterrent également les voix des transsexuelles qui sont socialement assimilées en tant que femmes. Veuillez ne pas donner priorité aux objectifs égoïstes et égocentriques de ces personnes contre les droits des femmes de naissance.

Cordialement,

Une transsexuelle anonyme qui appuie les femmes de naissance

SOURCE originale en anglais :
http://snowflakeespecial.tumblr.com/post/54689372575/open-letter-to-beaver-hall-gallery-im-a-trans-woman