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France : Nous apportons notre total soutien àHenri Pena-Ruiz

lundi 14 octobre 2019, par siawi3

Source : https://www.liberation.fr/debats/2019/10/12/nous-apportons-notre-total-soutien-a-henri-pena-ruiz_1756976

Nous apportons notre total soutien àHenri Pena-Ruiz

10 octobre 2019

Le 4 octobre, la version en ligne du journal Libération publiait une tribune signée par un « collectif d’élus et d’acteurs associatifs  », intitulée « Islamophobie àgauche : halte àl’aveuglement, au déni, àla complicité  ». Cette publication, qui appelle àfaire de « l’islamophobie  » un délit raciste, ne se contente pas de ressasser les thèmes du retournement victimaire chers àla mouvance dite « décoloniale  » et àl’idiotie utile de l’islamisme meurtrier, elle ne se contente pas de donner une fois de plus les leçons de morale qui excusent l’inexcusable. Elle s’en prend expressément àla personne de Henri Pena-Ruiz .

En « accroche  » de cette publication la photo de Henri Pena-Ruiz, agrémentée en légende d’une citation tronquée, est une référence évidente àla campagne de dénigrement qui a suivi l’une de ses conférences, donnée àToulouse le 23 aoà»t dernier. Henri y déclarait notamment :

« L’universalisme laïque n’a rien àvoir avec l’ethnocentrisme colonialiste ni avec le racisme, contrairement àce que prétend la mouvance décoloniale. Rejeter une religion n’est pas raciste. Mais rejeter une personne ou un peuple du fait de sa religion est raciste. Le regretté Charb l’a dit clairement : le racisme antimusulman est un délit, mais pas le rejet de l’islam. On a le doit d’être islamophobe, athéophobe, catholicophobe, mais pas de rejeter une personne du fait de sa religion ou de son humanisme athée.  »

Voilà, ô horreur, le passage incriminé, ce qu’il n’aurait pas fallu dire ! Une telle précision dans les concepts, un tel discernement dans leur usage, une telle justesse de propos, tenez-vous bien, ce serait du racisme, ce serait distiller de la haine anti-musulmans ! On peine àcomprendre, ou plutôt on ne comprend que trop bien : comme le dit Zineb El Rhazoui, qui sait de quoi elle parle, on sait parfaitement que l’accusation « d’islamophobie  » n’a pas d’autre fonction que de faire taire tout discours critique qui aurait le malheur de prendre pour objet l’islam notamment en tant que doctrine politique. Eh bien répétons-le, oui on a le droit d’être islamophobe : même sous cette forme elliptique abusivement brandie, la formule, qui porte sur une religion, une doctrine, et non sur des personnes, ne choque que ceux qui ont déjàdécidé de récuser la liberté de conscience et d’opinion qu’ils revendiquent pourtant, àjuste titre, pour eux-mêmes.

Le texte de la tribune en remet une couche : au cas où on n’aurait pas compris, le nom de Henri Pena-Ruiz y est repris. En cautionnant les accusations indignes et les violents propos par lesquels certains militants s’en sont pris àHenri Pena-Ruiz, il invite, entre autres, àpoursuivre et àaccentuer la campagne publique de dénigrement calomnieux dont sa personne est l’objet. Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas lui mettre directement une cible dans le dos ? On se demande vraiment qui tient un « discours de haine  ».

Le titre de la tribune égrène un crescendo alarmant (« halte àl’aveuglement, au déni, àla complicité  ») : voilàqui mériterait d’être retourné aux signataires d’un texte qui donne l’exemple même des procédés qu’il prétend dénoncer. Avec un remarquable sens du moment opportun, la tribune est publiée le lendemain du massacre au couteau qui a eu lieu àla Préfecture de police de Paris. Cet événement tragique s’inscrit dans une série sanglante et il a fallu attendre de longues années pour que soit enfin posée publiquement et sans les circonlocutions habituelles la question de l’aveuglement, du déni et de la complicité dont le bras islamiste meurtrier bénéficie depuis si longtemps.

Alors que, en 2015, on a vu un index coupable désigner aux tueurs la cible prétendue « islamophobe  », aujourd’hui encore des accusateurs bienpensants osent plastronner et rabâcher les mêmes leçons de morale « progressiste  ». Est-ce par de telles mises àl’index, est-ce en tentant de fermer la bouche des républicains universalistes, est-ce par des discours victimaires condescendants que nos concitoyens de culture musulmane sont encouragés àsecouer l’omerta qui depuis des années les amalgame, tout aussi coupablement, àce que l’islam a de plus réactionnaire ? Beaucoup d’entre eux le font déjà, au péril de leur vie : et il faudrait continuer àles abandonner en les livrant àl’assignation et àla tyrannie religieuses ?

Quand cessera-t-on de cautionner et d’encourager le fanatisme au prétexte d’éviter la « stigmatisation  » ?

Signataires : Elisabeth Badinter, philosophe, Fatiha Boudjahlat, enseignante, essayiste, Laurent Bouvet, professeur des universités, politiste, essayiste, co-fondateur du Printemps républicain, Martine Cerf, auteur, secrétaire générale de l’association Égale, Gilles Clavreul, co-fondateur du Printemps républicain, animateur du think tank L’Aurore, Denis Collin, philosophe, écrivain, Frédérique De La Morena, maître de conférences en droit public, Elisabeth de Fontenay, philosophe, écrivain, Jean Glavany, ancien parlementaire, président du think tank L’Aurore, Philippe d’Iribarne, sociologue, essayiste, Amine El Khatmi, président du Printemps républicain, Zineb El Rhazoui, journaliste, essayiste, Prix Marianne Jacques France du GODF, Jeanne Favret-Saada, ethnologue, essayiste, Philippe Foussier, ancien président du CLR, Marie-Pierre Frondziak, professeur de philosophie, Marcel Gauchet, philosophe, rédacteur en chef de la revue Le Débat, Christian Gaudray, président de l’Union des familles laïques, Pierre Guenancia, professeur de philosophie àl’Université de Bourgogne, Nathalie Heinich, directeur de recherche au CNRS, Pierre Juston, doctorant en droit, Patrick Kessel, président d’honneur du CLR, Catherine Kintzler, philosophe, membre fondateur du CLR, Mohamed Louizi, ingénieur, essayiste, Karan Mersch, professeur de philosophie, Michel Onfray, philosophe, essayiste, Patrick Pelloux, médecin urgentiste, Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne, Sabine Prokhoris, philosophe et psychanalyste, Jean-Pierre Sakoun, président du Comité laïcité république, Boualem Sansal, romancier, Jean-Paul Scot, historien et écrivain, Bruno Streiff, metteur en scène, Annie Sugier, présidente de la Ligue pour le droit international des femmes, Bernard Teper, co-animateur de « Combat laique-Combat social, fédérer le peuple ».

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