Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > Syrie : Les Kurdes, après le retrait US

Syrie : Les Kurdes, après le retrait US

mardi 15 octobre 2019, par siawi3

Source : http://www.leparisien.fr/international/syrie-comprendre-en-cinq-minutes-l-alliance-surprise-entre-assad-et-les-kurdes-14-10-2019-8172582.php

Syrie : comprendre en cinq minutes l’alliance surprise entre Assad et les Kurdes

Le régime de Damas porte assistance aux Kurdes alors qu’il n’a jamais toléré l’autonomie acquise de facto par ces derniers dans le nord du pays depuis 2011.

Photo : Les forces syriennes se sont déplacées dimanche dans le nord du pays en soutien des Kurdes. SANA/AFP

Par Cyril Simon
avec Ronan Tésorière

Le 14 octobre 2019 à14h41, modifié le 14 octobre 2019 à16h05

Sacrifier l’autonomie politique bâtie depuis maintenant huit ans dans le nord de la Syrie pour sauver son peuple : voici àquoi ont été contraintes les autorités kurdes, une semaine après l’annonce par Donald Trump du retrait des troupes américaines.

Dimanche, les Forces démocratiques syriennes ont conclu un accord avec le régime de Damas pour contrer l’offensive turque dans le nord du pays. Deux divisions de l’armée ont ainsi été envoyées. « Nous sommes maintenant debout, la poitrine nue, face aux couteaux turcs  », s’est justifié Mazloum Abdi, le commandant en chef des forces kurdes, dans une lettre publiée par le magazine Foreign Policy.

« L’urgence, ce sont les Turcs, après ils verront  »

En termes de politique intérieure, tout oppose en effet les deux parties. Les Kurdes, partisans d’une Syrie fédéraliste dans laquelle ils jouiraient d’une autonomie politique et d’une liberté religieuse dans ce qu’ils appellent le « Rojava  », ont toujours été discriminés et marginalisés par Damas. Par le passé, le régime est même allé jusqu’àqualifier de « traîtres  » les combattants de la minorité pour leur alliance avec Washington dans la lutte contre Daech.

Leur seul point de convergence, en définitive, c’est cette hostilité face aux velléités territoriales d’Erdogan. « Le régime de Bachar al-Assad n’a jamais accepté l’occupation de cette zone. Ils ont toujours dit que l’intervention turque était illégale, rappelle Patrice Moyeuvre, chercher associé àl’IRIS et spécialiste de la Turquie. C’est une alliance de circonstances pour combattre l’ennemi commun. L’urgence, ce sont les Turcs, après les deux camps verront  ».

D’ores et déjàce lundi, le régime syrien s’apprêtait àinvestir Manbij et Kobané àla frontière turque, mais aussi Kamechliyé et Hassaké sur l’arrière-front. Rien ne garantit toutefois que l’armée syrienne s’installe durablement tout le long de la frontière, et encore moins qu’elles s’attaquent directement aux chars turcs. Wassin Nasr, journaliste spécialiste du Moyen-Orient pour France 24, se montre incrédule. « Cela reste un slogan, a-t-il affirmé sur France Inter. À Afrine (en mars 2018, NDLR), Damas avait dit la même chose mais au final ils avaient seulement envoyé des miliciens et pas l’armée régulière […] Ce n’est pas un accord gravé dans le marbre, c’est évolutif  ».
Syrie : comprendre en cinq minutes l’alliance surprise entre Assad et les Kurdes

La Russie, maître du jeu

Pour saisir les tenants et aboutissants de ce brasier géopolitique, il faut aussi s’intéresser aux forces présentes en coulisses. Au cÅ“ur du jeu, il y a évidemment la Russie, peu concurrencée, il faut dire, par l’impuissante communauté internationale. Mais on peine encore àlire sa partition.

D’un côté, Moscou est le parrain du régime de Damas et fait office d’intermédiaire dans les négociations avec les Kurdes. De l’autre, elle traite avec la Turquie dans le cadre du processus d’Astana censé régler le conflit syrien avec l’Iran. Istanbul pourrait également lui apporter une aide précieuse dans la lutte contre les poches djihadistes dans la région d’Idlib, àl’ouest.

« Poutine comprend mais n’approuve pas forcément cette intervention syrienne. Il estime que cela va déstabiliser la région encore plus qu’elle ne l’est déjà. Mais depuis 2011, sa priorité, c’est de sauver Bachar  », estime Patrice Moyeuvre. Coup de bluff ou non, Recep Tayyip Erdogan a en tout cas salué l’« approche positive  » de la Russie, qui selon lui, ne devrait pas s’opposer àson offensive sur Kobané. Wassim Nasr estime de son côté que les derniers soubresauts dans le dossier syrien se sont faits « en bonne intelligence entre Ankara, Moscou et Téhéran  ». Se dirige-t-on vers une répartition des zones entre les Turcs et les forces du régime ?

« Difficile de savoir àqui faire confiance  »

Les Kurdes eux-mêmes ne sont pas dupes. Ou plutôt, ils ont conscience qu’ils peuvent se faire duper àtout moment. « Les Russes et le régime syrien ont fait des propositions qui pourraient sauver la vie de millions de personnes qui vivent sous notre protection, a expliqué le commandant Mazloum Abdi. Nous ne faisons pas confiance àleurs promesses. Pour être honnête, il est difficile de savoir àqui faire confiance  ».

Alors que près de 130 000 civils ont déjàdà» fuir les zones de combat, le responsable appelle son ancien allié américain à« user de son pouvoir et de son influence pour parvenir àun accord avant de se retirer  ».

VIDÉO. Syrie : pourquoi l’offensive turque contre les Kurdes est « immorale et dangereuse  » pour la France

°°°

Source : https://www.bfmtv.com/international/retrait-des-troupes-de-syrie-des-commandos-americains-font-part-de-leur-honte-au-new-york-times-1787139.html

Retrait des troupes de Syrie : des commandos américains font part de leur « honte » au New York Time

Jeanne Bulant

14/10/2019 à19h34

Photo : Des véhicules militaires américains en patrouille dans le nord-est de la Syrie, le 12 octobre dernier. - DELIL SOULEIMAN / AFP

Des officiers américains ont fait part de leur « honte », àl’annonce du retrait de leurs troupes du nord de la Syrie, ce lundi, où elles combattaient Daesh aux côtés des forces kurdes et de la coalition internationale.

« Nous n’avons pas abandonné les Kurdes », s’est défendu le ministre de la Défense américaine Mark Esper vendredi, en annonçant le retrait des forces américaines du nord de la Syrie. Depuis plusieurs années, les troupes américaines collaboraient étroitement avec les forces kurdes pour combattre Daesh en Syrie.

Mais face àl’offensive turque àla frontière syrienne, la Maison Blanche a pris le contre-pied de sa stratégie de ces quatre dernières années, en ordonnant aux quelque 1000 soldats américains déployés en Syrie de quitter le pays d’ici les prochains jours.

Entre kurdes et américains, une étroite collaboration

Une décision qui a suscité l’indignation des dirigeants internationaux, et particulièrement européens, qui soutiennent les Unités de protection du peuple (YPG) contre Daesh. Et au sein des troupes américaines déployées sur le terrain, l’indignation et la honte sont àleur comble.

« Ils nous ont fait confiance et nous avons brisé cette confiance », a déclaré lors d’un entretien téléphonique au New York Times un officier américain la semaine dernière. Amer, l’homme ajoute : « C’est une tâche sur la conscience américaine ».

« J’ai honte », confie un autre officier ayant opéré dans le nord de la Syrie aux côtés des soldats kurdes.

Les deux hommes ont souhaité faire part de leur témoignage au quotidien américain de manière anonyme afin d’éviter toutes représailles venant de leur hiérarchie.

« Trahison »

Du côté kurde, la réaction des soldats est aussi sévère. « La pire chose dans la logique militaire, c’est la trahison », déplore un responsable allié des Forces Démocratiques syriennes, du nom de Shervan Darwish.

À l’annonce de ce retrait en fin de semaine dernière, les forces kurdes n’ont eu d’autre choix que de réclamer un déploiement de l’armée de Bachar al-Assad près de la frontière, pour contrer la progression du voisin turc et de ses supplétifs syriens.

Ce lundi, Donald Trump a prévenu que les Etats-Unis n’allaient pas « s’engager dans une autre guerre entre des gens qui se combattent depuis 200 ans ». « Est-ce que les gens pensent vraiment que nous devrions entrer en guerre contre la Turquie qui est membre de l’Otan ? Les guerres sans fin vont s’arrêter ! »

Notice to readers: Technical upgrade underway. No new content is being added here till further notice.