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« Nous, volontaires français contre l’État islamique »

Abandonner nos valeurs « universelles » face àl’expansion militaire de l’obscurantisme islamiste

vendredi 25 octobre 2019, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/vox/monde/nous-volontaires-francais-contre-l-etat-islamique-20191024

« Nous, volontaires français contre l’État islamique »

EXCLUSIF - Le Figaro publie l’appel exceptionnel de dix Français partis de leur plein gré se battre aux côtés des Kurdes de Syrie contre Daech.

Par Tribune Collective

Les dix signataires, tenus de conserver l’anonymat - William, Guillaume, Damien, Marc, Gillian, Florent, Dimitrie, Frédéric, Olivier et Maxime - sont tous d’anciens volontaires des YPG (« unités de protection populaire », appellation des unités militaires des Kurdes de Syrie).

Le 9 octobre 2019, en décidant de retirer ses troupes de Syrie, Donald Trump a permis àla Turquie de lancer une invasion sur le territoire du Rojava, région du nord-est de la Syrie tenue par nos alliés kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS). C’est un acte de trahison envers nos alliés. Tout l’Occident s’y trouve associé.

Nous, volontaires français partis combattre les terroristes de l’État islamique (EI) aux côtés des Kurdes de Syrie et d’Irak, lançons un appel àla France contre cette offensive aux conséquences terribles, aussi bien pour les Kurdes que pour l’Europe.

Nous sommes des Français, partis rejoindre les Kurdes pour nous opposer au califat de l’EI, et protéger notre pays et notre civilisation de la déferlante d’attaques terroristes islamistes. Nous nous sommes battus, l’arme àla main et épaule contre épaule avec les combattants kurdes pour éradiquer ce mal qui s’étendait. Certains ont été tués, d’autres blessés, tous ont souffert. C’est le prix de la liberté et nous étions tous prêts àle payer.

Les signataires ne sont les porte-parole ni d’une idéologie ni du peuple kurde ; nous ne sommes que des compatriotes, qui aimons notre pays. Nous avons passé de longues périodes immergés dans la région, y avons appris àconnaître la valeur de nos alliés, la force de nos ennemis et l’importance des enjeux qui basculent aujourd’hui en notre grande défaveur.

Nous avons une dette envers les Kurdes

Nous ne pouvons rester silencieux alors que tous nos efforts, nos sacrifices, sont sur le point d’être réduits ànéant et nos amis trahis. Nous sommes révoltés, écÅ“urés. Nous avons une dette envers les Kurdes. Ils étaient les principaux alliés de la coalition occidentale contre al-Qaida et l’EI dont la France était une composante majeure. Nos forces armées ont combattu sur le terrain avec les Kurdes. Notre victoire n’aurait pas été possible sans la guerre farouche que les FDS ont menée au sol sous le commandement kurde, face àun ennemi puissant, innombrable et déterminé. Une guerre que les Kurde sont menée avec un courage, une discipline et une morale exemplaires. Nous leur devons cette victoire !

Le Rojava n’a jamais inquiété militairement la Turquie qui, depuis la coupure de la route du djihad, a construit un mur frontalier et n’a jamais enregistré aucune attaque ni aucun tir provenant du territoire kurde syrien. En revanche, le système politique mis en place par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, qui repose sur des valeurs civilisationnelles que nous, Français, partageons et jugeons universelles, telle que la démocratie, l’égalité homme-femme, la protection des libertés fondamentales, la laïcité, est une menace pour Erdogan.

Arabisation et islamisation forcées

C’est ce confédéralisme démocratique que la Turquie veut détruire, alors que les populations de diverses ethnies, confessions, tribus, y ont toutes adhéré, pour vivre en paix dans leur pays. Abandonner les Kurdes àla mort et àl’occupation signifie aussi, pour l’Occident, abandonner nos valeurs « universelles » face àl’expansion militaire de l’obscurantisme islamiste. Quel sera le message retenu par nos ennemis et, pire, par nos amis ?

Ce qui attend le Rojava n’est pas une simple occupation militaire par l’armée turque, car Erdogan est l’allié de nos ennemis : les combattants déployés au sol contre les FDS sont pour la quasi-totalité des djihadistes, récemment encore affiliés àal-Qaida ou des anciens combattants de l’EI. Ces terroristes islamistes que nous avons eu tant de mal àchasser de ces terres reviennent avec la cruauté de leur extrémisme, aujourd’hui mêlée àcelle de la vengeance. Le Rojava subira la même oppression que celle que subit la région d’Afrin, envahie en 2018 par la Turquie et ses supplétifs djihadistes. Cette région connaît depuis une arabisation et une islamisation forcées.

Au travers de cette nouvelle invasion, il s’agit de dissoudre l’ethnie kurde. Nous n’avons rien fait en 2018 et nous ne faisons rien aujourd’hui. Comment le justifier ?

Attentats et massacres seront plus nombreux que jamais

Cette tragédie aura aussi des conséquences en Europe. Sympathisants et cellules dormantes de l’EI sont encore très présents dans les territoires sous le contrôle des FDS. Depuis le début de l’invasion turque, de nombreux attentats ont eu lieu, àRaqqa et en d’autres lieux que nous avions pourtant sécurisés. Plus de 800 djihadistes se sont enfuis des prisons. Des milliers seront bientôt remis en liberté par les supplétifs commandés par Ankara. Ils prendront la direction des prochaines cibles du djihad, au Liban, en Irak et en Europe.

Les victoires de l’EI en 2014, 2015 et 2016 avaient créé un engouement dans le monde musulman et poussé de très nombreux radicaux àrejoindre le califat, ou àréaliser des attentats dans le monde entier et particulièrement en France. Le renversement de situation que nous vivons ne manquera pas de générer un nouvel enthousiasme parmi les islamistes. Attentats et massacres seront plus nombreux que jamais.

Nous savons qu’Erdogan a l’ambition de faire renaître un califat ottoman. Son régime est un danger pour la paix mondiale et la sécurité en Europe, il nous menace aujourd’hui ouvertement. La Turquie d’Erdogan membre de l’Otan est un anachronisme : le maître d’Ankara consulte plus volontiers Moscou que Washington, fait du chantage àl’immigration de masse, viole les droits de l’homme, oppresse les minorités ethniques, enferme opposants et journalistes. La Turquie d’Erdogan n’est plus notre alliée depuis longtemps, mais les Kurdes le sont.

Opposition àl’invasion

En 1938 la France et la Grande-Bretagne ont abandonné la Tchécoslovaquie àHitler afin de sauver la paix. Elles y ont perdu leur honneur, et n’ont pas gagné la paix. Nous savons Erdogan expansionniste, belliqueux, et dans la défiance de l’Europe, allons-nous répéter les erreurs du passé ?

La France est l’un des seuls pays occidentaux àavoir eu le courage de clamer son opposition àl’invasion. Mais cela ne suffit pas. La France est une puissance mondiale, son action est attendue et appelée. Elle doit se conduire en leader pour trouver une solution. Chaque jour compte !

Les Kurdes combattent farouchement mais ne tiendront pas plus de quelques semaines. Après, il sera trop tard. Nous demandons aux dirigeants de notre pays d’agir par tous les moyens pour stopper cette invasion, protéger les civils du massacre et installer une zone d’exclusion aérienne sur le Rojava.

Protégez nos alliés, sauvez l’honneur de l’Occident, préservez le salut de l’Europe !