Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > France : Islamophobie : Pourquoi je ne manifesterai pas le 10 (...)

France : Islamophobie : Pourquoi je ne manifesterai pas le 10 novembre

dimanche 10 novembre 2019, par siawi3

Source : https://www.opinion-internationale.com/2019/11/08/islamophobie-pourquoi-je-ne-manifesterai-pas-le-10-novembre-ledito-de-michel-taube_68129.html

14H56 - vendredi 8 novembre 2019

Islamophobie : pourquoi je ne manifesterai pas le 10 novembre.
L’édito de Michel Taube

Michel Taube

La marche de dimanche 10 novembre constitue un tournant décisif de la crise identitaire que nous vivons en France !

L’islamophobie est donc le mot d’ordre du rassemblement de dimanche ! Eh bien, au nom de mon respect pour les musulmans, dans l’espoir de voir germer un islam de France et un islam de paix dans le monde, pour préserver ce qu’il reste de concorde civile en France, je n’y serai pas !

La haine des musulmans, c’est autre chose que la peur de l’islam que désigne l’islamophobie.

Dans ce contexte politico-médiatique de mélange des genres et des concepts, dans cette époque d’affirmation des identités porteuse de guerres civiles et géopolitiques, s’installe effectivement un racisme anti-musulman en France et dans le monde. Il faut la condamner sans cesse. Nous le condamnons.

C’est pourquoi j’imaginais au départ un rassemblement pour condamner l’attentat de la mosquée de Bayonne commis le 28 octobre par un ancien du Front national ! Je voulais manifester publiquement ma solidarité avec les musulmans de France dont 42 % se sentent victimes de racisme, selon une étude réalisée pour la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

Mais pas ce dimanche, pas sur la base de cet appel et de ses signataires !

Je ne manifesterai pas le 10 novembre parce que l’islamophobie n’est pas le problème.

L’islamophobie ne désigne nullement la haine des musulmans. L’islamophobie, inventée par les islamistes pour interdire toute critique de l’islam, est une arme redoutable pour assimiler à du racisme anti-musulman cet esprit critique, légitime, à l’égard de l’islam. Il est hors de question de tomber dans le panneau !

Or en écrivant « il ne s’agit plus ici de débats d’idées ou de critique des religions mais d’une forme de racisme explicite qui vise des personnes en raison de leur foi » les organisateurs de la marche de dimanche dénient tout esprit critique à la société française et notamment aux marcheurs de dimanche !

Or disons-le clairement : Oui à la critique de l’islam (comme de toutes doctrines religieuses ou philosophiques), non à la haine des musulmans !

Je ne manifesterai pas le 10 novembre parce que le discours victimaire de l’appel est la signature des islamistes !

(Presque) tout dans cet appel prête à confusion, mais le discours victimaire transpire sans cesse.

L’islam est la deuxième religion de France, dont la communauté musulmane est la plus grande d’Europe ! La beurgeoisie se développe ? Ce n’est que justice. La diversité est le sel et le sucre de la communauté des hommes. Elle est une chance aussi pour la France. La fraternité, oui, dans le cadre du triptyque républicain « liberté, égalité, fraternité ».

Or on veut nous faire croire dans ce texte, – récupéré, et pour cause, par les islamistes -, que les musulmans sont victimes de racisme anti-musulman. Que les musulmans seraient aujourd’hui les damnés de la terre.

Les organisateurs de la marche de dimanche sèment, avec la posture victimaire de leur texte, les graines d’une identité radicalisée et islamisée. Et ces graines ont déjà donné des fruits redoutables : développement du port du voile pour les unes, religiosité nouvelle pour les uns, radicalisation voire terrorisme pour les autres. Le statut de victime jour un rôle clé dans le basculement violent de l’immense majorité des radicalisés et, parmi eux, des terroristes. La victimisation appelle un désir de vengeance et donne la force de passer à l’acte, soit en portant un voile pour se protéger, soit en allant plus loin…

Les salafistes et les fréristes, dont l’idéologie nourrit les djihadistes, qui pratiquent la Taqîya (stratégie d’infiltration par le mensonge, la dissimulation et la tenue d’un discours adapté à chaque interlocuteur), utilisent la culpabilisation comme outil de scission avec la République. Le président de la Répubique l’a martelé à plusieurs reprises depuis avril 2019 voire avant.

Aujourd’hui, les islamistes veulent islamiser les musulmans laïcs de l’Occident sécularisé. En France, ils font croire à tous les musulmans qu’ils sont victimes de racisme (42 % le pensent donc déjà) et que le mieux est de se réfugier dans la religion, le repli religieux.

Je ne manifesterai pas le 10 novembre parce que, dimanche, il y aura trop de femmes voilées !

Je veux rappeler aux jeunes femmes voilées qui défileront dimanche que les femmes n’étaient pas voilées en terre d’islam avant que les Frères musulmans n’infiltrent la société civile dans les années 1970.

Aujourd’hui, en Iran et en Irak, les femmes sont de plus en plus nombreuses à vouloir arracher ce voile, devenu symbole de leur oppression. Ici, en France, les islamistes et leurs complices gauchistes et communautaristes veulent leur faire croire que le voile incarne la liberté et le féminisme. Taqîya, avons-nous dit ?!

Il y a quelques jours, Mohammed Moussaoui, ancien président du Conseil Français du Culte Musulman, a rappelé aux dirigeants actuels du CFCM que le port du voile n’est pas une « prescription religieuse ». La nuance est de taille : elle constitue la ligne de crête entre le modernisme ou le rigorisme radicalisateur de l’islam.

Je le maintiens donc : si les organisateurs de la marche de dimanche réclament le droit pour des femmes de porter le foulard, si elles en ont le droit (sauf dans l’exercice de fonctions de service public), si porter le voile peut être une liberté, il n’empêche qu’elle relève trop souvent de la servitude volontaire, comme l’écrivit Etienne de La Boétie au 16èmesiècle. Elle est alors surtout le symptôme d’un grand recul !

Je crains que dimanche, il y ait trop de femmes voilées qui manifestent en prétendant représenter toutes les femmes musulmanes. Et j’espère vraiment avoir tort ! Je ne veux pas d’une France de femmes voilées, ni en Seine-Saint-Denis ni ailleurs en France ! Comme je ne voudrais pas d’une France où la religion, quelle qu’elle soit, grignote nos libertés et prétende régir nos vies. Je ne veux pas d’une nouvelle Inquisition. Elle est déjà dans certains territoires perdus de la République. Il nous faut la combattre.

Dimanche, combien de femmes, parmi celles qui portent un voile intégral, penseront que la femme doit être soumise à l’homme ? C’est pour cela aussi que bon nombre de féministes se désolidarisent de cette marche.

Si c’est cela être islamophobe, alors je suis islamophobe !

Je pleure tous les jours en mon for intérieur de savoir que cette jeune femme française portant depuis peu un voile gris ou noir de la tête au pied, sa mère, elle, n’était ou n’est pas voilée comme elle. Ni sa grand-mère. Mais c’est la première qui est Française ! Et c’est pour cela que l’islamophobie grandit !

Je pleure tous les jours en mon for intérieur de savoir que ces femmes voilées qui accompagnent nos enfants en sortie scolaire encourageront de jeunes Français à apprendre l’arabe : se faisant, ils se verront imposer (un enfant n’a pas le choix) un cours coranique comme vecteur de l’apprentissage de cette belle langue. Inutile de chercher loin : la grande mosquée de Paris le fait toutes les semaines ! Les dégâts éducatifs sont terribles. Car le mélange langue – religion, est contraire à toute sécularisation, à tout esprit critique. Il a bau jeu de nourrir l’islamophobie !

Je ne manifesterai pas le 10 novembre parce que les organisateurs et leurs soutiens ne condamnent pas l’islam radical.

Mesdames, Messieurs les auteurs de l’appel à rassemblement, vous ne pouvez pas écrire :

« STOP aux délations abusives jusqu’au plus haut niveau de l’Etat contre des musulmans dont le seul tort serait l’appartenance réelle ou supposée à une religion […] »

La détection des signes de radicalisation (saluer les tueurs de Charlie Hebdo, refuser de serrer la main d’une femme…), bref la société de vigilance qu’appelait de ses vœux Emmanuel Macron lors de l’hommage aux victimes de Michaël Harpon ne consiste pas à traquer « l’appartenance réelle ou supposée à une religion » mais bien à détecter la radicalisation de personnes qui s’éloignent des valeurs de la société, au risque de nous menacer, au nom de l’islam.

Certes, les musulmans de France n’ont pas à s’excuser toutes les cinq minutes des attentats terroristes commis en leur nom. Mais il n’en va pas de même des leaders de la communauté musulmane.

Je le dis clairement : tant qu’il y aura des femmes et des hommes qui se feront exploser et tueront des innocents au nom de l’islam, il y aura de l’islamophobie. Tant que les élites et les corps constitués de l’islam n’excommunieront pas les terroristes et leurs inspirateurs islamistes de tous poils, l’islamophobie prospèrera. Tant que l’islam n’aura pas fait sa révolution moderniste et sécularisatrice, l’islam politique aura le vent en poupe et l’islamophobie grandira. Car l’islamophobie est la réponse au communautarisme islamiste qui s’installe partout.

Ne prenons qu’un exemple… L’islam politique (pas tout l’islam !) est une doctrine raciste en ce qu’il divise l’humanité en deux moitiés : la Oumma, communauté des musulmans, et les autres, qui sous leur domination, n’ont au mieux que trois choix, se convertir, mourir ou être réduits au statut de Dhimmi, un régime juridique raciste. Les leaders islamistes qui marcheront dimanche condamnent-ils le régime de la dhimmitude ?

Des assassinats de Toulouse et de Montauban en 2012 à l’égorgement de quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019, le silence des islamistes a été assourdissant. Même après le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo par des djihadistes, en 2015, même après le carnage du 13 novembre 2015 à Paris, notamment au Bataclan, on ne les a pas vus, pas entendus.

Bien au contraire, ils n’avaient qu’un mot à la bouche, parfois enrobé de quelques condamnations un peu forcées des actes terroristes : « pas d’amalgame ! » Après la publication des caricatures par Charlie Hebdo en 2006, caricatures que des journaux arabes avaient publiées dans l’indifférence totale, l’Union des Organisations islamiques de France (UOIF), devenue « L.ES. Musulmans », qui est un des initiateurs de la manifestation du 10 novembre, toute comme la Grande Mosquée de Paris, avaient engagé des poursuites pénales contre l’hebdomadaire satirique pour « injures publiques à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur religion », en d’autres termes, pour blasphème. Ils ont été déboutés. La rédaction de Charlie en a payé le prix dix ans après.

Les leaders islamistes qui se sont joints à l’appel à rassemblement de dimanche étaient-ils tous là les 10-11 janvier 2015 place de la République pour dire « Je suis Charlie » ?

Car, vous savez, le 10 novembre 2019, il sera plus nécessaire que jamais de crier haut et fort, encore et encore : « je suis Charlie ». C’est une dette éternelle que nous avons à l’égard des valeurs de la République comme d’autres portent le fardeau du « Plus jamais ça ! ».

Je ne manifesterai pas le 10 novembre parce que l’extrême-gauche trahit la République et les musulmans qui la chérissent.

Dimanche, c’est l’extrême gauche qui organise le rassemblement, en collaboration avec les leaders de l’islam politique !

Le philosophe Henri Peña-Ruiz, pourtant militant du Parti de Gauche, a expliqué le 6 novembre sur le plateau de CNEWS, qu’il ne défilera pas le 10 novembre pour les raisons qui rejoignent celles exposées ici. D’autres personnalités de gauche regrettent aussi d’avoir signé l’appel ou renoncent à manifester. Elles déplorent à juste titre qu’une partie de la gauche se soit perdue dans cette forme d’islamo-gauchisme, par proximité idéologique (les marxistes croient béatement que l’islam est l’ennemi du capitalisme) ou par opportunisme : les prolétaires votent aujourd’hui majoritairement pour l’extrême droite, tout comme le feront probablement la majorité des électeurs de Mélenchon au second tour de la prochaine élection présidentielle.

Honte aussi au syndicat étudiant UNEF (co initiateur de la manifestation), véritable perversion de ce qui fut naguère un pilier de la gauche socialiste et laïque au sein des universités. Même Jean-Luc Mélenchon, qui ne cesse de se laisser glisser avec délectation vers les tréfonds du communautarisme, avait regretté qu’une de ses représentantes se présente voilée (avec un voile enrobant le visage et qui n’a rien de traditionnel, même en terre d’islam) devant les caméras de télévision. Des représentants musulmans de ce syndicat avaient également émis des tweets plus que tendancieux après l’incendie de Notre Dame de Paris.

Jean-Luc Mélenchon, Edwy Plenel, Benoît Hamon, Olivier Besancenot, Philippe Martinez, Évelyne Sire-Marin (magistrate et ex-présidente du syndicat de la magistrature !) et tous les signataires de l’appel à manifester dimanche, sont au mieux les idiots utiles de l’islam politique. Au pire, ils en sont les complices. Ils ont lu ce qu’ils ont signé : un réquisitoire communautariste contre la France.

Je ne manifesterai pas le 10 novembre parce que la France de la devise « liberté, égalité, fraternité » est menacée par la triade islamisme – gauchisme – extrême-droite.

Nous vivons un moment crucial : notre modèle social et politique, la République laïque en somme, peut s’effondrer. C’est déjà arrivé une fois… Ce serait d’autant plus absurde que l’islam politique et son allié d’extrême gauche ne sont qu’une petite minorité de l’ensemble de la population française.

Mais cet islamo-gauchisme est aussi, de fait, allié de l’extrême droite qui, elle, progresse dangereusement, et dont la façade républicaine ne doit pas faire oublier qu’au nom de la nation française, elle n’hésiterait pas à piétiner ses valeurs, comme le fit naguère Pétain, à l’inverse du Général de Gaulle, qui ne concevait de France qu’une France démocratique et libre.

Derrière Le Pen, se cache Maréchal et ses identitaires, adeptes d’une France blanche et chrétienne. Certes, notre système capitaliste doit se réformer pour être plus équitable et écologique, sans quoi il sombrera. La question sociale taraude une société française de classes. Mais le précipiter dans l’abime en alimentant la fracture identitaire voulue par l’islam politique est une faute impardonnable. Honte encore à ces Mélenchon qui, sous prétexte de lutte contre l’islamophobie, font le jeu des Le Pen.

Je ne manifesterai pas le 10 novembre parce que les auteurs de l’appel commettent enfin un crime de lèse République…

Ils accusent les lois de la laïcité d’être liberticides et, pire, de faire partie des « actes qui visent » les musulmans ! C’est un appel aux musulmans à faire dissidence avec la laïcité, socle de notre république, et à rompre avec certaines de nos lois (au nom de la charia ?)… comme le craignait le chef de l’Etat. Les parlementaires qui ont signé cela se démasquent !

Ne nous étonnons donc pas que dimanche défileront trop de personnes convaincues que la charia est supérieure à la loi de la République, que les femmes doivent obéir à leur mari, que l’équipe de Charlie a eu ce qu’elle mérite, et, pire, qu’elles ont le droit de le penser, de le transmettre à leurs enfants, leurs amis, leurs voisins de quartier et dans la société !

Au final, si je ne défilerai pas dimanche, je propose que nous revenions aux fondamentaux de notre République : au nom de la lutte contre tous les racismes, organisions un rassemblement pour condamner l’attentat de la mosquée de Bayonne du 28 octobre ! Que celles et ceux qui veulent l’organiser s’unissent !

Et pour le reste, oui, nous resterons vigilants !

Michel Taube