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Djihadistes expulsés de Turquie - la France concernée

mardi 12 novembre 2019, par siawi3

Source : https://www.lexpress.fr/actualite/politique/quatre-questions-sur-les-djihadistes-francais-expulses-par-la-turquie_2106750.html

Quatre questions sur les onze djihadistes français expulsés par la Turquie

Par LEXPRESS.fr ,

publié le 12/11/2019 à 09:50 , mis à jour à 10:10

Photo : Deux Françaises détenues après avoir fui le dernier réduit du groupe État islamique (EI) dans l’est de la Syrie, photographiées le 17 février 2019 dans le camp de déplacés d’Al-Hol (nord-est de la Syrie)
afp.com/BULENT KILIC

Onze djihadistes présumés, ressortissants français, seront prochainement renvoyés d’Ankara vers la France.

La Turquie a commencé lundi à expulser des membres étrangers du groupe État Islamique (EI) qu’elle détient. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan a déjà éjecté trois d’entre eux, et a annoncé la prochaine évacuation de 22 autres, dont onze français.

Ces derniers seront accueillis puis arrêtés en France selon un accord négocié sur le sujet en 2014 par le ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve.

Qui sont ces djihadistes ?

En tout, la Turquie renverra 25 djihadistes présumés de l’État islamique dans leurs pays d’origine. Un Américain « a été déporté de Turquie après que toutes les démarches ont été complétées », a déclaré lundi le porte-parole du ministère Ismail Catakli, sans préciser vers quelle destination. Deux autres djihadistes, l’un Allemand et le second de nationalité danoise, ont été expulsés un peu plus tard dans la journée.

Sept autres « terroristes étrangers d’origine allemande seront expulsés jeudi », a ajouté le porte-parole. Des démarches sont en cours en vue du prochain renvoi de quinze autres djihadistes, dont onze Français, deux Allemands, et deux Irlandais, selon cette même source.

Selon les informations de Franceinfo, parmi ces onze ressortissants français se trouveraient quatre femmes, accompagnées de leurs sept enfants, qui étaient détenus dans le camp kurde d’Aïn Issa. Le Parisien évoque notamment les identités d’Amandine le Coz, Sarah Ali Mehenni et Nawel Hassani.

Pourquoi sont-ils renvoyés vers leur pays d’origine ?

Ces renvois surviennent à la suite de l’offensive menée par la Turquie dans le nord-est de la Syrie depuis plusieurs semaines, vivement critiquée par l’Occident. Ces frappes visent en effet les forces kurdes, alliées de la Coalition internationale dans la lutte contre les djihadistes de l’État Islamique.

LIRE AUSSI >> Camps, nombre, évasions... Ce qu’il faut savoir sur les djihadistes français en Syrie

Le début de cette expulsion avait été annoncée dès vendredi dernier par le ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu. « Nous commencerons à partir de lundi », avait-il déclaré lors d’un discours à Ankara. « Pas besoin de courir dans tous les sens : nous allons vous renvoyer les membres de l’EI. Ils sont à vous, faites-en ce que vous voudrez ». Le ministre de l’Intérieur n’avait alors pas encore précisé quels étaient les pays concernés par cette mesure, mais s’était adressé à « l’Europe » pendant son discours.

Comment les djihadistes français seront-ils pris en charge ?

Le retour des djihadistes français se fera en respectant l’accord sur le sujet négocié entre Ankara et la France le 26 septembre 2014 par le ministre de l’Intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve. Cet accord « normalise les conditions de retour des combattants étrangers [en France], de manière à pouvoir le judiciariser dès lors qu’ils ont quitté le théâtre des opérations terroristes », indiquait Bernard Cazeneuve en juin 2016.

Ce protocole avait été signé après un tollé provoqué par l’arrestation de trois djihadistes français, dont le beau-frère de Mohammed Merah, qui avaient été expulsés par avion par Ankara. La Turquie n’avait alors pas alerté les autorités françaises. Depuis, des policiers français sont envoyés en Turquie pour rapatrier les combattants présumés de l’EI.

Selon le rapport de la commission d’enquête du Sénat sur l’organisation des services de l’État sur la menace terroriste après la chute de l’EI, « 193 personnes ont fait l’objet d’un rapatriement organisé sur le territoire français ». Cet accord fonctionne « pour l’instant sans accroc », confirme une source du ministère à l’AFP, rappelant que des djihadistes et leurs familles sont régulièrement renvoyés en France depuis la Turquie et arrêtés à leur descente d’avion. « La plupart du temps secrètement, l’information ne sort pas ou beaucoup plus tard ». Selon une source aéroportuaire à l’AFP, les modalités et le lieu d’arrivé de ces djihadistes « sont encore en discussion ».

Quel sort leur est-il réservé ?

À leur arrivée, ces onze personnes seront ainsi traitées « dans le cadre du protocole Cazeneuve et donc judiciarisées », selon la même source. Concrètement, ils « seront placés en garde à vue, mis en examen, déférés devant un juge et placés en détention provisoire », indique Maître Marie Dosé, avocate de femmes et enfants français détenus en Syrie, à TV5Monde.

Tout comme les djihadistes français détenus en Syrie et en Irak, ils sont « sous le coup d’une information judiciaire antiterroriste et d’un mandat d’arrêt international, donc les juges d’instruction les attendent », souligne-t-elle. « La justice antiterroriste est prête ». Les adultes seront donc placées en garde à vue dans les locaux de la DGSI, et les enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, le temps qu’un juge pour enfant se prononce, indique Le Parisien.

Sur ce point, le directeur de recherche au Centre Français de Recherche et de Renseignement Alain Rodier se dit toutefois plus modéré. Sur TV5Monde, il assure ne pas voir « un juge d’instruction à l’heure actuelle mettre quelqu’un en examen sans avoir les preuves » de sa culpabilité, puisqu’il faut bien « prouver qu’il y a eu un acte délictueux ». Mais ces actes, « s’ils ont eu lieu, ont eu lieu à l’étranger », conclut-il.

Lire notre dossier complet

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La question du traitement des combattants étrangers de l’EI sera par ailleur au coeur d’une réunion des ministres de la coalition anti-Daech à Washington, jeudi prochain.

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Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/11/la-turquie-commence-a-renvoyer-les-premiers-djihadistes-etrangers-captures-en-syrie_6018749_3210.html

La Turquie commence à renvoyer les premiers djihadistes étrangers capturés en Syrie

Le président, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé vendredi que la Turquie avait capturé 287 personnes qui s’étaient échappées de prisons pour membres de l’EI en Syrie après le déclenchement de l’offensive d’Ankara.

Par Marie Jégo

Publié hier à 11h19, mis à jour à 10h47

Photo : Le président Erdogan en conférence de presse, le 7 novembre à Budapest. ATTILA KISBENEDEK / AFP

La Turquie avait promis, la semaine dernière, d’expulser prochainement les djihadistes occidentaux de l’organisation Etat islamique (EI) détenus dans les prisons turques. Lundi 11 novembre, Ankara a mis ses menaces à exécution. « La Turquie n’est pas un hôtel pour les combattants de l’EI », s’est justifié ces derniers jours le ministre de l’intérieur, Süleyman Soylu. « Inutile de courir dans tous les sens, nous allons vous les renvoyer. Ils sont à vous, faites-en ce que vous voudrez », a-t-il ajouté. Plein de ressentiment envers ses alliés occidentaux, critiqués pour leur manque d’empressement à récupérer leurs ressortissants, le gouvernement turc met la pression.

Pour l’heure, trois djihadistes ont été expulsés vers leurs pays d’origine : un Allemand, un Danois et un Américain. Autant le renvoi des deux premiers prisonniers s’est déroulé sans encombres, autant le troisième s’est avéré problématique. L’homme, présenté par les autorités turques comme « un terroriste américain », a été refoulé vers la Grèce par le point de passage de Pazarkule, en Thrace orientale. Comme Athènes lui a refusé l’entrée et que la Turquie n’a pas voulu le reprendre, le djihadiste s’est retrouvé piégé dans la zone tampon entre les deux pays, à en juger par des images diffusées lundi par l’agence de presse turque DHA.

Lire : L’offensive turque relance la question des djihadistes étrangers détenus en Syrie

Sept autres « terroristes étrangers d’origine allemande seront expulsés jeudi », a assuré Ismail Catakli, le porte-parole du ministère turc de l’intérieur. Quinze autres renvois devraient suivre cette semaine, onze Français, deux Allemands, et deux Irlandais. Selon une source anonyme citée par l’Agence France-presse, les onze Français « sont majoritairement des femmes ». Certaines sont en prison en Turquie depuis longtemps, d’autres sont arrivées plus récemment. « Ces onze personnes seront traitées dans le cadre du protocole Cazeneuve et donc judiciarisées », a précisé la source.

« Autoroute du djihad »

Ce protocole, qui porte le nom de l’ancien ministre français de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, est un accord de coopération policière qui permet de coordonner entre Paris et Ankara l’arrestation de djihadistes français rentrés de Syrie par la Turquie et de les renvoyer avec leurs familles en France où une prise en charge judiciaire immédiate est prévue. Signé en 2014, l’accord est jugé efficace. Plus de 260 Français ont ainsi été remis à la justice française depuis sa signature.

L’accord s’appliquait aux ressortissants français qui, en raison de leur situation irrégulière en Turquie, sont détenus dans des « centres de détention administrative ». Désormais, il semble qu’il sera étendu aux Français arrêtés par la Turquie en territoire syrien au cours des interventions militaires d’Ankara dans le nord du pays depuis 2016. On ne se sait pas précisément combien ils sont. Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré récemment que 287 militants de l’EI avaient été récupérés par les militaires turcs et leurs supplétifs syriens après s’être échappé des prisons établies dans la zone sous contrôle kurde du nord-est de la Syrie, suite au déclenchement de l’offensive turque contre ce territoire, début octobre. Il n’a pas précisé quelles étaient leurs nationalités. Il a également évoqué la présence de 1 200 djihadistes actuellement détenus dans les prisons turques, sans préciser de quels pays ils sont les ressortissants.

Après avoir renvoyé sans histoire pendant des années des centaines de djihadistes étrangers dans leurs pays d’origine, le gouvernement islamo-conservateur en place à Anakara se montre soudain très vindicatif sur ce dossier. Il s’agirait de punir les Occidentaux pour leurs critiques de l’intervention militaire turque contre leurs alliés kurdes du nord-est de la Syrie. Celle-ci a été unanimement condamnée, tant par l’Union européenne que la Ligue arabe, la Chine, l’Iran et de nombreux autres pays.

Ces critiques ont le don d’énerver Ankara au plus haut point, surtout lorsqu’il est dit que l’intervention turque affaiblit la lutte contre l’EI. Longtemps accusée d’avoir ouvert « une autoroute du djihad » en laissant transiter par son territoire des milliers de djihadistes brûlant de se rendre en Syrie, la Turquie a toujours minimisé ces accusations. Son implication dans le combat contre l’EI a été tardive, en 2015 seulement, date à laquelle elle a rejoint la coalition anti-djihadiste, après avoir érigé un mur le long de sa frontière jusqu’ici poreuse.