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Algérie : des manifestants conspuent par milliers le président fraîchement élu

samedi 21 décembre 2019, par siawi3

Source : https://actu.orange.fr/monde/algerie-des-manifestants-conspuent-par-milliers-le-president-fraichement-elu-CNT000001m9eDx.html


Algérie : des manifestants conspuent par milliers le président fraîchement élu

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AFP, publié le mardi 17 décembre 2019 à 17h05

Etudiants, enseignants et citoyens ont défilé mardi par milliers à Alger contre le président algérien fraîchement élu Abdelmadjid Tebboune, rejetant son offre de dialogue à la contestation, lors de la première manifestation hebdomadaire des étudiants depuis le scrutin présidentiel.

Ancien Premier ministre du président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission en avril par le mouvement (« Hirak ») populaire inédit de contestation du régime qui agite l’Algérie depuis près de dix mois, M. Tebboune, 74 ans, a été élu le 12 décembre dès le premier tour avec 58,13% des suffrages, selon les résultats définitifs proclamés lundi par le Conseil constitutionnel.

Aux cris de « les élections sont truquées, il n’y a pas de légitimité, la marche va se poursuivre », les manifestants ont défilé sur deux kilomètres sans incident dans les rues du centre de la capitale, au milieu d’un important déploiement de forces de l’ordre, a constaté un journaliste de l’AFP.

Vendredi, après la publication par l’Autorité électorale des résultats préliminaires consacrant sa victoire, M. Tebboune a, lors de son premier discours, « tendu la main au Hirak », l’invitant au « dialogue afin de bâtir une Algérie nouvelle ».

« Tebboune ne nous gouvernera pas » ou « Tebboune, nous allons t’écarter d’El Mouradia », le Palais présidentiel, lui ont répondu mardi les manifestants.

Le président tout juste élu a notamment promis d’« amender la Constitution » et de soumettre le nouveau texte à référendum.

« La révision de la Constitution doit avoir lieu avec un président légitime », pouvait-on lire mardi sur l’une des nombreuses pancartes portant des slogans hostiles au président élu et à son offre de dialogue.

Le « Hirak » avait catégoriquement rejeté la tenue de la présidentielle, estimant que le scrutin ne servait qu’à régénérer le régime, accusé de fraudes massives ces 20 dernières années et dont il exige le démantèlement. Il demande que les réformes soient confiées à des « institutions de transition » et non au « système », au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962.

Moins de 40% des électeurs (39,88%) se sont rendus aux urnes, la participation la plus faible de toutes les élections présidentielles pluralistes en Algérie, et le « Hirak » —comme plusieurs analystes— assure en outre que le chiffre est gonflé.

« Nous ne reconnaissons pas ce président. Pour nous, il est illégitime. Son appel au dialogue n’est pas sincère car il n’est pas accompagné de mesures d’apaisement comme la libération des +détenus politiques+ », a déclaré à l’AFP Sid Ali, 25 ans, en référence aux près de 150 manifestants, militants ou journalistes arrêtés dans le cadre du « Hirak ».

Pour cet étudiant en génie mécanique, le dialogue « doit porter sur une éventuelle transition démocratique et non sur un recyclage de l’ancien régime ».

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Source : https://npa2009.org/actualite/international/algerie-le-peuple-ne-reconnait-pas-lelection-organisee-par-le-systeme-lheure

Après la présidentielle en Algérie : le peuple ne reconnaît pas l’élection organisée par le système, l’heure est à l’auto-organisation

vendredi 13 décembre 2019,

par Kamel AÏSSAT

Le 12 décembre, le pouvoir en place, le pouvoir de fait, incarné par l’état-major, a donc organisé une élection. Il a mobilisé toutes les forces dont il dispose en termes de forces de sécurité et de réseaux d’allégeance pour imposer un passage en force. Mais dans toute l’Algérie, le peuple est sorti dans la rue pour dire non aux élections qui sont menées par l’ancien régime.

Jeudi 12 décembre, le peuple a démontré qu’il a résisté à toutes les campagnes d’intimidation, à la propagande officielle dans toutes les chaînes de télévision, dans tous les journaux qui, pendant quinze jours, ont mené campagne contre une soi-disant intervention étrangère de l’Union européenne, en utilisant l’épouvantail du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, en utilisant d’autres épouvantails pour faire peur au peuple et l’inciter à aller voter.

Le peuple a voté dans la rue

Nous étions des milliers à Constantine, l’une des plus grandes marches jamais vues dans cette région. Ils étaient des centaines de milliers à Alger, durant la journée et jusqu’à tard dans la nuit. Et partout en Algérie. En Kabylie, notamment à Bejaïa qui a vécu une grève générale, le vote n’a pas eu lieu. Aucun centre de vote n’a été ouvert, à part celui qui est à proximité d’une caserne où ils ont été obligés de casser un mur de la caserne pour permettre aux soldats d’aller voter discrètement, devant les émeutes présentes devant le centre de vote, car la population voulait protéger son vote.

Hier, l’élection était donc un passage en force, mais c’était prévisible. Aujourd’hui, le combat continue, en posant plus que jamais la nécessité de notre organisation. Car hier nous avons observé que dans toutes les régions, toutes les communes, tous les lieux où il y a eu des collectifs auto-organisé, des comités populaires, il n’y a eu aucun vote, aucun dépassement. Au contraire, il y a eu zéro votant, sans aucune violence.

L’organisation est donc plus que jamais à l’ordre du jour

En même temps que nous revendiquons le « système dégage », nous devons construire l’alternative à ce système. Il est inimaginable pour tout le monde de faire chuter un système sans avoir préparé le système alternatif, c’est-à-dire un pouvoir populaire basé sur l’auto-organisation, que ce soit des comités d’usine, des syndicats combatifs et surtout des comités populaires dans toutes les régions d’Algérie. C’est sa construction, la dynamique de construction de l’auto-organisation qui remplacera le système en place.

Ils vont désigner un candidat parmi eux, parmi les cinq candidats, qui sont tous issus du même régime, qui étaient premier ministre, ministres, chefs de cabinet ou autre chose. A première vue ce sera Madjid Teboune, dont le nom est intimement lié à l’affaire des 70 tonnes de cocaïne.

Donc ce 43e vendredi, le peuple sera mobilisé pour crier « Teboune cocaïne » et « pacifique, pacifique révolution continue ». C’est ce qui va ressortir aujourd’hui. Ce ravalement de façade qu’ils veulent faire en remplaçant Bensalah n’a aucune chance d’aboutir. Mais pour qu’il puisse ne pas aboutir, il va falloir affirmer notre alternative, qui est un processus constituant, une assemblée constituante souveraine basée sur le contrôle populaire, sur l’auto-organisation, sur les besoins sociaux de la majorité du peuple. C’est cette alternative politique que nous devons mettre devant face à ce qu’ils vont nous proposer, qui ne sera qu’une autre façade de continuité du système libéral.

Voilà ce que nous allons faire : continuer le combat, nous organiser mieux pour affronter le système et aller jusqu’au bout du changement radical qui est voulu par la majorité du peuple, la majorité de la jeunesse qui est le fer de lance de ce mouvement.

Kamel Aïssat, membre du Parti socialiste des travailleurs (Algérie)

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Source : http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article51515

Algérie : Non au coup de force électoral ! Notre mobilisation populaire continue !

samedi 14 décembre 2019,

par PST (Algérie)

Pire que toutes les mascarades antérieures, la cooptation de Tebboune comme président de la république, en dépit du rejet massif et éclatant de la mascarade électorale, constitue un viol qualifié de la souveraineté du peuple algérien. Ainsi, le pouvoir de fait a été jusqu’au bout dans sa logique de normalisation par le coup de force. A l’évidence, les neuf millions d’électeurs et électrices qui auraient participé au vote, et que toutes les chaines de télévision, pourtant mises au garde à vous, n’ont pas montrés, sont une pure invention. Cependant, le peuple presque entier qui occupait la rue et qui scandait son rejet de la mascarade n’était pas audible pour le pouvoir de fait.

Avec une commission électorale, une administration, des lois et des candidats tous issus du régime néolibéral, anti démocratique et corrompu de Bouteflika d’une part, et dans un climat d’accentuation de la répression, des intimidations et des arrestations, comme à Oran d’autre part, ce simulacre d’élection présidentielle ne peut produire qu’un 5éme mandat bis et la continuité du régime honni dont la recomposition est déjà en cours.

Pour rassurer l’oligarchie, et surtout les grandes puissances étrangères, le nouveau « président » a consacré les premières phrases de son premier discours, non pas aux millions de travailleurs, de jeunes et de femmes, dont la formidable mobilisation boucle bientôt ses dix mois de Hirak, mais plutôt aux « hommes d’affaires » à qui il a promis aide et facilitations. Par ailleurs, il n’a pas évoqué l’annulation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et les dispositions décriées de la loi de finances 2020, ni le retrait du projet de la nouvelle loi sur la retraite. Ainsi, la rupture que le nouveau « président » veut incarner, notamment sa révision de la constitution, ne sera à son tour qu’un simulacre assurant dans le fond le maintien du même régime libéral au service des mêmes riches et patrons.

Le PST, qui avait déjà appelé au rejet de cette mascarade électorale, ne reconnait ni sa légalité, ni sa régularité, ni la légitimité de ses résultats.

Le PST appelle à rejeter ce coup de force et à amplifier la mobilisation populaire qui nécessite plus que jamais une auto organisation démocratique à tous les niveaux. Il s’agit en priorité d’imposer la cessation de la répression, la libération de tous les détenus politiques et d’opinion et la levée de toutes les entraves à l’exercice effectif des libertés démocratiques.

Il s’agit aussi de réaliser la rupture avec ce régime libéral, autoritaire et compradore en imposant une transition démocratique permettant la mise en place d’une assemblée constituante souveraine et représentative des aspirations démocratiques et sociales de la majorité du peuple algérien.

Le PST salue les grandes manifestations populaires qui se sont déroulées du 08 au 13 décembre 2019 ainsi que les multiples grèves qui ont eu lieu dans plusieurs wilayas. Le combat pour la souveraineté populaire, les libertés démocratiques et la justice sociale continue !

Direction Nationale du Parti socialiste des Travailleurs (PST)

Alger, le 14 décembre 2019