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Inde : tensions accrues après l’adoption d’une loi jugée discriminante envers les musulmans

jeudi 26 décembre 2019, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/international/inde-on-vous-explique-pourquoi-la-loi-sur-la-citoyennete-attise-colere-et-tensions-20191222

Inde : on vous explique pourquoi la loi sur la citoyenneté attise colère et tensions

EN IMAGES - Le premier ministre indien Narendra Modi a tenté dimanche 22 décembre de rassurer les musulmans indiens face à l’inquiétude provoquée par sa nouvelle loi sur la citoyenneté, qui a entraîné des manifestations ayant fait au moins 25 morts.

Par Le Figaro avec AFP et Reuters

Publié le 22 décembre 2019 à 15:49, mis à jour hier à 07:12

Inde : tensions accrues après l’adoption d’une loi jugée discriminante envers les musulmans

Le 11 décembre, l’Inde a adopté une loi facilitant l’obtention de la nationalité indienne par des réfugiés sauf s’ils sont musulmans. Un texte qui a suscité de nombreuses protestations dans le pays, parfois violente.
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Depuis dix jours, la nouvelle loi sur la citoyenneté en Inde provoque de nombreux troubles, poussant plusieurs milliers de personnes à manifester, bravant les interdictions de rassemblement. Au moins 25 personnes sont mortes au cours des derniers jours, notamment dans l’Uttar Pradesh (nord), l’État le plus peuplé de l’Inde (200 millions d’habitants dont 20% de musulmans).

Les mouvements contestataires ont été en majorité pacifiques, mais certains ont dégénéré, les manifestants lançant des pierres et brûlant des voitures. L’opposition a dénoncé « une répression brutale » des forces de l’ordre.

Photo : Des policiers interviennent lors d’une manifestation contre la loi sur la citoyenneté à Chennai, en Inde, le samedi 21 décembre. REUTERS/P. Ravikumar

La cause de ce mouvement populaire : une loi adoptée le 11 décembre par le parlement, facilitant l’obtention de la citoyenneté indienne par les réfugiés d’Afghanistan, du Bangladesh et du Pakistan, arrivés avant 2015, à l’exception des musulmans. Pour de nombreux Indiens, la nouvelle législation est une forme de discrimination envers les musulmans - qui représentent 14% des quelque 1,3 milliard d’habitants - et viole le caractère laïc de la constitution. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a quant à lui qualifié le texte de « fondamentalement discriminatoire ».

Ce samedi, trois manifestants ont été blessés par balles dans l’État de Bihar, et une personne est morte dans des heurts avec les forces de l’ordre dans l’État d’Uttar Pradeh, dans le nord. C’est déjà dans cet État que 15 personnes, dont un enfant de 8 ans, sont mortes ce vendredi 20 décembre. Plus de 1500 personnes ont par ailleurs été arrêtées depuis le 11 décembre, Narendra Modi se trouvant confronté à la plus vive contestation de son autorité depuis son accession au pouvoir en 2014.

À lire aussi  : Colère en Inde contre la réforme de la citoyenneté

Photo : Une manifestation contre la loi sur la citoyenneté à Allahabad, le vendredi 20 décembre. SANJAY KANOJIA / AFP

Le gouvernement indien assure que les citoyens n’ont rien à craindre. « Les musulmans qui sont les fils du sol indien et dont les ancêtres sont les enfants de notre mère patrie n’ont pas à s’inquiéter », a lancé le premier ministre Narendra Modi lors d’un meeting à New Delhi, alors que les manifestations se poursuivaient dans plusieurs villes dimanche.

Le pouvoir estime que la nouvelle loi - la Citizenship Amendment Act (CAA) - est indispensable pour que les minorités non-musulmanes ayant fui l’Afghanistan, le Bangladesh ou le Pakistan pour trouver refuge en Inde avant 2015 puissent obtenir la citoyenneté indienne.

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Mais l’adoption de la loi cristallise les peurs et les tensions, un peu plus de quatre mois après la révocation par le gouvernement de l’article 370 de la Constitution qui octroyait depuis l’indépendance, en 1947, un statut spécial au Jammu-et-Cachemire, le seul État majoritairement musulman du pays.

Fin août, près de deux millions de personnes ont par ailleurs été privées de leur citoyenneté dans l’État d’Assam (nord-est) après une vaste opération de recensement dans cet État frontalier avec le Bangladesh. En outre, en novembre, un tribunal a autorisé la construction d’un temple hindou sur le site d’une mosquée rasée par des fanatiques hindous.