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France : Attentat terroriste de Villejuif : « Finissons-en avec le délit de naïveté ! »

lundi 6 janvier 2020, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/attentat-terroriste-de-villejuif-finissons-en-avec-le-delit-de-naivete-20200105

Attentat terroriste de Villejuif : « Finissons-en avec le délit de naïveté ! »

FIGAROVOX/TRIBUNE - La sénatrice Nathalie Goulet, qui a présidé une commission d’enquête sur la lutte contre la radicalisation, dénonce d’importantes failles dans le dispositif de sécurité nationale. Elle invite l’État à investir davantage de moyens et à faire appliquer la loi, sans aucune tolérance.

Par Nathalie Goulet

Publié hier à 19:28, mis à jour il y a 5 heures

À Villejuif, un homme a commis vendredi 3 janvier un attentat terroriste en attaquant des passants avec un couteau. CHARLES PLATIAU/REUTERS
Nathalie Goulet est sénatrice de l’Orne. Elle a présidé au sénat une commission d’enquête sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe.

L’année commence par un cruel attentat à Villejuif, à quelques heures de la commémoration des attentats de Charlie Hebdo et de l’hypercasher. Qu’avons nous appris de la lutte contre le terrorisme islamique et la radicalisation ?

Ces deux derniers jours ont été symptomatiques.

Le parquet de Créteil, saisi du dossier, a communiqué des éléments qui rapidement pouvaient faire penser à un attentat mené par un homme radicalisé. Bien entendu, le respect de l’enquête est essentiel, mais pourquoi, sur ce cas comme sur d’autres, être si hésitant quant à la terminologie à employer ?

Un homme converti à l’islam, ayant des ouvrages religieux, ayant rédigé un message manifestement orienté et ayant frappé ses victime au cri d’Allah Akbar, semble être une personne radicalisée, même si il n’est pas connu des services pour ces faits.

Bref ce drame, quelques mois après les meurtres de la Préfecture de police de Paris perpétrés par un agent converti et radicalisé, nous conduit à faire un bref bilan de la lutte contre la radicalisation.

Certes ce type d’attaque que l’on surnomme le terrorisme aux mille entailles est imprévisible, c’est un terrorisme de voisinage, de proximité, destiné à effrayer la population, qui frappe n’importe où en France mais aussi à Londres ou ailleurs dans le monde.

Mais combien de temps encore le sang va-t-il couler à cause de notre naïveté, de nos négligences, de notre manque de vigilance ou de mauvaises transmissions d’informations ?

La réalité, c’est que les moyens de lutte contre la radicalisation ne sont pas suffisants. Il faut donc répéter ce qui a été longuement énoncé à de multiples reprises. À savoir que les services de police, de gendarmerie et de sécurité sont épuisés, comme l’a souligné un rapport sénatorial et comme l’expriment des syndicats de police. Il n’est plus temps de pérorer sur des estrades en se congratulant. Certes beaucoup a été fait en cinq ans, mais il reste tant à faire !

La lutte contre la radicalisation est une priorité.

La lutte contre la radicalisation est une priorité, cessons de laisser des prêcheurs salafistes intriguer en toute liberté, y compris dans des locaux municipaux comme à Rouen en septembre dernier.

En effet, à la rentrée des classes, une association musulmane de la ville avait invité pour une conférence dans la mairie annexe de la ville Otman Iquioussen, un prêcheur connu pour appartenir au réseau des Frères musulmans, sans même que la préfecture ne soit informée directement ou indirectement. Va-t-on laisser encore longtemps de tels conférenciers s’exprimer dans des lieux publics avec le soutien tacite de nos municipalités ?

Interdisons également les collectes de fonds organisées sur notre territoire pour des écoles religieuses où l’on professe la haine des valeurs de la République, comme j’en ai fait la demande au Sénat.

J’avais dénoncé récemment une telle collecte, qui promettait également une déduction fiscale sur les dons récoltés, au profit du centre de formation des oulémas, une structure mauritanienne que le gouvernement mauritanien a fait fermer tant le risque était grand d’y voir enseigné un islam radical ! Et pour cause, les personnalités liées à ce centre sont étroitement liées aux Frères musulmans !

Cessons donc de prétendre lutter contre la haine en ligne en votant une loi (certes d’affichage) de la main droite, alors que la gauche on laisse diffuser les propos insupportables de l’application #Eurofatwa sans lever le petit doigt.

Les formations des imams en France ne sont, du reste, toujours pas en place. De ce point de vue rien ne bouge, bien au contraire nous continuons à laisser faire cette formation par les pays d’origine alors que c’est en France qu’il faut former les ministres du culte et les aumôniers. C’est faisable dans le respect de la loi de 1905 ; encore faut-il le vouloir...

Nous ouvrons les portes à des imams, des récitateurs et des psalmodieurs pendant le Ramadan, qui arrivent avec des visas de tourisme et dont nos services ignorent parfois le parcours.

À lire aussi : Villejuif : le parcours de Nathan C., ce énième converti à la folie islamiste

Même si elle est parfois une gageure, il faut aussi insister davantage sur la déradicalisation des individus identifiés par nos services. Les associations de lutte contre la radicalisation sont abandonnées sans moyens ni coordination, et le comité de prévention de la délinquance et de la radicalisation, le CIPDR, ne donne toujours pas d’évaluations sérieuses des méthodes utilisées (en imaginant qu’il ait fini par en développer une...).

On aurait aussi pu aussi imaginer une prise en compte « à froid » du rapport des députés sur la lutte contre radicalisation. Il vaut mieux agir que réagir !

Si l’on ajoute à cette situation fragile les vrais enjeux de sécurité liés à l’absence de structures de contrôle et de suivi des 400 jihadistes qui ont terminé leur peine et qui vont être libérés de prison dans les 12 prochains mois, ainsi que la question toujours en débat du retour des terroristes défaits d’Irak et de Syrie... Notre République a du souci à se faire.

En matière de sécurité nationale, il y a d’importants trous dans la raquette.
Cessons de pêcher par délit de naïveté, il faut une action forte et une tolérance zéro à l’égard des ennemis de la République. Cette fois, les mesures à prendre ne doivent pas consister en des rustines mais dans un plan construit et financé.

Le Premier ministre avait lancé un tel plan il y a deux ans, qui marquait un tournant positif dans prise en compte de la lutte contre la radicalisation. Où en est sa mise en oeuvre ? Nous manquons d’éléments d’évaluation des outils mis en places.

Pourtant, nous ne sommes pas désarmés face aux terroristes, puisque plus de cinquante attentats ont été déjoués ces dernières années.

Mais il manque encore des moyens intellectuels et financiers pour lutter contre la radicalisation : si des mesures fortes ne sont pas mises en place, nous allons laisser le sujet aux mains des extrêmes, qui prêchent leur haine de l’islam et considèrent qu’il est incompatible avec la République. Ils ont pourtant raison au moins sur ce point : en matière de sécurité nationale, il y a d’importants trous dans la raquette.

Nous devons mettre en place dans le cadre des lois de la République les outils nécessaires pour mettre un terme aux zones de non droit et au développement d’un islam politique.

Le slogan « pas d’amalgame » est périmé : il faut agir, et vite.

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Attaque de Villejuif : le déroulé des faits
Video ici 3:01

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