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France : Droit de blasphème - « La peur l’a emporté » : cinq ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, RSF s’alarme de la montée de l’intolérance religieuse

mercredi 8 janvier 2020, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/la-peur-l-emporte-cinq-ans-apres-l-attentat-contre-charlie-hebdo-rsf-s-alarme-de-la-montee?_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Droit de blasphème
« La peur l’a emporté » : cinq ans après l’attentat contre Charlie Hebdo, RSF s’alarme de la montée de l’intolérance religieuse

Par Magazine Marianne

Publié le 07/01/2020 à 13:42

Cinq ans après la tragédie de Charlie Hebdo, Reporters sans frontières a invité ce lundi 6 janvier les organisations internationales et les États à protéger les journalistes face à une montée de l’intolérance religieuse.

L’autocensure risque de gagner la presse. Selon Reporters sans frontières (RSF), les leçons de l’attentat contre Charlie Hebdo n’ont pas été tirées, cinq ans après. Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi 6 janvier à Paris, RSF, ainsi que deux rapporteurs spéciaux de l’ONU, ont invité les organisations internationales et les États à protéger les journalistes face à une montée de l’intolérance religieuse.

Si la France a conservé la reconnaissance du droit au blasphème - comme 8 autres pays qui ont retiré le blasphème de leur cadre juridique depuis 2015 - en revanche, 69 continuent de le réprimer, et 6 le punissent de la peine de mort (Mauritanie, Brunei, Pakistan, Iran, Afghanistan). Concernant les institutions internationales, le constat n’est pas plus brillant, comme le constate Christophe Deloire – secrétaire général de RSF – : « Les résolutions de l’ONU sur la protection des journalistes, qu’elles aient été adoptées par le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale ou le Conseil des droits de l’homme, ne mentionnent pas une seule fois la question du danger que représente l’intolérance religieuse pour les journalistes ».

« La peur l’a emporté »

Selon le secrétaire général de RSF, il existe également un risque pour que « les États, les plateformes et les médias cèdent, que l’autocensure l’emporte, et que le droit subsiste formellement, mais qu’il ne soit plus exercé ». « La peur l’a emporté », confirme Ahmed Shaheed. Le rapporteur spécial de l’ONU pour la liberté de religion ou de croyance n’a pas manqué de souligner que « les lois anti-blasphème sont toujours là, et elles continuent d’être utilisées pour étouffer certains débats », et ainsi supprimer la liberté d’expression. Même lorsque la notion est autorisée, « l’État et les autorités continuent à échouer à protéger les individus ». Des journalistes qui l’emploient sont contraints de vivre sous protection policière, comme ceux de Charlie Hebdo. Face aux pressions et aux menaces, son exercice devient aussi de plus en plus difficile. En vidéoconférence depuis la Californie, David Kaye, rapporteur spécial en charge de la liberté d’opinion et d’expression, a pour sa part alerté sur les « discours de haine contre les plus vulnérables, en particulier sur les réseaux sociaux », comme le raconte Libération.

Pour éveiller les consciences, les rapporteurs et Christophe Deloire appellent à introduire la question du blasphème dans les prochaines résolutions onusiennes sur la protection des journalistes, et sur le plan d’action contre les discours de haine lancé en juin 2019 par Antònio Guterres, le secrétaire général de l’ONU.

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