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Iran : Kimia Alizadeh, seule femme iranienne à remporter une médaille aux Jeux olympiques, quitte son pays

lundi 20 janvier 2020, par siawi3

Source : http://www.leparisien.fr/international/iran-la-seule-femme-medaillee-olympique-kimia-alizadeh-renie-le-regime-et-quitte-le-pays-12-01-2020-8234115.php

Iran : la seule femme médaillée olympique Kimia Alizadeh renie le régime et quitte le pays

L’athlète a fustigé l’hypocrisie du régime des Mollahs tandis que le pays est sous le choc de la catastrophe aérienne du Boeing 737 abattu mercredi à Téhéran par un tir de missile iranien.

Photo : Kimia Alizadeh, la seule femme médaillée olympique d’Iran a fait défection à son pays. AFP

Par R.T. avec AFP

Le 12 janvier 2020 à 00h05

Voilà une nouvelle - et un symbole - qui ne pouvait pas tomber plus mal pour le régime iranien en pleine crise internationale. La taekwondiste Kimia Alizadeh, seule femme médaillée olympique d’Iran, a annoncé samedi avoir quitté définitivement son pays, n’en pouvant plus de l’« hypocrisie » d’un système qui, selon elle, utilise ses sportives à des fins politiques et ne fait que les « humilier ».

« Je commence par bonjour, au revoir, ou condoléances ? » a écrit la championne sur son compte Instagram, au moment où le pays est sous le choc de la catastrophe aérienne du Boeing 737 d’Ukraine International Airlines - abattu mercredi à Téhéran par un tir de missile dans laquelle ont péri 176 personnes, en majorité iraniennes et canadiennes.

La sportive déroule une charge au vitriol contre les autorités de la République islamique. « Je fais partie des millions de femmes opprimées en Iran avec qui ils jouent depuis des années », dit-elle. « J’ai porté tout ce qu’ils m’ont dit de porter », ajoute celle qui a décroché le bronze aux JO de Rio en 2016, en faisant allusion au voile islamique, obligatoire pour toutes les femmes dans l’espace public en Iran, et notamment dans le sport.

« J’ai répété chaque phrase qu’ils avaient ordonnée. Chaque fois qu’ils le jugeaient bon, ils me confisquaient. Ils ont mis mes médailles au service du voile obligatoire et l’ont attribué à leur gestion et à leur tact », poursuit-elle, « aucune de nous n’a d’importance pour eux ».

« Vos esprits patriarcaux et antisémites »

Critiquant l’ « hypocrisie », le « mensonge », l’ « injustice » et la « flatterie » qui règnent selon elle au sein du système politique iranien. « Mon esprit troublé ne rentre pas dans vos canaux économiques corrompus et vos lobbies politiques, et dans vos esprits patriarcaux et antisémites. Je n’ai d’autre souhait que le Taekwondo, la sécurité et une vie heureuse et saine. Cher peuple iranien, je ne voulais pas monter les escaliers de la corruption et du mensonge », balance encore la médaillée olympique.

« Personne ne m’a invitée en Europe », écrit-elle par ailleurs, sans dire où elle se trouve. « Cette décision est encore plus difficile que de gagner la médaille d’or olympique, mais je reste la fille de l’Iran où que je sois. Je vous donne mes encouragements et je n’ai d’autre souhait que de vous faire confiance dans le chemin difficile que j’ai emprunté », a conclu l’athlète.
Sous d’autres couleurs aux JO ?

Jeudi, la nouvelle de la disparition de la jeune femme de 21 ans avait mis le pays en émoi. Le député Abdolkarim Hosseinzadeh avait demandé des comptes aux « responsables incompétents qui font fuir le capital humain », alors que l’agence semi-officielle Isna titrait : « Choc pour le taekwondo iranien. Kimia Alizadeh a émigré aux Pays-Bas ».

L’agence soupçonne la sportive de vouloir défendre les couleurs d’un autre pays que la République islamique aux JO 2020 de Tokyo.