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France: La défense d’une jeune blasphématrice

Tuesday 28 January 2020, by siawi3

Source: https://www.revuedesdeuxmondes.fr/mila-le-delit-de-blaspheme-et-la-demission-de-la-gauche/

Mila, le délit de blasphème et la démission de la gauche

par Valérie Toranian

Jan 27, 2020

Il y a des pays où les gens meurent parce qu’ils luttent contre les lois blasphématoires scélérates qui peuvent envoyer à la mort n’importe qui sur simple dénonciation. Au Pakistan, pays régi par une charia fondamentaliste qui punit de mort le blasphème, des juges, parfois, s’élèvent avec courage contre l’arbitraire et tentent de s’opposer à l’hystérie fondamentaliste. En France, pays de la Déclaration des droits de l’homme et de la loi de 1881, qui sacralise le respect de la liberté d’expression et le droit de critiquer la religion et les idéologies, certains, au sein de la justice, au nom d’un antiracisme dévoyé, sont en train de réintroduire tranquillement le crime de blasphème.

Au Pakistan, en 2018, dans l’affaire Asia Bibi, la Cour suprême a tenu bon : malgré une rue islamiste fondamentaliste déchaînée, elle avait finalement jugé que la jeune chrétienne, condamnée à la peine de mort pour blasphème en 2010, devait être acquittée. Pas au nom de la liberté d’expression puisque dans le droit pakistanais, le blasphème antimusulman est puni de la peine de mort. Mais parce que le dossier était tellement mince (la chrétienne aurait « souillé » le puits des musulmanes en y puisant un verre d’eau) que les juges ont dû classer l’affaire.

Réintroduction du délit de blasphème

Au Pakistan, défendre Asia Bibi peut vous coûter la vie. Dénoncer la loi anti-blasphème également. En 2011, le gouverneur de la région du Pendjab, Salman Taseer, avait été tué par son propre garde du corps pour avoir déclaré que « les lois du blasphème dans notre pays, c’est la loi de la jungle ». Ce garde du corps, jugé et condamné à mort, est devenu un martyr pour les fondamentalistes pakistanais. À l’appel du parti Tehreek-e-Labbaik Pakistan, TLP, (dont la doctrine prend sa source dans le soufisme, censé être le « courant pacifique » de l’islam…), des manifestations monstres ont paralysé le Pakistan pour protester contre l’acquittement d’Asia Bibi. L’influence du TLP, parti violent et radical qui appelle à l’assassinat des juges, ne cesse de grandir au sein de la population. Le 17 janvier 2020, le tribunal a très sévèrement sanctionné en première instance (55 années de prison chacun), 86 militants du TLP accusés de violences : le gouvernement redoute clairement une nouvelle guerre civile menée au nom de la surenchère islamiste.

Au même moment en France, la justice est en train de remettre en question la liberté d’expression et de réintroduire le délit de blasphème. Le parquet de Vienne, en Isère, a décidé d’ouvrir une enquête pour « incitation à la haine raciale » contre Mila, adolescente de 16 ans, cible d’insultes, d’intimidation et de menaces de mort pour avoir osé critiquer la religion en général et l’islam en particulier. Sur son compte Instagram consacré à sa passion pour le chant, Mila, dans un live avec ses abonnés le 19 janvier, avait évoqué ses préférences sexuelles (elle est ouvertement lesbienne), avait écrit : « moi aussi, les rebeus c’est pas mon style » et avait éconduit un dragueur lourd, qui ne l’avait pas supporté. Mila avait alors reçu une première vague d’insultes (« salope », « sale française », « sale gouine », « chiennasse », « inch’Allah tu meurs sale pute que tu es ».)

Mila, pour des raisons de sécurité, ne se rend plus à son lycée

Mila avait plus tard attaqué la religion en général. Le ton était monté d’un cran, les insultes aussi, notamment de la part d’individus se réclamant de l’islam. (« Pétasse, d’où tu dis ça notre dieu Allah c’est le seul et l’unique, j’espère tu vas brûler en enfer ») Mila avait clôturé la discussion par un message vidéo. « Je déteste la religion, […] le Coran il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde, c’est ce que je pense. […] Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir. »

Dans un deuxième temps, ses propos vont être tronqués, sortis de leur contexte et relayés sur les réseaux sociaux, déclenchant une déferlante d’insultes et de menaces physiques. Avec appel au meurtre et divulgation d’informations personnelles. Depuis Mila, pour des raisons de sécurité, ne se rend plus à son lycée.

[( « C’est le retour du délit de blasphème, institutionnalisé par un parquet apeuré, soucieux de ne pas avoir l’air raciste. »)]

On peut certes déplorer le vocabulaire de Mila, outrancier et maladroit pour le moins, cependant le plus choquant dans cette affaire n’est pas la violence et la vulgarité générales mais la réaction du parquet de Vienne, qui représente l’État rappelons-le. Certes, il a ouvert une enquête pour « menaces de mort » après la plainte déposée par Mila, mais il en a surtout déposé une seconde pour « incitation à la haine raciale » contre la lycéenne qui a proféré des insultes envers la religion.

Un cadeau inespéré pour les islamistes

Dire « merde » à Dieu (ce qu’on a le droit de faire en France, merci Voltaire) serait donc désormais punissable ? On ne pourrait plus critiquer une religion sans prendre le risque d’être poursuivi par la loi ? C’est le retour du délit de blasphème, institutionnalisé par un parquet apeuré, soucieux de ne pas avoir l’air raciste. L’objectivité à la télévision, disait le grinçant cinéaste Jean-Luc Godard, c’est cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour les nazis. L’équilibre de la justice désormais c’est poursuivre ceux qui veulent tuer les « blasphémateurs » mais poursuivre aussi les « blasphémateurs » pour haine raciale. Comme si le blasphème pouvait être de nouveau questionné. Les temps ont changé. Désormais, tout est affaire de « point de vue ». Le relativisme triomphe. Et la justice ne veut pas « prendre parti ».

[( « C’est un peu comme avec les dessinateurs de Charlie : après tout, ils l’avaient bien cherché, à force de caricaturer le Prophète… »)]

Un cadeau inespéré pour les islamistes qui veulent depuis des années faire valoir le crime d’islamophobie en France. D’ailleurs Abdallah Zekri, délégué du Conseil français du culte musulman censé représenter un islam de tradition, a pris position dans une interview sur Sud Radio, d’une manière que n’auraient pas désavouée ses « rivaux » islamistes. « Je dis que cette fille, elle sait très bien ce qu’elle fait, a notamment déclaré celui qui dirige également l’Observatoire national contre l’islamophobie. Qui sème le vent récolte la tempête. » C’est un peu comme avec les dessinateurs de Charlie : après tout, ils l’avaient bien cherché, à force de caricaturer le Prophète…

Dans le droit français, le délit de blasphème n’existe pas. Les critiques, y compris les plus dures, portées au sujet d’une croyance relèvent de la liberté d’expression, consacrée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et traduite dans la loi du 21 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Un risque réel

La loi Pleven, relative à la lutte contre le racisme, a prolongé celle de 1881 en instaurant les délits « d’injure, de diffamation et de provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance à une race, une ethnie, une nation ou une religion ». Il est possible, en France, de s’en prendre à un culte, mais interdit d’insulter ses adeptes. « L’islam est une religion de merde » ou bien « Jésus est un pédé » (en référence à la chanson de l’humoriste Frédéric Fromet sur France Inter le 10 janvier dernier) ne sont pas punis par la loi. « Sale arabe », « sale juif », « sale musulman », « sale chrétien » sont punis par la loi. Insulter une religion ce n’est pas être raciste, comme le prétendent les islamistes qui hurlent à l’islamophobie.

[( « Le risque est réel de voir arriver, de façon tout à fait légale, un délit d’offense, qui, dans les faits, reviendrait à réinstaurer un délit de blasphème. D’autant que les voix républicaines pour s’y opposer sont rares. »)]

Certains juristes pointent cependant la frontière extrêmement fine entre l’offense à la religion et l’offense aux croyants, et s’inquiètent de la façon dont des associations pourraient « retourner » le droit en mettant en avant le respect de la sensibilité d’autrui et le principe de « blessure » personnelle, éléments de plus en plus pris en compte dans les procédures. Ils n’ont pas tort. Le risque est réel de voir arriver, de façon tout à fait légale, un délit d’offense, qui, dans les faits, reviendrait à réinstaurer un délit de blasphème. D’autant que les voix républicaines pour s’y opposer sont rares.

Où sont nos consciences de gauches ? Aux abonnés absents

Que dit la gauche, cette gauche qui s’est battue depuis des siècles pour la liberté d’expression, contre la mainmise de la religion, pour la laïcité, pour le droit des homosexuels ? Rien ou si peu. À part le Printemps républicain, par la voix d’Amine el-Khatmi, son président, et de Laurent Bouvet, qui ont immédiatement pointé ce retour à peine masqué du délit de blasphème ; à part les courageuses militantes républicaines à la pointe du combat anti-islamiste, Fatiha Boudjahlat et Zineb Rhazoui, entre autres, où sont nos consciences de gauche ? Aux abonnés absents.

Terrassées par la peur du délit imaginaire d’islamophobie ? Incapables de défendre leur héritage de liberté ? Trop occupées, comme la France insoumise, à séduire un électorat musulman qu’il ne faudrait pas contrarier surtout à quelques semaines des élections municipales ? Comme si les Français musulmans étaient tous devenus islamistes et revendiquaient le retour du délit de blasphème ! Quelle pitoyable et misérable essentialisation.

[( « Il y a la France où la lâcheté des “forces de progrès” est accablante ; où on remet en question nos principes pour faire plaisir à des islamistes, où les néo-féministes et les associations LGBT ne défendent pas Mila, victime d’insultes homophobes, parce qu’elle a eu le tort de critiquer l’islam. »)]

Il y a des pays où on rêve d’adopter les lois de la France, cette République qui protège la liberté de conscience, la liberté de croire et de ne pas croire, qui autorise la critique des religions. Qui permet à des lesbiennes de vivre librement leur sexualité. Il y a des pays où des militants, des démocrates, des juges, des homosexuels se font emprisonner ou assassiner. Et puis il y a la France où la lâcheté des « forces de progrès » est accablante ; où on remet en question nos principes pour faire plaisir à des islamistes, où les néo-féministes et les associations LGBT ne défendent pas Mila, victime d’insultes homophobes, parce qu’elle a eu le tort de critiquer l’islam. La gauche, après avoir laissé tomber le peuple, laisse tomber les principes et ouvre un boulevard au Rassemblement national, première force politique, hélas, à avoir soutenu Mila dans son droit irrespectueux à critiquer la religion.

Et cette démission est une honte.

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Source: https://www.ufal.org/laicite/laicite-communiques-de-presse/soutenons-mila/?utm_source=mailup&utm_medium=courriel&utm_campaign=flash

Communiqués de presse

Soutenons Mila !

Par l’UFAL - Union des FAmilles Laïques

25 janvier 2020

Depuis plusieurs jours, Mila, une lycéenne de l’Isère, fait l’objet de menaces de mort et d’une campagne haineuse sur les réseaux sociaux, après diffusion d’une vidéo dans laquelle elle profère son mépris de l’islam et de son dieu.

L’Union des FAmilles Laïques nationale qui regroupe et fédère les Unions Régionales de Familles Laïques, les Unions Départementales de Familles Laïques, et les Unions Locales de Familles Laïques, à l’instar de son union locale des Porte de l’Isère et du Comité 1905 Auvergne-Rhône-Alpes, soutient Mila.

Nous souhaitons rappeler :

Qu’en France le délit de blasphème n’existe pas: il a été aboli par la loi du 9 juillet 1881.
Que la liberté d’expression est une liberté fondamentale dont les limites légales sont clairement définies. Il est interdit de s’en prendre aux personnes (injure, diffamation, provocation à la haine, à la violence ou à la discrimination), nullement aux divinités, qui n’ont aucune existence juridique. La critique d’une religion, d’un dieu ou d’un prophète, même violente, ne saurait en aucun cas tomber sous le coup de la loi républicaine.
Que la liberté de conscience, c’est aussi la liberté de ne pas croire, ou de combattre les objets de croyance, conformément au principe constitutionnel de laïcité.

Nous dénonçons :

L’intolérable campagne de harcèlement orchestrée contre une adolescente de 16 ans.
Les menaces de mort dont elle fait l’objet, qui reprennent l’odieuse logique des assassinats du 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo.
Le caractère homophobe, donc hautement discriminatoire, des insultes qui lui sont adressées.
Les propos d’Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui estime que la jeune fille est responsable de la haine et du harcèlement dont elle est victime.

Nous appelons les associations laïques et les représentants de l’État à soutenir sans réserve Mila, victime du fanatisme le plus abject.

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Source: https://www.change.org/p/marl%C3%A8ne-schiappa-protection-polici%C3%A8re-pour-mila-16-ans-en-danger-de-mort-pour-avoir-critiqu%C3%A9-l-islam?recruiter=913035771&utm_source=share_petition&utm_medium=abi_gmail&utm_campaign=address_book&utm_term=psf_combo_share_message&recruited_by_id=5f895560-e4a6-11e8-9b65-57adc63c511d

PETITION

Protection policière pour Mila, 16 ans, en danger de mort pour avoir critiqué l’islam

Le Comité Je Suis Mila a lancé cette pétition adressée à Marlène Schiappa et à 3 autres

Depuis samedi 19 janvier, Mila, 16 ans, lycéenne et apprentie chanteuse, se trouve en danger de mort pour avoir critiqué la dimension haineuse des religions en général et de l’islam en particulier, en réponse à un harcèlement lesbophobe et misogyne qu’elle venait de subir de la part d’internautes musulmans sur instagram.

Elle est visée par des appels au lynchage, menaces de mort et injures ultra-violentes, qui se comptent par dizaines de milliers sur Twitter, Instagram et Snapchat. Son adresse et toutes sortes d’informations personnelles ont massivement circulé. Elle a dû être déscolarisée d’urgence pour la protéger d’élèves déterminés à la lyncher à mort pour la punir de son “blasphème“. Les menaces sont d’une violence inouïe, alors que la jeune fille s’était contentée de réagir à un harcèlement sexiste et homophobe initié par des jeunes hommes qui se réclamaient d’Allah. Mila reçoit par milliers des messages tels que : “On va te retrouver et t’égorger sale chienne“, “va mourir sale pute lesbienne“, “sale française“.

La sécurité de Mila, tant à court terme qu’à long terme, est menacée. Ce sont littéralement des dizaines de milliers de personnes qui déclarent qu’elle mérite d’être physiquement punie de son irrévérence envers l’islam. Son adresse et toutes sortes d’informations personnelles ont massivement été diffusés dans le but de lui nuire le plus possible. Elle ne peut plus mettre les pieds ni dans son lycée, ni dans aucun autre lycée.

La médiatisation de l’affaire est une première victoire, et les nombreux soutiens apportés à Mila sur le hashtag #JeSuisMila sont un précieux contrepoids à son harcèlement, mais cela ne suffit pas pour protéger Mila.

Nous réclamons que des mesures sérieuses soient prises pour assurer la sécurité de Mila.

À ce jour, les rares mesures annoncées par les autorités sont tout sauf rassurantes et leurs déclarations contradictoires n’augurent rien de bon pour Mila.

D’après Libération, « la gendarmerie locale et le rectorat disent qu’il n’y a eu aucun problème dans l’établissement concerné, après les menaces formulées sur les réseaux sociaux », mais dans le même temps, ces autorités confirment que des effectifs policiers ont été déployés lundi parce qu’on avait cru que Mila viendrait au lycée.

De plus, la seule mesure annoncée pour le moment par le Rectorat est la suivante : «À plus long terme, un accompagnement sera proposé à l’élève et à sa famille, pour la maîtrise de ce qui est posté sur les réseaux sociaux.» En somme, c’est à la victime de harcèlement qu’on fera la leçon, et non à ses harceleurs. Est-ce le rôle des pouvoirs publics que d’apprendre aux victimes de harcèlement à se taire ? Va-t-on aussi donner aux victimes de viol des cours pour apprendre à porter des jupes moins courtes ?

Nous demandons donc :

Qu’un dispositif policier de protection pérenne soit mis en place pour protéger la vie de Mila sur la longue durée
Que l’Education nationale prenne des mesures exemplaires envers les élèves qui ont harcelé Mila
Des peines exemplaires contre les harceleurs, contre les auteurs des menaces de mort, de viol et de violences physiques, et contre les gros influenceurs des réseaux sociaux qui ont donné une audience énorme aux harceleurs de Mila.

Les intégristes religieux qui menacent la vie d’une jeune fille pour ses idées sur la religion doivent être sanctionnés. La République doit garantir la liberté d’expression et protéger la vie de ceux qui l’exercent.

Pour Signer la Pétititon allez ici

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Source: https://www.nouvelobs.com/societe/20200128.OBS24037/schiappa-qualifie-de-criminelles-les-propos-d-un-responsable-du-cfcm-sur-l-affaire-milla.html

Schiappa qualifie de « criminelles » les déclarations d’un responsable du CFCM sur l’affaire Mila

Photo: Marlène Schiappa a fustigé les propos du délégué général du CFCM sur Milla, jeune adolescente harcelée et menacée de mort pour avoir critiqué l’islam. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Abdallah Zekri, délégué du général du CFCM, avait réagi à propos de l’affaire Mila, l’adolescente menacée de mort pour avoir critiqué l’islam, en estimant qu’elle l’avait « cherché ».

Par L’Obs avec AFP

Publié le 28 janvier 2020 à 11h35

L’affaire Mila continue de faire réagir, jusqu’au gouvernement. Ce mardi 28 janvier, sur France-Inter, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a qualifié de « criminelles » les déclarations du délégué général du Conseil français du Culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, contre la jeune Mila, une lycéenne qui avait tenu des propos hostiles à l’islam dans une vidéo.

Le responsable de l’institution représentative des mosquées, tout en se disant « contre » le fait que cette adolescente de l’Isère ait été menacée de mort sur les réseaux sociaux, avait estimé vendredi : « Qui sème le vent récolte la tempête. »

« Elle l’a cherché, elle assume. Les propos qu’elle a tenus, les insultes qu’elle a tenues, je ne peux pas les accepter », avait-il dit sur Sud Radio.

Ces mots sont « indignes d’un responsable, qui est un leader d’opinion et qui a une parole dans le débat public », a déclaré Marléne Shiappa sur l’antenne de France-Inter, rappelant que « s’adonner à du cyberharcèlement en meute » constitue « un délit ».

Lire aussi: Affaire Mila : où sont les voix de gauche ?

Ouverture de deux enquêtes

Dans un message diffusé sur Twitter après les propos d’Abdallah Zekri, le nouveau président du CFCM, Mohammed Moussaoui, avait pour sa part souligné que « rien ne saurait justifier les menaces de mort à l’égard d’une personne ».

« C’est la justice qui doit prononcer les sanctions prévues par la loi s’il y a provocation et incitation à la haine », avait-il ajouté.

Le parquet de Vienne (Isère) a ouvert deux enquêtes dans l’affaire de la jeune Mila, qui a dû être déscolarisée après un déferlement de menaces de mort.

L’une, « ouverte du chef de provocation à la haine raciale », a pour but « de vérifier si les propos tenus sur la vidéo diffusée » par la jeune fille « sont de nature à recouvrir une qualification pénale ou s’inscrivent dans la liberté d’expression reconnue à chacun ».

L’autre, « ouverte du chef de menaces de mort, menace de commettre un crime, harcèlement » notamment, s’attache à retrouver et poursuivre les auteurs de ces faits « gravement attentatoires à l’intégrité » de l’adolescente, selon le parquet.