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France : Affaire Mila, comment faire entendre les associations féministes laïques universalistes ?

mardi 4 février 2020, par siawi3

Source : email

Communiqué, 1er février 2020

Affaire Mila, comment faire entendre les associations féministes laïques universalistes ?

Nous, Libres Mariannes, Ligue de Droit International des Femmes et Regards de femmes, associations féministes universalistes et laïques saluons la réactivité de toutes celles et tous ceux qui, comme nous :

Ont fait connaitre « l’affaire Mila », du nom de cette jeune lycéenne de 16 ans qui, réagissant au harcèlement d’un dragueur lesbophobe proférant des menaces de caractère religieux, se trouve du jour au lendemain menacée de mort et devant être protégée pour avoir critiqué en termes crus, l’islam.

Se sont indignés des propos révélateurs d’Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM) selon lequel : « qui sème le vent récolte la tempête ! ».

Ont pointé le dérapage de la Garde des Sceaux, déclarant que « l’insulte à la religion est une atteinte à la liberté de conscience », alors qu’en mettant en cause la liberté de critiquer une religion elle réintroduit le délit blasphème. Oubliant que la religion n’est qu’une opinion.

Ont rappelé, à juste titre, que le droit au blasphème est inscrit dans notre histoire et dans notre loi, résultat d’un combat héroïque contre les obscurantismes. Tel était le sens de l’immense manifestation de 2015 aux cris de « Je suis Charlie ».

Contrairement à ce que certains affirment, en s’étonnant du silence des associations féministes (mais ils n’en regardent qu’une partie…) nos associations, comme beaucoup d’autres avec lesquelles nous travaillons, sont solidaires de Mila et nous l’avons fait savoir dans les réseaux sociaux.

Il conviendrait de s’étonner plutôt du silence vis-à-vis de nos communiqués, de nos analyses, de nos alertes, de nos pétitions, de nos essais, par certains médias préférant reproduire les propos d’associations enfermant les femmes dans la soumission, prétendument choisie, aux diktats religieux du patriarcat théocratique. Nos outils sont maintenant les réseaux sociaux bien que ce soient eux aussi qui aujourd’hui massacrent Mila.

Nous acceptons cette contradiction pour faire entendre notre voix afin que chaque femme et chaque fille dans le monde puisse accéder aux droits humains universels, à la liberté de conscience et au droit d’exprimer ses opinions.

Michèle Vianès
Présidente de Regards de Femmes