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Syrie : La mort d’un Etat

samedi 8 février 2020, par siawi3

Source : https://www.elwatan.com/edito/la-mort-dun-etat-08-02-2020

La mort d’un Etat

Tayeb Belghiche

08 février 2020 à 9 h 00 min

La Syrie, qui a rayonné sur la civilisation, qui a tant donné à l’humanité, n’est plus que l’ombre d’elle-même. On s’interroge même si elle pourrait renaître de ses cendres. Après l’Irak, c’est à son tour d’être dépecée, martyrisée.

Le peuple syrien souffre depuis 2011. La communauté internationale assiste, impuissante, à son agonie. Le peuple n’a plus son destin en main. Il est déchiré, éclaté à cause de puissances qui se soucient peu ou pas du tout de ses intérêts et qui ne cachent pas leurs ambitions hégémoniques.

Recep Tayyip Erdogan, qui caresse le rêve de restaurer l’influence ottomane sur la région et qui pour cela soutient les terroristes islamistes, comme il l’a fait hier en Irak, menace le régime de Damas de sévères représailles s’il cherche à refaire l’unité de la Syrie en récupérant la province d’Idleb, occupée par des fractions antagonistes mais soutenues par Ankara.

En clair, la Turquie se comporte comme un colonisateur conquérant en Syrie et n’accepte pas que des Syriens veulent étendre leur autorité sur leur pays. Des Syriens malheureusement qui ne méritent pas ce triste sort.

Bachar Al Assad, en s’accrochant au pouvoir par tous les moyens, y compris l’éclatement de son pays, est le premier responsable du délitement de l’Etat. Il a contribué directement et indirectement au massacre de son peuple et à sa dispersion à travers le monde, faisant d’eux les nouveaux juifs errants. Qui aurait pensé qu’un jour on assisterait à la transformation des valeureux Syriens en mendiants luttant pour leur survie à travers l’Europe ?

Une humiliation insupportable pour ces descendants des Ommeyades. Cette humiliation a pris une dimension plus grave encore quand on voit des pays comme la Turquie, l’Iran et la Russie se réunir pour se concerter sur le sort de la Syrie en l’absence de tout représentant syrien.

Cela signifie que ce pays a totalement perdu son indépendance et que Bachar Al Assad n’est qu’un petit satrape qui n’a la mainmise que sur une portion de son pays et qu’il compte pour du beurre aux yeux des puissances de la région.

Il est à l’image de tous ces dictateurs arabes (Saddam Hussein d’Irak, Ali Saleh du Yémen, Mouammar El Gueddafi de Libye, Mohamed Siad Barre de Somalie) qui préfèrent voir leurs pays disparaître de la carte que de lâcher le pouvoir. Un sort qu’aurait subi l’Algérie sans la vigilance et la mobilisation de son peuple.

Il est illusoire de croire en un sursaut salvateur en Syrie. Le démantèlement des Etats du Proche-Orient figure malheureusement dans les tablettes de certains pays – y compris arabes –, avec à leur tête Israël.

Celui-ci vient de remporter un succès irréversible suite à l’approbation ou au silence complice des régimes arabes face au projet d’enterrement du peuple palestinien par le plan de Donald Trump. Les déboires des peuples arabes et les dérives de leurs dirigeants ne sont pas près de prendre fin.

Ils vivent hors du temps. On leur a inculqué que la démocratie est un concept occidental en contradiction avec l’islam. De ce fait, leur crépuscule continue. Ce qui se passe en Irak ne laisse guère place à l’optimisme.