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Belgique : La liberté d’expression en question à l’Université Libre de Bruxelles

samedi 15 février 2020, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/belgique-des-associations-etudiantes-veulent-empecher-un-debat-avec-des-journalistes-de-charlie-hebdo-20200213

Belgique : des associations étudiantes veulent empêcher un débat avec des journalistes de Charlie Hebdo

13.02.20

Deux journalistes de l’hebdomadaire satirique doivent intervenir jeudi soir à l’Université libre de Bruxelles pour débattre de la liberté d’expression.

Par Pierre Sautreuil

Plusieurs associations étudiantes se mobilisent contre la participation de deux journalistes de Charlie Hebdo à un débat sur la liberté d’expression prévu jeudi soir à l’Université libre de Bruxelles (ULB), rapporte La Libre Belgique.

Un communiqué publié mercredi soir sur les réseaux sociaux par le Cercle féministe de l’ULB et l’Union syndicale étudiante dénonce « cette invitation qui permettra une fois de plus à la parole réactionnaire de se faire entendre sur notre campus », et affirme que « Charlie Hebdo a rejoint depuis longtemps les rangs des réactionnaires de tout poil dans leur dénonciation des nouveaux censeurs ».

Organisé par le Centre d’action laïque et l’ULB, ce débat intitulé « Charlie Hebdo : cinq ans après » et sous-titré « La liberté d’expression, c’est fini ? » doit faire intervenir Gérard Biard et Marika Bret, respectivement rédacteur en chef et DRH de l’hebdomadaire.

Les associations signataires de ce communiqué pointent notamment du doigt un éditorial paru le 6 janvier, cinq ans après les attentats qui ont ensanglanté la rédaction du journal, dans lequel Riss, le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo affirmait qu’« aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blogueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école ».

Un texte qui témoignerait de la manière dont l’hebdomadaire satirique se place « en opposition à celleux [sic] qui défendent une politique intersectionnelle et remettent en question les privilèges blancs, homme, cis, hétéro, bourgeois, etc », affirment-ils, avant de conclure : « Si c’est ça ’être Charlie’, en 2020, nous ne le sommes clairement pas ! »

Le recteur de l’Université libre de Bruxelles, Yvon Englert a défendu sur Twitter la tenue de ce débat, arguant que « l’ULB préserve et promeut des espaces de rencontre, de débat et de contradiction sur des enjeux aussi essentiels que la liberté d’expression. On ne peut que s’en réjouir. C’est dans le débat respectueux que la société citoyenne lutte contre les ténèbres. » Les membres du Centre d’action laïque ont pour leur part déclaré être « fiers » de co-organiser ce débat.

CentreActionLaïque
@ActionLaique
Nous sommes fiers de co-organiser ce débat avec l’@ULBruxelles, d’inviter @marika_charlie et Gérard Biard de @Charlie_Hebdo_ et de défendre cette liberté fondamentale qu’est la liberté d’expression
https://twitter.com/matdemees/status/1227939201888460806

Joint par Le Figaro, le Centre d’action laïque a fait savoir que le débat était maintenu malgré les protestations de ces associations.

°°°

ET VOICI L’ATTAQUE DIRIGEE CONTRE CHARLIE HEBDO par des ’féministes’ et des ’syndicalistes’
L’ULB n’a plus de L que le nom.

Source : https://use.be/les-reactionnaires-de-charlie-hebdo-invite/

Communiqué
Les réactionnaires de Charlie Hebdo invité·e·s en grande pompe à l’ULB !

Union syndicale étudiante

L’Union syndicale étudiante est un syndicat étudiant autogéré et combatif, section étudiante des Jeunes FGTB.

12 févr. 2020

Les réactionnaires de Charlie Hebdo invité·e·s en grande pompe à l’ULB !

L’ULB invite cette semaine (sous protection, il faudra montrer sa carte d’identité pour entrer dans la salle) deux membres de Charlie Hebdo pour parler liberté d’expression... ou pour dire « qu’on ne peut plus rien dire » ? Nous, militant·e·s étudiant·e·s, syndicalistes, féministes, dénonçons cette invitation qui permettra une fois de plus à la parole réactionnaire de se faire entendre sur notre campus.

Dans un récent éditorial, Riss, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, écrivait : « Hier, on disait merde à Dieu, à l’armée, à l’Église, à l’État. Aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blogueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école ». Dans une interview récente, le rédacteur en chef G. Biard dénonce également une « censure moderne » par des individus : « il y a surtout une tendance antidémocratique qui n’est pas le fait d’institutions, mais d’individus. (...) Ces groupuscules refusant le débat, le discours est piégé dès le départ. Et c’est au nom d’idéaux que l’on ne peut que défendre – l’antiracisme, le féminisme, les droits individuels –, qu’ils exigent que l’on abandonne tout universalisme. »

En effet depuis quelques années une certaine parole se libère. Une parole qu’on n’entendait que très peu auparavant, écrasée par le système médiatique et intellectuel encore dominant aujourd’hui : celle des militant·e·s queer, féministes, antiracistes, des personnes membres de différentes minorités politiques, qui peuvent enfin s’exprimer dans certains médias. Cette parole n’est donc pas « antidémocratique » comme la décrivent les membres de Charlie Hebdo. Elle est plutôt le symbole de personnes qui subissent de nombreuses discriminations et inégalités, et qui ont enfin accès à quelques petits bouts de liberté d’expression dans le monde médiatique, notamment sur les réseaux sociaux. Oui, nous militons pour être respecté·e·s, pour ne plus subir les dominations bourgeoise, blanche et cis-hétéro-patriarcale. Ce n’est dès lors pas surprenant que ce discours dérange certains qui ont l’habitude de voir leur parole incontestée.

Le discours des membres de Charlie Hebdo est donc fort problématique. Il semble peu sincère de se plaindre de censure alors qu’on participe et qu’on bénéficie d’un système médiatique bien établi. Iels sont d’ailleurs toujours invité·e·s à s’exprimer sur les plateaux télés, dans d’autres publications, à l’université…, et le plus souvent sans contradiction sérieuse. Il est paradoxal que celleux qui prétendent se battre pour la liberté d’expression empêchent à d’autres, membres de minorités politiques, de l’exercer.

En plus, ce discours détourne le débat de la censure institutionnelle toujours présente dans la presse actuellement, que ce soit par la concentration des médias aux mains de quelques grands propriétaires, par la répression des journalistes indépendant·e·s en manifestation en France, ou par la censure exercée par les réseaux sociaux sur certains médias indépendants.

Au nom de « l’universalisme », il faudrait pouvoir tout dire sans se prendre de réactions des personnes ouvertement visées ? Se défendre, dénoncer des propos qui nous oppriment, c’est vraiment atteindre à la liberté d’expression ? Charlie Hebdo se place donc en opposition à celleux qui défendent une politique intersectionnelle et remettent en question les privilèges blancs, homme, cis, hétéro, bourgeois, etc. Ainsi, Charlie Hebdo a rejoint depuis longtemps les rangs des réactionnaires de tout poil dans leur dénonciation des « nouveaux censeurs ». Ce sont les mêmes qui défendent une « laïcité » à la française, islamophobe, méprisante du droit de chacun·e à disposer de son corps. Charlie Hebdo participe ainsi à la censure des minorités en les empêchant d’élever leurs voix. Alors si c’est ça « être Charlie », en 2020, nous ne le sommes clairement pas !

L’ULB se rend honteusement complice de ces réactionnaires de Charlie Hebdo en les invitant à cette « rencontre ». Pas de réacs sur nos campus !

L’Union Syndicale Etudiante et le Cercle Féministe de l’ULB

Union syndicale étudiante
15 h ·

Communiqué conjoint avec le Cercle Féministe de l’ULB contre la venue de Charlie Hebdo à l’ULB (Charlie Hebdo : cinq ans après).

« L’ULB invite demain deux membres de Charlie Hebdo pour parler liberté d’expression... ou pour dire »qu’on ne peut plus rien dire" ?
 ???? Nous, militant·e·s étudiant·e·s, syndicalistes, féministes, dénonçons cette invitation qui permettra une fois de plus à la parole réactionnaire de se faire entendre sur notre campus. (...)
 ???? Se défendre, dénoncer des propos qui nous oppriment, c’est vraiment atteindre à la liberté d’expression ? Charlie Hebdo se place en opposition à celleux qui défendent une politique intersectionnelle et remettent en question les privilèges blancs, homme, cis, hétéro, bourgeois, etc. Ainsi, Charlie Hebdo a rejoint depuis longtemps les rangs des réactionnaires de tout poil dans leur dénonciation des « nouveaux censeurs »."

 ? Pas de réactionnaires sur nos campus ! ? ULB - Université libre de Bruxelles