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France : Le féminisme a t’il perdu la tête ? #8mars2020

lundi 2 mars 2020, par siawi3

Source : https://wp.me/p70uyr-cW

Le féminisme a t’il perdu la tête ? #8mars2020

par lesvigilantes15

2 mars 20

Le 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, mobilise les féministes avec des évènements et communications de toutes sortes. Nous, les VigilantEs, sommes perplexes devant la tournure prise par cette journée de solidarité mondiale pour les droits et libertés des femmes.

Oubliée l’universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah détenue en Iran ?

Oubliée la Pakistanaise Asia Bibi qui souhaite obtenir l’asile en France ?

Oubliée Nûdem Durak, la chanteuse kurde, emprisonnée dans les geôles d’Erdogan ?

Oubliées les femmes kurdes qui, les armes à la main, défendent les droits des femmes contre Daesch et la Turquie ?

Oubliés les affronts de Trump, Bolsonaro, … contre les femmes ?

Oubliée la dépénalisation des violences conjugales en Russie ?

Les saoudiennes, iraniennes et leur mouvement #WhiteWednesday et toutes les femmes en lutte contre un patriarcat politique et religieux, attendront.

Loin de cette solidarité internationale que nous VigilantEs réaffirmons régulièrement, le mouvement féministe mainstream semble bien avoir perdu sa boussole en cette journée mondiale.

D’un côté, ce qui reste du mouvement féministe matérialiste et universaliste se confond avec le mouvement social « anti-Macron » :

Une page Facebook (https://www.facebook.com/OnArreteToutes/) avec le hastag #OnArrêteToutes mobilise depuis mai 2019 pour une grève des femmes en France, le 8 mars 2020. Mais depuis novembre 2019, la page se consacre essentiellement à la mobilisation contre la réforme des retraites en appelant à « la grève générale », aux manifestations, à contribuer à la cagnotte de la CGT, à reproduire les chorégraphies d’Attac, à lire les tracts de Philippe Martinez de la CGT… Si bien qu’en consultant la page on ne sait plus s’il s’agit d’une page féministe préparant à une grève spécifique des femmes pour le 8 mars ou de la page du groupe femmes de la CGT.

La page Facebook #OnArrêteToutes a donné naissance à un regroupement dénommé les « Grandes Gagnantes » constituée de : la CGT, Attac, le CNDF, CQFD lesbiennes féministes, les Effrontées, Osez le féminisme, l’UNEF, la Marche Mondiale des Femmes, le collectif féministe Ruptures… qui reprenant visuels et mots d’ordre, appelle à la grève des femmes le 8 mars.

Des groupes féministes tels que la Marche Mondiale, le CNDF ou OLF se sont donc associés à l’UNEF (pro-voile et pro-prostitution), aux Effrontées (pro-voile et pro-prostitution) et à la CGT, pour revendiquer une convergence des luttes qui gomme toutes leurs divergences, la fin justifiant probablement les moyens. L’intersectionnalité des luttes a servi dans l’histoire à affaiblir les luttes des femmes au profit d’autres causes jugées prioritaires. Une fois de plus, les revendications propres aux femmes sont reléguées au second plan, en vue de servir d’autres desseins. A la lecture du tract, il apparaît clairement que l’objectif prioritaire est de dénoncer l’exploitation capitaliste et de s’allier au mouvement social anti-Macron contre la réforme des retraites : « En lutte, en grève, en manifestation depuis le 5 décembre pour exiger le retrait de la réforme des retraites ». Ne pas s’étonner si le 8 mars, déguisé.es en « Rosie la Riveteuse », au lieu de l’hymne des femmes c’est « A cause de Macron… » qui est entonné et si à la fin, guidées par des députées de la France Insoumise et une certaine sénatrice Verte peu coordonnée, elles brûlent l’effigie d’Emmanuel Macron et se lâchent à coups de violences symboliques. Une nouvelle tendance est née, le féminisme populiste.

Et aux extrêmes, avec les « Féministes révolutionnaires » c’est encore pire. Parce qu’au moins « Les Grandes gagnantes » ne franchissent pas certaines limites. Les « Féministes révolutionnaires » quant à elles, influencées par les Social Justice Warriors, sont dans une confusion absolue et pratiquent allègrement un racialisme décomplexé (« tu es noire » ; « l’oppression hétéro-patriarcale blanche ») ; banalisent les violences prostitutionnelles (« tu es travailleuse du sexe ») ; donnent dans le relativisme culturel et l’indigénisme (« nous revendiquons le port du voile et la lutte contre l’islamophobie d’état ») ; affichent un sectarisme de genre « sans hommes cis-genres »…

Pourtant, les français.es exigeant le retrait de la réforme des retraites sont minoritaires en France. Le ratio population active/retraitée est de plus en plus défavorable ; le système par répartition doit être sauvé ; les régimes complémentaires ARCCO/AGIRC par répartition et par points ont déjà fait la démonstration de leur efficacité ; la réforme n’est pas défavorable aux femmes, le gouvernement a dernièrement corrigé sa copie sur les droits familiaux et conjugaux de la retraite, en améliorant les points qui auraient pu pénaliser certaines femmes : https://www.lefigaro.fr/social/retraites-le-gouvernement-revoit-sa-copie-sur-les-droits-familiaux-et-conjugaux-20200214

Aussi vouloir amender et améliorer la réforme dans l’intérêt de toutes et tous plutôt que d’exiger son retrait est donc un choix parfaitement légitime. Les féministes qui ne sont convaincues ni par les arguments et encore moins par les méthodes de la CGT et des Gilets Jaunes, mais qui jugent plus opportun de négocier et amender le projet de loi, sont exclues de facto de cette mobilisation proposée par le mouvement mainstream pour le 8 mars. Il s’agit ni plus ni moins d’un détournement, d’une récupération politique du 8 mars JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES. Une fois de plus, d’autres agendas que féministes, divisent les femmes et les féministes.

De l’autre côté, des relativistes adeptes d’un pseudo « féminisme » essentialiste, racialiste, religieux et communautaire, nous serviront leurs couplets habituels sur la liberté de consentir à son oppression et sur l’impérieux besoin de décoloniser les savoirs, arts et cultures, enfin certains plus que d’autres.

En conclusion, la solidarité internationale semble avoir disparu des préoccupations des groupes féministes mainstream les plus visibles.

Il est décidément de plus en plus difficile de s’inscrire dans ce féminisme. Un féminisme intersectionnel quand il n’est pas essentialiste et relativiste, un féminisme à géométrie variable, qui ne juge pas opportun de défendre ou seulement du bout des lèvres, Mila, une jeune lesbienne mineure harcelée, menacée de mort et déscolarisée pour avoir rejeté avec un langage un peu cru, un dragueur musulman sur Internet et lui avoir exprimé sa détestation des religions, la sienne comprise. https://vigilantes2015.wordpress.com/2020/02/09/affaire-mila-revue-de-presse-feministe-et-laique/article blog VigilantEs

Un féminisme qui se tait quand à Telford et Roterham en Angleterre, des jeunes filles blanches de milieux sociaux défavorisés sont violées et prostituées par centaines par des gangs pakistanais ; ou quand 1 200 femmes sont agressées la nuit du nouvel an 2016 à Cologne, Hambourg et dans d’autres villes allemandes.

Les VigilantEs soutiennent les initiatives féministes universalistes et laïques organisées partout dans le monde, dans l’intérêt de toutes les femmes.

Les VigilantEs