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Afghanistan : une trentaine de morts, dont des femmes et des enfants, dans un attentat lors d’un meeting politique

samedi 7 mars 2020, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/06/plusieurs-morts-dans-une-attaque-contre-un-rassemblement-politique-en-afghanistan_6032065_3210.html


Afghanistan : une trentaine de morts, dont des femmes et des enfants, dans un attentat lors d’un meeting politique

L’attentat, qui a fait au moins 29 morts, est le premier à Kaboul depuis l’accord conclu entre les Etats-Unis et les talibans. Ces derniers ont nié toute responsabilité.

Le Monde avec AFP

Publié hier à 12h46, mis à jour à 00h41

Photo : A Kaboul, le 6 mars, sur les lieux de l’attaque. RAHMAT GUL / AP

C’est la première attaque dans la capitale depuis l’accord récemment conclu entre les talibans et les Etats-Unis. Vingt-neuf personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées, et 61 autres blessées, dans une attaque contre un rassemblement politique dans l’ouest de Kaboul, a fait savoir vendredi 6 mars le ministère de l’intérieur afghan.

Des photos sur les réseaux sociaux montrent des alignements de corps, dont certains ont le visage recouvert d’un morceau de tissu, signe qu’il s’agit de cadavres. Les unités des forces spéciales afghanes « mènent des opérations de nettoyage » de la zone, a déclaré le porte-parole du ministère de l’intérieur, Nasrat Rahimi, estimant que le bilan « évoluera ».

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué l’attaque via l’application Telegram, affirmant que deux djihadistes « ont visé un rassemblement d’apostats dans la ville de Kaboul avec des armes automatiques, des grenades et des lance-roquettes (…) ». Les talibans avaient nié toute responsabilité dans cette attaque contre une cérémonie commémorant la mort d’Abdul Ali Mazari, un politicien de la minorité hazara, dont les membres sont très majoritairement chiites dans un Afghanistan largement sunnite.

L’année dernière, un attentat au mortier revendiqué par l’organisation djihadiste Etat islamique lors de cette même cérémonie avait tué au moins 11 personnes. Les coups de feu ont cette fois été tirés d’un chantier proche de l’événement, a déclaré M. Rahimi, ajoutant que les forces spéciales afghanes et les forces de police étaient arrivées « rapidement » sur place.
Lire l’analyse : L’accord historique entre Américains et talibans ouvre un nouveau chapitre à l’issue incertaine

Trêve partielle rompue en début de semaine

Photo : A Kaboul, le 6 mars, sur les lieux de l’attaque. OMAR SOBHANI / REUTERS

De nombreux membres de l’élite politique afghane étaient présents, dont le chef de l’exécutif afghan, Abdullah Abdullah — qui affirme avoir remporté la présidentielle de septembre même si les résultats officiels le donnent perdant. L’ancien président Hamid Karzaï et l’ex-premier ministre Salahuddin Rabbani, également sur place, avaient quitté l’événement un peu plus tôt.

« Tous les responsables de haut niveau ont été évacués des lieux en toute sécurité », a commenté M. Rahimi. Les deux assaillants, qui avaient ouvert le feu à partir d’un chantier voisin, ont été abattus, a-t-il ajouté.

Le président Ashraf Ghani a dénoncé « un crime contre l’humanité ». « Les attaques contre des civils sont inacceptables et ceux qui commettent de tels crimes doivent rendre des comptes », a renchéri le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a également condamné cette « attaque odieuse ». « Attaquer des innocents sans défense lors d’une commémoration est un signe de faiblesse, pas une démonstration de force », a-t-il dit dans un communiqué, estimant que le « processus de paix en cours » devait justement permettre aux Afghans de former « un front uni face à la menace de l’EI ».

La trêve partielle levée par les talibans

Cette attaque survient moins d’une semaine après la signature d’un accord samedi dernier à Doha entre les Etats-Unis et les talibans, qui ouvre la voie à un retrait complet des troupes étrangères d’Afghanistan sous quatorze mois en échange de garanties des insurgés.

Une trêve partielle instaurée à la demande de Washington le 22 février a toutefois été levée lundi par les talibans, qui ont depuis lors multiplié les attaques contre les forces de sécurité afghanes, soulignant la difficulté d’un dialogue entre les insurgés et le gouvernement de Kaboul, autre condition de l’accord de Doha.

Le groupe Etat islamique, présent en Afghanistan depuis 2015, a multiplié les attaques contre la communauté chiite dans le pays. Ces derniers mois, il a été fragilisé par des frappes aériennes américaines et de multiples offensives des forces gouvernementales ainsi que des talibans. Chassés de son bastion du Nangarhar, province frontalière du Pakistan, ses combattants demeurent présents dans le territoire voisin du Kunar ainsi qu’à Kaboul.
Lire l’éditorial : Afghanistan : une paix en forme de défaite

Le Monde avec AFP