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France : Coronavirus : une infirmière délogée par ses propriétaires, le parquet de Montpellier ouvre une enquête

Des propriétaires coupent l’eau et le chauffage à la famille d’une infirmière

dimanche 5 avril 2020, par siawi3

Source : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/coronavirus-une-infirmiere-en-reanimation-expulsee-de-chez-elle-par-ses-proprietaires-inquiets-1585823971


Coronavirus : une infirmière délogée par ses propriétaires, le parquet de Montpellier ouvre une enquête

Jeudi 2 avril 2020 à 15:50 - Mis à jour le jeudi 2 avril 2020 à 22:20 -

Par Claire Moutarde,
France Bleu Hérault, France Bleu

Montarnaud, France

Une infirmière anesthésiste de l’hôpital Lapeyronie, au CHU de Montpellier, vient de quitter l’appartement qu’elle louait sous la pression de ses propriétaires à Montarnaud (Hérault). Ce couple de retraités ne voulait pas être infecté par le coronavirus. Le parquet ouvre une enquête.

Le procureur de la République de Montpellier ouvre une enquête préliminaire dans l’affaire de cette infirmière délogée de son domicile. Il s’agit « d’établir si les conditions dans lesquelles cette personne amenée à quitter son domicile étaient susceptibles de recevoir une ou plusieurs qualifications pénales ». Dans un communiqué de presse, le parquet explique que « le 31 mars, les gendarmes de la compagnie de Castelnau le Lez sont intervenus pour assister une personne, exerçant la profession d’infirmière au CHU de Montpellier, qui était contrainte, ainsi que sa famille, de quitter l’habitation qu’elle occupait ».

Une plainte de l’infirmière et une enquête préliminaire ouverte par le parquet

Mélina Florès a été entendu pendant près de cinq heures par les gendarmes.Elle a fait un dépôt de plainte.

L’issue de plusieurs jours de conflit décrit par Mélina Florès, infirmière anesthésiste qui travaille actuellement au service réanimation de l’hôpital La Peyronnie, au CHU de Montpellier. Elle vient de quitter le logement qu’elle occupait avec sa famille sous la pression des propriétaires. Un appartement au rez-de-chaussée qu’elle louait depuis juillet dernier avec son compagnon et sa fille de trois ans à Montarnaud, près de Montpellier. Les propriétaires, eux, se trouvent au premier étage.

Au début du confinement, elle décide de faire venir dans cet appartement sa fille de 20 ans, sa petite fille de 3 ans et sa maman, qui vivait dans une résidence pour personnes âgées à Montpellier. Pour ne pas prendre le risque de contaminer sa famille et pouvoir dormir à côté du CHU, elle décide de vivre dans le petit studio de sa fille de 20 ans, à Montpellier.
Des propriétaires inquiets qui mettent la pression sur l’infirmière

Mais les propriétaires, un couple de 75 et 80 ans, malades, ne veulent pas de tous ces gens dans l’appartement du bas. Ils commencent donc à rendre la vie insupportable aux occupants : ils les insultent, coupent le chauffage, l’eau chaude, l’antenne de la télévision, et font le plus de bruit possible très tôt le matin en déplaçant les meubles.

Ils nous ont dit qu’ils désinfecteraient après notre départ, mais on n’est pas des blattes

Mélina

Mélina et son compagnon tentent de discuter, d’expliquer leur situation. Mais rien n’y fait. Épuisée par ce conflit et par ses longues nuits de travail au CHU de Montpellier, Mélina finit par céder : sa mère est rentrée dans sa résidence pour personnes âgées, dans laquelle elle ne peut pas sortir de sa chambre. Son compagnon est retourné vivre chez ses parents à Gignac et sa fille et sa petite fille logent dans le studio à Montpellier. Mélina, elle, a pu bénéficier d’un logement gratuit Airbnb, via le dispositif Open Homes mis en place dans le cadre des mesures de solidarité auprès des soignants.

Mélina Florès a dû quitter son logement sous la pression des propriétaires

Mélina, infirmière anesthésiste délogée de chez elle par ses propriétaires

La mairie de Montarnaud a découvert cette histoire dans la presse : « Je suis catastrophé, consterné, dit Gérard Cabello le maire. Cette infirmière doit m’appeler, que nous organisions une réunion de conciliation. C’est d’autant plus terrible qu’il s’agit d’une infirmière qui se bat tous les jours auprès des malades du coronavirus, à qui nous devons tout notre soutien ».

°°°

Source : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/coronavirus-des-proprietaires-coupent-l-eau-et-le-chauffage-a-la-famille-d-une-infirmiere-7800350073

Coronavirus : des propriétaires coupent l’eau et le chauffage à la famille d’une infirmière

Près de Montpellier, des propriétaires ont forcé la famille de leur locataire infirmière à partir du logement en coupant l’eau, le chauffage et la télévision.

RTL Matin

Yves Calvi

Audio : ici 1:38

Patrick Isson Journaliste RTL
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publié le 02/04/2020 à 12:29

« Vous pouvez mourir mais pas chez nous. » En pleine crise du coronavirus, la France unie prônée par Emmanuel Macron a du plomb dans l’aile. Il y a toujours ces nombreux messages anonymes de voisins demandant aux infirmières de déménager. Mais un cran supplémentaire a été franchi près de Montpellier avec ces propriétaires pour le moins indélicats. Ces derniers ont décidé de couper l’eau, le chauffage et même la télé à la famille d’une infirmière.

L’infirmière, Mélina, est chaque jour au contact de patients porteurs du virus. Au début du confinement, elle avait pris la décision de rapatrier et de confiner dans le rez-de-chaussée d’une maison qu’elle occupe à Montarnaud, sa mère qui a une maladie pulmonaire, mais aussi sa fille et sa petite fille, qui restaient donc à l’abri avec son compagnon.

De son côté, Mélina était installée dans l’appartement de sa fille tout près de l’hôpital où elle travaille. Mais très vite, ce scénario a viré au cauchemar. Les propriétaires de la maison de Montarnaud qui vivent au-dessus du rez-de-chaussée loué par Mélina s’activent pour que ceux qu’ils considèrent comme des étrangers quittent ce lieu. Ces derniers ont d’abord coupé l’eau chaude, puis le chauffage de l’appartement.

L’infirmière obligée de quitter le logement

La situation est intenable. L’infirmière décide alors de lâcher la location. Elle est obligée d’appeler les gendarmes pour faire l’état des lieux. Les propriétaires exigent qu’une désinfection du logement soit réalisée et retenue sur la caution. Puis ils lui disent cette phrase terrible : « On s’en fout que vous attrapiez le virus, que vous en mourriez, mais pas chez nous ». L’infirmière est abasourdie, d’autant qu’au début du confinement, elle avait proposé aux propriétaires de faire leurs courses pour les protéger.