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Syrie : Plusieurs Françaises liées à l’Etat islamique s’évadent de camps en Syrie

mercredi 8 avril 2020, par siawi3

Source : https://www.liberation.fr/planete/2020/04/08/plusieurs-francaises-liees-a-l-etat-islamique-s-evadent-de-camps-en-syrie_1784578

Plusieurs Françaises liées à l’Etat islamique s’évadent de camps en Syrie

Par Luc Mathieu — 8 avril 2020 à 17:17
L’une de ces Françaises a été recapturée et emprisonnée par les forces kurdes, mais les autres se sont évaporées.

Plusieurs Françaises liées à l’Etat islamique s’évadent de camps en Syrie

Le camp de Al-Hol, dans le Nord-Est syrien, n’a jamais été bien gardé. Trop grand, surpeuplé, entouré de barbelés usés : environ 66 000 personnes y vivent dans des tentes, en majorité des femmes et des enfants, membres de familles liées à l’Etat islamique. Depuis la mi-mars, au moins trois Françaises, et plusieurs de leurs enfants, se sont évadées, selon nos informations. Une autre Française s’est, elle, échappée du camp de Roj, mieux gardé. Elle a été rattrapée et emprisonnée par les forces kurdes.

Les évadées d’Al-Hol courent toujours. L’une a profité d’un séjour à l’hôpital pour s’échapper. Les autres ont simplement disparu. Le plus probable est qu’elles tentent de franchir la frontière turque. Si elles réussissent, elles bénéficieront du protocole dit « Cazeneuve », un accord de coopération policière qui permet à la Turquie de les renvoyer en France, où elles seront arrêtées, placées en garde à vue ou directement mises en examen et incarcérées.

Elles peuvent aussi tenter, si elles ont les contacts et sont toujours radicalisées, de rejoindre des groupes de l’Etat islamique présents dans la région. Ils restent actifs, voire regagnent en puissance dans la zone de Deir Ezzor. Selon le média en ligne DeirEzzor 24, des cellules se manifestent à nouveau, menaçant ceux qui travaillent avec les autorités locales de l’administration autonome kurde et relançant les rackets. Les opérations militaires des Forces démocratiques syriennes, une alliance kurdo-arabe, contre les jihadistes ont largement diminué depuis la menace de la pandémie de Covid-19.

« Si le virus arrive, il se propagera très rapidement »

Les conditions de vie dans les camps, déjà précaires et où des cas de tuberculose ont été répertoriés, se sont, elles, encore dégradées. « Il y a beaucoup d’appréhension à propos de l’épidémie dans le camp de Roj. Certaines paniquent, d’autres s’en remettent à Dieu, explique un proche d’une Française. Les autorités kurdes ont revu quelques règles d’organisation. Il n’y a plus de queue pour récupérer les colis d’aide alimentaire. Ils passent en voiture dans le camp et les jettent devant les tentes. Il y a aussi un couvre-feu mais il n’est pas respecté, les gardes ne veulent pas s’approcher. Mais de toute façon, il y a trop d’enfants pour que cela soit tenable. Leurs mères ne peuvent pas les enfermer dans les tentes. Si le virus arrive, il se propagera très rapidement. »

Pour l’heure, aucun cas n’a été recensé. Mais aucun test n’a non plus été effectué. L’administration kurde n’en a pas. Elle a quand même envoyé des prélèvements en utilisant des kits prévus pour d’autres maladies à Damas, mais le régime syrien a refusé de les examiner. Pour limiter les risques de propagation, les effectifs des employés des camps ont été réduits et le nombre de leurs rotations diminuées. Les services médicaux ont encore été restreints un peu plus.

« La majorité sont des enfants »

Si l’épidémie venait à gagner le nord-est syrien, les conséquences seraient d’autant plus dramatiques que la région est coupée du monde. Le poste-frontière d’Al-Yarubiyah, en Irak, par où transitait l’aide de l’ONU, a été fermé en début d’année suite à un véto de la Russie au Conseil de sécurité. Celui de Fishkabour a lui été fermé après le déclenchement de la pandémie.

« Il est probable que le Covid-19 affectera le nord-est syrien, et toute la Syrie […]. On ne peut pas attendre des autorités du nord-est qu’elles supportent le fardeau de cette énorme crise humanitaire, indique l’International Crisis Group dans un rapport publié le 7 avril. La majorité de la population d’Al-Hol et de Roj sont des enfants, et qu’ils soient irakiens, syriens ou de n’importe quelle autre nationalité, leur survie et celle de ceux qui s’en occupent doivent être assurées. »

Les autorités kurdes demandent depuis la chute de l’Etat islamique, il y a plus d’un an à Al Baghouz, l’aide de la communauté internationale pour gérer les camps et les prisons de jihadistes. Elles réclament aussi en vain que les pays étrangers, dont la France, récupèrent leurs ressortissants.