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France : Violences familiales : les ex-musulmans en danger pendant le confinement

dimanche 19 avril 2020, par siawi3

Source : https://www.valeursactuelles.com/societe/violences-familiales-les-ex-musulmans-en-danger-pendant-le-confinement-118334

Violences familiales : les ex-musulmans en danger pendant le confinement

Nader Allouche

Samedi 18 avril 2020 à 17:00 19

Image d’illustration. Photo © Eric FEFERBERG / AFP

Alors que le Ramadan débutera le 23 avril, notre chroniqueur Nader Allouche alerte sur le risque accru de violences familiales en période de confinement, particulièrement chez les anciens musulmans sommés de se plier comme les autres aux règles de l’islam.

Avec le confinement, les violences familiales à l’encontre des ex-musulmans ont augmenté, et Ramadan approchant, leur situation est d’autant plus inquiétante. En effet, Ramadan est un mois violent. C’est un mois de bigoterie et d’extrémisme religieux, pendant lequel les puritains font encore plus de zèle que d’habitude. Les comportements déviants sont traqués et punis, et la pression est importante sur ceux qui, connus pour appartenir à une famille musulmane, mangent et boivent en public.

Il va sans dire que les ex-musulmans sont particulièrement concernés. Le gouvernement n’a eu aucun mot pour eux, alors qu’il s’est penché, insuffisamment certes, sur le problème des violences domestiques.

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Les ex-musulmans, des cibles particulièrement vulnérables

Pour beaucoup d’entre eux, les ex-musulmans sont des jeunes, souvent en situation de précarité, et des femmes, tout aussi fragiles. Ils sont donc aussi des femmes et des enfants battus, mais en l’absence d’un dispositif, qui leur serait spécifique, ils passent à travers les mailles du filet de la lutte contre les violences familiales.

Dans la vie normale, l’école, le travail et les nombreuses occasions de sortir du domicile familial constituaient des fenêtres d’aération, qui n’existent plus à cause du confinement. Le risque de dépression ou de suicide est sérieux.

Le gouvernement ne reconnait pas encore l’existence de persécutions contre les ex-musulmans en France.

Pour éviter des drames, la secrétaire d’Etat à l’Egalité, Marlène Schiappa, pourrait mettre en oeuvre diverses mesures d’assistance, notamment psychologique, financière et de relogement. Mais le gouvernement ne reconnait pas encore l’existence de persécutions contre les ex-musulmans, en France.

Pourtant, ce sont des milliers de français, qui, en périphérie de nos villes et en ruralité, sont maltraités à cause de leurs convictions, souvent par des proches. Aucune statistique avérée n’existe sur le sujet, même si les ex-musulmans commencent à apparaître dans les débats de société, relayés dans la presse.

Le 24 novembre 2019, l’Obs publiait une enquête controversée sur les « anciens musulmans qui fustigent l’islam ». Valeurs actuelles fut un des premiers journaux à dénoncer les lacunes méthodologiques et déontologiques de ce brûlot, qui associait les ex-musulmans à l’extrême droite. Résultat : l’Obs a été obligé de publier un correctif embarrassant de ses journalistes. Mais le mal était fait.

Le sort des anciens musulmans, peu ou proue comparable à celui des chrétiens d’Orient

En effet, le silence général sur le sort des anciens musulmans, peu ou proue comparable à celui des chrétiens d’Orient, est le résultat d’une campagne, menée par des groupes indigénistes et des personnalités affiliées, pour amalgamer apostasie et critique de l’islam avec l’extrême droite. On l’observe tout particulièrement dans la rhétorique de militants comme Rokhaya Diallo ou Fatiha Bouteldja sur Zineb El-Razhaoui, figure phare du mouvement des « ex-muslims ».

Il est capital de sortir de ce piège, pour assister les ex-musulmans qui ont plus que jamais besoin d’aide, à cause du confinement et du coronavirus. Le gouvernement peut décider d’appuyer les associations déjà existantes, comme le Conseil des Ex-Musulmans de France, qui compte 10 000 abonnés sur Facebook et administre la page Twitter @Ex_MuslimTV. Cette webtélé a un mot d’ordre qui, je pense, doit être aussi le nôtre : « You’re not alone » (en français : « Vous n’êtes pas seuls »).

C’est précisément ces derniers-mots que je souhaite adresser à nos concitoyens ex-musulmans : « Vous n’êtes pas (plus ?) seuls. »