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France : Terrorisme : en France, 130 détenus radicalisés libérables

jeudi 23 avril 2020, par siawi3

Source : https://www.lepoint.fr/societe/terrorisme-en-france-130-detenus-radicalises-liberables-23-04-2020-2372623_23.php

Terrorisme : en France, 130 détenus radicalisés libérables

VIDÉO. Réorganisés pour faire face à la crise sanitaire, les services de renseignements craignent de manquer d’agents pour suivre au plus près ces ex-détenus.

Par Aziz Zemouri

Modifié le 23/04/2020 à 14:25 - Publié le 23/04/2020 à 12:13 | Le Point.fr

Le 8 avril dernier, petite tempête au sein des ministères de la Justice et de l’Intérieur. Le Point annonce un chiffre inquiétant : « 130 détenus radicalisés libérés pour raison sanitaire ». Nous ajoutions dans notre article : « La libération de 130 détenus condamnés dans des dossiers terroristes est programmée à quelques mois ou quelques semaines de la fin de leur peine, selon plusieurs sources au sein des services de renseignements. »

Aussitôt, concert de dénégations. Un chiffre faux, répond le gouvernement. Vraiment ? Auditionné devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale le 15 avril dernier, Stéphane Bredin, le directeur de l’administration pénitentiaire, a lui aussi commenté : « Un hebdomadaire a annoncé que 130 détenus radicalisés avaient été libérés. C’est faux ! Ce nombre est celui des détenus suivis au titre de la radicalisation par le service national du renseignement pénitentiaire qui sont éligibles aux remises de peine supplémentaires exceptionnelles (liées à la crise sanitaire, selon l’article 28 de l’ordonnance du 25 mars, NDLR) ou aux assignations à domicile. »

130 détenus radicalisés éligibles à une libération pour raison sanitaire

En clair, que comprendre ? Que si les 130 détenus dont nous parlions ne sont certes pas encore tous libérés, tous sont effectivement éligibles, comme nous l’écrivions, à une sortie de prison pour raison sanitaire. C’est d’ailleurs ce que Stéphane Bredin va confirmer quelques instants plus tard, toujours devant la représentation nationale : « Ce sont les 130 personnes libérables dans moins de trois mois selon les fins de peine classiques et qui pourraient bénéficier des mesures exceptionnelles de l’ordonnance du 25 mars. »

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Le directeur relativise cependant en affirmant que tous ces détenus « avaient la perspective d’une sortie très prochaine, parfois dans quelques jours. Ces 130 personnes sont inscrites au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) ». Ce chiffre, Éric Diard, le député LR des Bouches-du-Rhône, fort de ses contacts dans les services de renseignements à la suite de son rapport sur la radicalisation dans les services publics, l’avait également cité en commission des Lois.

Moins d’agents du renseignement pour les surveiller

Dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, en raison du risque de propagation du Covid-19, l’ordonnance du 25 mars 2020 prévoit en effet qu’un détenu condamné à une peine d’emprisonnement d’une durée inférieure ou égale à cinq ans, « à laquelle il reste à subir un emprisonnement d’une durée égale ou inférieure à deux mois, exécute le reliquat de sa peine en étant assigné à son domicile, avec l’interdiction d’en sortir, sous réserve des déplacements justifiés par des besoins familiaux, professionnels ou de santé impérieux ».

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Ces détenus fichés comme étant liés à la mouvance islamiste radicale étaient censés être libérés à court ou moyen terme. Néanmoins, nos sources issues du renseignement remettaient en cause le moment choisi pour leur libération : « Nous sommes autant touchés par le coronavirus que le reste de la population, infectés ou confinés pour des raisons familiales, etc. Les services ont été réorganisés en tenant compte de la crise sanitaire. Nous avons moins d’agents disponibles pour suivre un fiché FSPRT sorti de détention. »

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