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France : Propos racistes lors d’une interpellation en Seine-Saint-Denis : une plainte pour violences policières

samedi 9 mai 2020, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/09/propos-racistes-lors-d-une-interpellation-en-seine-saint-denis-plainte-pour-violences-policieres_6039191_3224.html

Propos racistes lors d’une interpellation en Seine-Saint-Denis : une plainte pour violences policières

« Un bicot, ça ne nage pas », avait déclaré l’un des policiers qui avait été filmé après avoir repêché Samir, 28 ans, dans la Seine, avant une suspicion de violences volontaires. Deux agents ont déjà été suspendus.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui 9 mai 2020 à 17h49, mis à jour à 18h56

L’homme qui avait essuyé des propos racistes de la part de policiers qui l’interpellaient à L’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) fin avril, a porté plainte pour violences policières samedi 9 mai, selon son avocat et le parquet de Bobigny. La plainte contre X, dont l’Agence France-Presse a obtenu copie, a été déposée auprès du parquet pour des faits remontant à la nuit du 25 au 26 avril.

Agé de 28 ans, Samir, ouvrier dans le bâtiment de nationalité égyptienne actuellement sans emploi, a porté plainte pour « violences volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail non déterminée à ce jour, en réunion, avec usage ou menace d’une arme, par personnes dépositaires de l’autorité publique » et à caractère raciste.

Lire aussi Propos racistes lors d’une interpellation policière : l’IGPN saisie de deux enquêtes

Cet habitant de Seine-Saint-Denis, sans papiers et qui vit depuis plus de dix ans en France, porte également plainte pour « violation de liberté individuelle », ainsi que pour « destruction de bien privé », son téléphone portable ayant été brisé par un policier.

Deux policiers suspendus

Cette nuit-là, Samir se serait jeté dans la Seine par « peur de violences policières », étant notamment en situation irrégulière, rapporte son avocat Arié Alimi. Les autorités judiciaires avaient, elles, fait savoir que les policiers poursuivaient deux hommes soupçonnés de vol sur un chantier à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), commune limitrophe de L’Ile-Saint-Denis. Mais l’enquête a été classée sans suite.

Aussitôt menotté après avoir atteint la rive opposée du fleuve, le jeune homme aurait reçu « de nombreux coups de pied, poing et matraque, de la part de (…) sept ou huit » agents, incriminant « en premier lieu » le commissaire divisionnaire d’Asnières, présent sur place.

Les coups continuent alors que Samir est conduit dans un fourgon, sous les insultes des policiers, puis dans le fourgon lui-même, de la part de trois policiers hommes et d’une femme qui lui aurait « écras[é] la tête au sol avec son pied », selon la plainte.

Unevidéo, prise par des habitants et publiée sur les réseaux sociaux, notamment par le journaliste militant Taha Bouhafs, permet d’entendre les propos racistes des policiers – dont deux ont été depuis suspendus – puis des cris de douleur, présentés comme ceux de l’interpellé, accompagnés de rires semblant émaner des fonctionnaires de police.

Au commissariat d’Asnières, où il est conduit, le policier chargé de sa fouille aurait par ailleurs « bris[é] à coups de matraque » son téléphone portable. Arrêté peu avant 2 heures, Samir était finalement libéré vers 17 h 20, sans avoir été assisté d’un avocat et « hors de tout cadre légal », selon Me Alimi.

Le Monde avec AFP