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Controverse trans sur ce que c’est qu’être une femme

mardi 16 juin 2020, par siawi3

Source : https://tradfem.wordpress.com/2020/06/11/on-ne-lynchera-pas-janet-k-rowling-aussi-facilement/

Joanne K. Rowling refuse de se laisser lyncher

TRADFEM / Il y a 3 jours

Photo : Meghan Murphy, éditrice du site Feminist Current

1) LE MONDE FAIT LA SOURDE OREILLE À PROPOS DE JK ROWLING .

9 juin 2020

par Meghan Murphy, sur Feminist Current

Samedi dernier, l’autrice de la série de romans et films Harry Potter, JK Rowling, a partagé sur Twitter un article que quelqu’un avait intitulé « Créer un monde post-Covid19 plus égalitaire pour les personnes menstruées ». Elle y a ajouté la remarque : « Les personnes menstruées… je suis certaine que l’on avait un nom pour ça avant. Aidez-moi, fomes ? fames ? fimales ? »

Pour celles et ceux d’entre nous qui ont observé l’éviction du mot « femme » de tout ce qui a trait au féminin – des règles à la grossesse en passant par la vulve – nous sommes tout à fait au courant de ce que cette phrase codée signifiait.

Faire référence aux femmes en tant que « personnes menstruées » n’est pas un accident : c’est fait pour afficher une « inclusivité ». Qui, pourriez-vous demander, a besoin d’être « inclus » dans la catégorie des « personnes menstruées » au-delà de, ben… celles qui sont menstruées ? A savoir celles autrefois connues sous le nom de « femmes ».

Aujourd’hui bien sûr, des mots comme « femme » sont devenus tabous. Certaines femmes préfèreraient être des hommes et certains hommes se disent femmes. Il y a des « pénis de femmes » et des « hommes qui enfantent ». C’est une nouvelle ère, et le narcissisme humain a évolué au-delà de la nature. Après tout, qu’est-ce que la biologie face à un choix de ses pronoms sur Twitter ?

D’une certaine façon, il est déprimant d’assister au niveau de célébration relayé en ligne par les femmes (saines d’esprit) en réponse au tweet de JK Rowling. Il est triste que des phrases comme « les personnes menstruées » soient déjà tellement normalisées que de les remettre en question semble révolutionnaire.

Mais le tollé a été immédiat. JK Rowling a été traitée de TERF, maléfique, salope, ordure et j’en passe.

A few Twitter replies to Rowling

Montage d’une partie des injures obscènes adressées à JK Rowling par des transactivistesici

Le mannequin transactiviste Monroe Bergdorf (NDT : il s’est approprié le label Twitter « Black Lives Matter ») a accusé Rowling d’être « transphobe » et a prétendu que Rowling et les autres adeptes de la réalité constituaient « une énième branche de la suprématie blanche ».

« Je vous rappelle qu’avant que les cultures indiennes indigènes aient été effacées par les idées coloniales de binarité, le genre était quelque chose de fluide et les personnes trans étaient considérées comme des guides spirituels et des chefs de file. Ce culte des femmes blanches transphobes en Angleterre est juste une énième branche de la suprématie blanche.”
— Black Lives Matter ????? (@MunroeBergdorf) 7 juin 2020

Ben O’Keefe, ancien conseiller senior de la sénatrice Elizabeth Warren, a répondu « ferme-la, putain de transphobe »

« Cette femme est une ordure. Ferme-la, putain de transphobe. Tu ne connais rien à l’amour et tu n’aimes aucun trans si tu n’es même pas capable de reconnaitre leur existence. Merci de ruiner les livres qui ont bercé mon enfance. Arrête juste de parler. On sait que tu es une TERF. Tu n’as pas besoin de continuer à faire ça.
— Ben O’Keefe (@benjaminokeefe) 6 juin 2020

JK Rowling s’est défendue en expliquant :

“L’idée que les femmes comme moi, qui font preuve d’empathie avec les personnes trans depuis des décennies, qui ont reconnu avec elles des similitudes, car elles sont également vulnérables – c.-à-d. à la violence masculine – ‘haïssent’ les personnes trans parce qu’elles pensent que le sexe est réel et a des conséquences réelles, est un non-sens”

Elle a ajouté :

“Si le sexe n’est pas réel, l’homosexualité n’existe plus. Si le sexe n’est pas réel, la réalité des vies des femmes à travers le monde est gommée. Je connais et j’aime des personnes trans, mais effacer la notion de sexe supprime la possibilité pour beaucoup de décrire leur vie. Il n’y a rien de haineux à dire la vérité.”

Il est étrange de constater que quelqu’un ressent le besoin d’ajouter une mise en garde pour expliquer que reconnaître que seules les femmes sont menstruées n’est pas de la “haine”. C’est presque plus étrange encore d’avoir à le dire à des adultes qui comprennent sûrement maintenant comment sont faits les bébés et qui ont dépassé l’étape de la puberté. Celleux d’entre nous qui ont tenté d’affirmer publiquement des faits de base tels que “les hommes ne sont pas des femmes” et “ce n’est pas de la haine de dire la vérité” connaissent trop bien le déchaînement d’hystérie que nous pouvons aujourd’hui attendre en retour, même si le fait que nous nous y accoutumions ne rend pas la chose moins déconcertante.

Je n’ai jamais compris comment quiconque peut rester silencieux face à l’érosion de l’existence des femmes, ou ne rien dire alors que nos amies et collègues insistent pour dire que ceux qui comprennent la définition du dictionnaire du mot “femme” sont sectaires. Et il semblerait que JK Rowling en soit arrivée à cette étape.

La grandiose levée de boucliers, la haine et la misogynie sont devenues la norme. La réaction qu’essuie quelqu’un comme JK Rowling démontre à quel point les transactivistes et leurs allié-e-s sont si habitué-e-s au pouvoir d’intimider célébrités, politiciens, amis et membres de leur famille dans le but de les soumettre, qu’ils ne peuvent simplement pas accepter qu’une femme célèbre sorte du rang. Il est choquant pour eux de perdre leur contrôle quasi total sur les femmes et les libéraux, qui sont censés se soucier plus d’être appréciés que de rappeler des évidences. La doctrine du culte actuel — que l’on appelle parfois “culture de l’annulation” (“cancel culture”) — exige que nous confessions nos péchés et implorions le pardon des petits dieux régnant sur les réseaux sociaux. Elle exige de considérer que les rebelles sont prises d’une “crise de la quarantaine” plutôt que d’admettre qu’elles sont en train de se battre pour la vérité ou de défendre d’autres femmes attaquées pour le même crime.

Harry Potter en personne (le comédien Daniel Radcliffe) s’est senti “obligé” de prendre la parole et de déclarer publiquement sa foi, en écrivant :

“Les femmes trans sont des femmes. Toute déclaration contraire nie l’identité et la dignité des personnes transgenre et va à l’encontre de tous les avis donnés par les professionnels des institutions sociales qui ont une bien plus grande expertise sur ce sujet que JK Rowling ou moi-même. Selon le Trevor Project, 78 % des jeunes personnes trans et non binaires sont la cible de discrimination à cause de leur identité de genre. Il est clair que nous devons en faire plus pour soutenir les personnes transgenres et non binaires, plutôt que d’invalider leurs identités ou de leur causer plus de tort.”

Il n’est pas clair en quoi la reconnaissance du fait que seules les femmes sont menstruées puisse faire du tort aux “personnes transgenres et non binaires”, mais là n’est pas le message. Le message, c’est qu’Harry Potter est maintenant sain et sauf, puisqu’il s’est dissocié de la sorcière. Il a consciencieusement ajouté une bûche au bûcher.

Depuis quelque temps maintenant, nous avons l’impression de toustes vivre dans un monde bizarre, dans lequel les femmes qui osent dire la vérité sont bannies et virtuellement mises au bûcher. Et bien que je ne sois pas plus intéressée par ce que les célébrités ou les intellectuels ont à dire que par ce que pensent de parfaits inconnus, je me demande si les réponses adressées à JK Rowling vont faire ouvrir les yeux aux gens et mener à plus de prises de parole et d’assertions signalant que l’empereur est nu, et que les personnes qui le disent ne sont ni des monstres ni des personnes haineuses, mais simplement saines d’esprit.

Je me demande si cette expérience amènera JK Rowling à se joindre aux femmes qui se battent contre tout ça publiquement ou si elle se laissera réduire au silence dans l’espoir d’éviter de nouveaux supplices. Il semble évident qu’il n’y a pas de victoire possible face à ce public-là ? ; aucun niveau de politesse, de servilité ou de rationalisation ne pourrait prévenir la virulence et la misogynie balancée à ces femmes qui luttent contre l’idéologie de l’identité de genre. Soit tu y vas à fond soit tu t’abandonnes entièrement pour te plier en quatre et adopter toujours de nouvelles exigences de plus en plus insensées, en déformant ton langage d’une façon qui devrait sembler sacrilège à tout-e écrivain-e. La voie à suivre me semble évidente.

Traduction : Maeva Guilene et TRADFEM

°°°

2) J.K. Rowling parle de ses raisons de s’exprimer sur les questions de sexe et de genre.

J. K. Rowling,

10 juin 2020, sur son site

Avertissement : Le présent texte contient des propos inadaptés à des enfants.

Cet article ne m’est pas facile à écrire, pour des raisons qui seront bientôt manifestes, mais je sais qu’il est temps de m’expliquer sur une question lourde en toxicité. J’écris ceci sans vouloir ajouter à cette toxicité.

Pour ceux qui ne le savent pas : en décembre dernier, j’ai tweeté mon soutien à Maya Forstater, une fiscaliste britannique qui avait perdu son emploi pour des tweets jugés « ?transphobes ? ». Elle a porté son affaire devant un tribunal du travail, demandant au juge de se prononcer sur la protection juridique d’une croyance philosophique selon laquelle le sexe est déterminé par la biologie. Le juge Tayler a statué que ces propos n’étaient pas protégés.

Mon intérêt pour les questions trans a précédé de près de deux ans la cause de Maya, pendant laquelle j’ai suivi de près le débat autour du concept d’identité de genre. J’ai rencontré des personnes trans, et j’ai lu divers livres, blogues et articles de personnes trans, de spécialistes des questions de genre, de personnes intersexuées, de psychologues, d’experts en protection des personnes, de travailleurs sociaux et de médecins, et j’ai suivi les propos exprimés en ligne et dans les médias traditionnels. D’un côté, mon intérêt pour cette question est professionnel, car j’écris une série télé policière contemporaine, et ma détective fictive est en âge de s’intéresser à ces questions et d’en être elle-même affectée, mais d’un autre côté, c’est intensément personnel, comme je vais l’expliquer.

Tout le temps que j’ai passé à faire des recherches et à me renseigner, j’ai vu proliférer des accusations et des menaces de la part de transactivistes sur mon compte Twitter. Au départ, tout a été déclenché par un simple « ?like ? ». Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’identité de genre et aux questions relatives aux transgenres, j’ai commencé à transcrire les commentaires qui m’intéressaient, afin de me rappeler ce sur quoi je pourrais vouloir faire des recherches plus tard. À une occasion, j’ai « ?liké ? » distraitement un commentaire au lieu de faire une capture d’écran. Ce simple « ?J’aime ? » a été considéré comme une preuve de pensée incorrecte, et j’ai commencé à subir du harcèlement, à un niveau faible mais persistant.

Quelques mois plus tard, j’ai aggravé mon cas de « ?j’aime ? » accidentel en suivant Magdalen Berns sur Twitter. Magdalen était une jeune féministe et lesbienne immensément courageuse qui se mourait d’une tumeur cérébrale agressive. Je l’ai suivie parce que je voulais la contacter directement, ce que j’ai réussi à faire. Cependant, comme Magdalen était une grande croyante en l’importance du sexe biologique, et ne croyait pas que les lesbiennes devaient être traitées de fanatiques si elles refusaient de fréquenter des transsexuelles dotées d’un pénis, mon cas s’est aggravé aux yeux des transactivistes de Twitter, et le niveau de violence à mon égard s’est mis à monter sur les médias sociaux.

Je mentionne tout cela uniquement pour expliquer que je savais parfaitement ce qui allait se passer lorsque j’ai soutenu Maya. Je devais alors en être à ma quatrième ou cinquième annulation de conférence. Je m’attendais à des menaces de violence, à ce qu’on me dise que je tuais littéralement les trans avec ma haine, à ce qu’on me traite de salope et de connasse et, bien sûr, à ce que mes livres soient brûlés, bien qu’un homme particulièrement violent m’ait annoncé qu’il les avait compostés.

Ce à quoi je ne m’attendais pas à la suite de ces annulations, c’est l’avalanche de courriels et de lettres qui s’est abattue sur moi, dont l’écrasante majorité était positive, reconnaissante et d’un grand soutien. Ces messages provenaient d’un échantillon de personnes aimables, empathiques et intelligentes, dont certaines travaillaient dans des domaines traitant de la dysphorie de genre et des personnes transgenres. Ces gens sont tous et toutes profondément préoccupées par la façon dont un concept sociopolitique influençait la politique, la pratique médicale et la protection des personnes. Elles s’inquiètent des dangers qui menacent les jeunes, les homosexuels et de l’érosion des droits des femmes et des filles. Par-dessus tout, elles s’inquiètent d’un climat de peur qui ne sert personne, et encore moins les jeunes transsexuels.

J’avais pris du recul par rapport à Twitter pendant de nombreux mois, avant et après avoir tweeté mon soutien à Maya, parce que je savais que cela ne faisait rien de bon pour ma santé mentale. Je suis seulement revenue parce que je voulais partager un livre gratuit pour enfants pendant la pandémie. Immédiatement, des militants qui se croient manifestement bons, gentils et progressistes ont afflué sur mon compte, assumant un droit de policer mes propos, m’accusant de haine, m’accablant d’insultes misogynes et, surtout — comme le savent toutes les femmes participant à ce débat — me traitant de « ?TERF ? ».

Si vous ne le saviez pas déjà — et pourquoi le sauriez-vous ?? – « ?TERF ? » est un acronyme créé par des transactivistes, qui signifie Trans-Exclusionary Radical Feminist. Dans la pratique, un vaste échantillon de femmes très diverses sont actuellement traitées de TERF, même si l’immense majorité d’entre elles n’ont jamais été féministes radicales. Les exemples de ce qu’on appelle les TERF vont de la mère d’un enfant gay qui craignait que son enfant ne veuille « ?transitionner ? » pour échapper à l’intimidation homophobe, à une vieille dame jusqu’ici totalement non féministe qui a juré de ne plus jamais visiter Marks & Spencer parce qu’ils autorisent tout homme qui dit s’identifier comme femme à pénétrer dans les vestiaires des femmes. Ironiquement, les féministes radicales ne sont même pas trans-exclusives — elles incluent les hommes trans dans leur féminisme, parce qu’ils sont nés femmes.

Mais les accusations d’être TERF ont été suffisantes pour intimider de nombreuses personnes, institutions et organisations que j’admirais autrefois, qui plient et se recroquevillent devant ces tactiques de cour de récréation. Ils nous traiteront de transphobes ?! Ils diront que je déteste les transsexuels ?! Et ensuite, ils diront que vous avez des puces ?? En tant que femmes biologiques, beaucoup de personnes en position de pouvoir ont vraiment besoin de se faire pousser une paire de couilles (ce qui est sans doute littéralement possible, selon le genre de personnes qui soutiennent que les poissons-clowns prouvent que les humains ne sont pas une espèce dimorphe).

Alors pourquoi est-ce que je fais cela ?? Pourquoi parler ?? Pourquoi ne pas faire mes recherches tranquillement et garder la tête baissée ??

Eh bien, j’ai cinq raisons de m’inquiéter du nouveau transactivisme et de décider que je dois prendre la parole.

Tout d’abord, je possède une fondation caritative qui cherche surtout à réduire les privations sociales en Écosse, en mettant l’accent sur les femmes et les enfants. Entre autres choses, ma fondation soutient des projets pour les femmes détenues et pour les survivant-e-s de violences domestiques et sexuelles. Je finance également la recherche médicale sur la sclérose en plaques, une maladie qui se comporte très différemment chez les hommes et les femmes. Il est clair pour moi depuis un certain temps que le nouvel activisme trans a (ou aura probablement, si toutes ses exigences sont satisfaites) un impact significatif sur de nombreuses causes que je soutiens, car il pousse à éroder la définition légale du sexe et à la remplacer par la notion de genre.

La deuxième raison est que je suis une ancienne enseignante et la fondatrice d’une association caritative pour enfants, ce qui me suscite chez moi un intérêt à la fois pour l’éducation et pour la sauvegarde des personnes. Comme beaucoup d’autres, je suis très préoccupée par l’effet du mouvement transgenriste sur ces deux enjeux sociaux.

La troisième est qu’en tant qu’autrice très interdite, je m’intéresse à la liberté d’expression et je l’ai défendue publiquement, même jusqu’à celle de Donald Trump.

La quatrième est que les choses commencent à devenir vraiment personnelles. Je suis préoccupée par l’explosion du nombre de jeunes femmes qui souhaitent « ?changer de sexe ? » et par le nombre croissant de celles qui semblent « ?détransitionner ? » (revenir à leur sexe d’origine), parce qu’elles regrettent d’avoir pris des mesures qui, dans certains cas, ont modifié leur corps de manière irréversible et leur ont enlevé leur fertilité. Certains disent avoir décidé de transitionner après avoir réalisé qu’elles étaient attirées par les personnes de leur sexe, et que cette transition était en partie motivée par l’homophobie, soit dans la société, soit dans leur famille.

La plupart des gens ne sont probablement pas conscients — je ne l’étais certainement pas, jusqu’à ce que je commence à faire des recherches sur cette question — qu’il y a dix ans, la majorité des personnes souhaitant passer au sexe opposé étaient des hommes. Ce rapport s’est aujourd’hui inversé. Le Royaume-Uni a connu une augmentation de 4 ?400 % du nombre de filles qui se voient orientées vers un traitement de transition. Les filles autistes sont largement surreprésentées dans leur nombre.

Le même phénomène a été observé aux États-Unis. En 2018, Lisa Littman, médecin et chercheuse américaine en santé publique, a entrepris de l’étudier. Dans une interview, elle a déclaré :

« ?Les parents sondés en ligne ont décrit un modèle très inhabituel d’identification des transgenres, où plusieurs ami-e-s et même des groupes entiers d’ami-e-s s’identifiaient en même temps comme transgenres. J’aurais été négligente si je n’avais pas considéré la contagion sociale et l’influence des pairs comme des facteurs possibles.? »

Littman a mentionné l’influence de Tumblr, Reddit, Instagram et YouTube comme facteurs contribuant à ce qu’elle a appelé la dysphorie de genre à déclenchement rapide (Rapid-Onset Gender Dysphoria), où elle estime que dans le domaine de l’identification des transgenres, « ?les jeunes ont créé des chambres d’écho particulièrement insulaires ? ».

Son article a été accueilli avec fureur. Elle a été accusée de partialité et de diffusion d’informations erronées sur les transsexuel-le-s, victime d’un tsunami d’agressions et d’une campagne concertée visant à discréditer à la fois son travail et elle-même. La revue qui l’avait publiée a d’abord retiré son article d’Internet et l’a revu avant de le republier. Cependant, sa carrière a subi un coup similaire à celui subi par Maya Forstater. Lisa Littman avait osé remettre en question l’un des principes centraux du transactivisme, à savoir l’idée que l’identité de genre d’une personne est innée, comme l’orientation sexuelle. Personne, insistaient les activistes, ne pouvait jamais être influencé-e ou persuadé-e d’être trans.

L’argument de nombreux transactivistes actuel-le-s est que si vous ne laissez pas une adolescente dysphorique transitionner, elle se suicidera. Dans un article expliquant pourquoi il a démissionné de la clinique britannique Tavistock (une « ?clinique de genre ? » du National Health Service au Royaume-Uni), le psychiatre Marcus Evans a déclaré que les affirmations selon lesquelles les enfants se suicident s’ils ne sont pas autorisés à transitionner « ?ne correspondent pas de manière substantielle à des données ou des études solides dans ce domaine. Elles ne correspondent pas non plus aux cas que j’ai rencontrés au cours de mes décennies de travail en tant que psychothérapeute ? ».

Les écrits des jeunes transsexuel-le-s révèlent un groupe de personnes particulièrement sensibles et intelligentes. Plus j’ai lu leurs récits sur la dysphorie de genre, avec leurs descriptions perspicaces de l’anxiété, de la dissociation, des troubles alimentaires, de l’automutilation et de la haine de soi, plus je me suis demandée si, eussé-je vu le jour 30 ans plus tard, j’aurais pu moi aussi essayer de « ?changer de sexe ? ». L’attrait d’échapper à la féminité aurait été énorme. J’ai été confrontée à de graves troubles obsessionnels compulsifs pendant mon adolescence. Si j’avais trouvé sur Internet une communauté et une sympathie que je ne trouvais pas dans mon environnement immédiat, je crois que j’aurais pu être persuadée de devenir le fils que mon père avait ouvertement dit qu’il aurait préféré.

Quand je lis la théorie de l’identité sexuelle, je me souviens de mon sentiment d’absence de sexe dans ma jeunesse. Je me souviens de la description de Colette comme « ?hermaphrodite mentale ? » et des mots de Simone de Beauvoir : « ?tout naturellement, la future femme s’indigne des limitations que lui impose son sexe. C’est mal poser la question que de demander pourquoi elle les refuse : le problème est plutôt de comprendre pourquoi elle les accepte.? » (Le Deuxième sexe, tome 2, p. 199)

Comme je n’avais pas de possibilité réaliste de devenir un homme dans les années 1980, ce sont les livres et la musique qui m’ont permis de surmonter mes problèmes de santé mentale, ainsi que l’examen et le jugement sexualisés qui poussent tant de filles à faire la guerre à leur corps pendant leur adolescence. Heureusement pour moi, j’ai trouvé mon propre sens de l’altérité, et mon ambivalence à propos de ma condition de femme, reflétée dans le travail d’écrivaines et de musiciennes qui m’ont rassurée en me disant que, malgré tout ce qu’un monde sexiste essaie de jeter sur le corps féminin, c’est bien de ne pas se sentir rose, froufrou et docile dans sa propre tête ? ; c’est bien de se sentir confuse, sombre, à la fois sexuelle et non sexuelle, incertaine de ce que l’on est ou de qui l’on est.

Je tiens à être très claire à ce sujet : je sais que la transition sera une solution pour certaines personnes dysphoriques, mais je sais aussi que des études approfondies ont montré qu’entre 60 et 90 % des adolescents dysphoriques échapperont d’elles-mêmes à cette dysphorie. On m’a toujours enjoint d’aller « ?rencontrer des personnes trans ? ». C’est ce que j’ai fait : en plus de quelques jeunes gens, qui étaient tous adorables, il se trouve que je connais une femme transsexuelle qui se décrit comme étant plus âgée que moi et merveilleuse. Bien qu’elle soit ouverte sur son passé d’homosexuel, j’ai toujours eu du mal à la considérer autrement que comme une femme, et je crois (et j’espère certainement) qu’elle est tout à fait heureuse d’avoir transitionné. Cependant, étant plus âgée, elle a subi un long et rigoureux processus d’évaluation, de psychothérapie et de transformation par étapes. L’explosion actuelle du transactivisme exige la suppression de presque tous les systèmes solides par lesquels les candidats au « ?changement de sexe ? » devaient autrefois passer. Un homme qui a l’intention de ne pas subir d’opération et de ne pas prendre d’hormones peut désormais être assuré d’obtenir un certificat de reconnaissance de genre et de devenir une femme aux yeux de la loi. Beaucoup de gens ne sont pas conscients de cela.

Nous vivons la période la plus misogyne que j’aie connue. Dans les années 80, j’imaginais que mes futures filles, si j’en avais, auraient une vie beaucoup plus facile que la mienne, mais entre le contrecoup du féminisme et une culture en ligne saturée de porno, je crois que les choses ont considérablement empiré pour les filles. Je n’ai jamais vu de femmes dénigrées et déshumanisées à ce point. Du leader du monde libre, qui a une longue histoire d’accusations d’agressions sexuelles et qui se vante de les « ?prendre par la chatte ? », au mouvement incel (« ?célibat involontaire ? ») qui rage contre les femmes qui ne leur donnent pas de sexe, en passant par les transactivistes qui déclarent que les « ?TERF ? » ont besoin d’être punies et rééduquées, les hommes de tout l’éventail politique semblent être d’accord : les femmes cherchent les ennuis. Partout, on dit aux femmes de se taire et de s’asseoir, sinon….

J’ai lu tous les arguments sur le fait que la féminité ne réside pas dans le corps sexué, et les affirmations selon lesquelles les femmes biologiques n’ont pas d’expériences communes, et je les trouve, elles aussi, profondément misogynes et régressives. Il est également clair que l’un des objectifs de la négation de l’importance du sexe est d’éroder ce que certains semblent considérer comme l’idée cruellement ségrégationniste selon laquelle les femmes ont leurs propres réalités biologiques ou — tout aussi menaçante — des réalités unifiantes qui font d’elles une classe politique cohérente. Les centaines de courriels que j’ai reçus ces derniers jours prouvent que cette érosion en appelle beaucoup d’autres également. Il ne suffit pas que les femmes soient des alliées des trans. Les femmes doivent, dit-on, accepter et admettre qu’il n’y a pas de différence matérielle entre les « ?transfemmes ? » et elles-mêmes.

Mais, comme beaucoup de femmes l’ont dit avant moi, « ?femme ? » n’est pas un costume. La « ?femme ? » n’est pas une idée dans la tête d’un homme. La « ?femme ? » n’est pas un cerveau rose, un penchant pour les escarpins Jimmy Choos ou toute autre notion sexiste aujourd’hui présentée comme progressiste. En outre, le langage « ?inclusif ? » qui qualifie les femmes de « ?menstruatrices ? » et de « ?vulvaires ? » est déshumanisant et dégradant pour de nombreuses femmes. Je comprends pourquoi les transactivistes considèrent ce langage comme approprié et gentil, mais pour celles d’entre nous qui ont reçu des insultes dégradantes de la part d’hommes violents, ce n’est pas neutre, c’est hostile et aliénant.

Ce qui m’amène à la cinquième raison pour laquelle je suis profondément préoccupée par les conséquences du transactivisme actuel.

Cela fait maintenant plus de vingt ans que je vis sur la place publique et je n’ai jamais parlé publiquement de mon statut de survivante de violence conjugale et d’agression sexuelle. Ce n’est pas parce que j’ai honte que ces choses me soient arrivées, mais parce que c’est traumatisant de les revoir et de s’en souvenir. Je me sens également protectrice de ma fille depuis mon premier mariage. Je ne voulais pas revendiquer la propriété exclusive d’une histoire qui lui appartient aussi. Cependant, il y a peu de temps, je lui ai demandé comment elle se sentirait si j’étais publiquement honnête à propos de cette partie de ma vie, et elle m’a encouragée à aller de l’avant.

Je mentionne ces choses maintenant, non pas pour tenter de susciter de la sympathie, mais par solidarité avec le grand nombre de femmes qui ont une histoire comme la mienne et qui ont été insultées et traitées de fanatiques parce qu’elles s’inquiétaient du sort des espaces réservés aux personnes du même sexe.

J’ai réussi à échapper à mon premier mariage violent avec quelques difficultés, mais je suis maintenant mariée à un homme vraiment bon et doté de principes, en sécurité comme je ne l’aurais jamais imaginé en un million d’années. Cependant, les cicatrices laissées par la violence et les agressions sexuelles ne disparaissent pas, quel que soit l’amour que l’on a pour quelqu’un et quel que soit l’argent qu’on a gagné. Mon éternelle nervosité est une blague dans ma famille — et même si je sais que c’est drôle, je prie tout de même pour que mes filles n’aient jamais les mêmes raisons que moi de détester les bruits soudains et forts, ou de découvrir des gens derrière moi alors que je ne les ai pas entendus approcher.

Si vous pouviez entrer dans ma tête et comprendre ce que je ressens lorsque je lis qu’une femme transgenre est morte aux mains d’un homme violent, vous trouveriez de la solidarité et de la parenté. J’ai un sentiment viscéral de la terreur dans laquelle ces femmes trans auront passé leurs dernières secondes sur terre, car j’ai moi aussi connu des moments de peur aveugle lorsque j’ai réalisé que la seule chose qui me maintenait en vie était la retenue chancelante de mon agresseur.

Je crois que la majorité des personnes transidentifiées non seulement ne représentent aucune menace pour les autres, mais sont également vulnérables pour toutes les raisons que j’ai exposées. Les personnes trans ont besoin et méritent d’être protégées. Comme les femmes, elles sont plus susceptibles d’être tuées par leurs partenaires sexuels. Les femmes trans qui travaillent dans l’industrie du sexe, en particulier les femmes trans de couleur, sont particulièrement menacées. Comme toutes les autres survivantes de violence familiale et d’agression sexuelle que je connais, je ne ressens que de l’empathie et de la solidarité envers les femmes transgenres qui ont été maltraitées par des hommes.

Je veux donc que les femmes trans soient en sécurité. En même temps, je ne veux pas réduire encore plus la sûreté des filles et des femmes natales. Lorsque vous ouvrez les portes des salles de bain et des vestiaires à tout homme qui croit ou pense être une femme — et, comme je l’ai dit, les certificats de confirmation de genre peuvent désormais être accordés sans qu’il soit nécessaire de recourir à une opération ou à des hormones — alors vous ouvrez la porte à tous les hommes qui souhaitent entrer. C’est la simple vérité.

Samedi matin, j’ai lu que le gouvernement écossais poursuivait ses plans controversés de reconnaissance du genre, ce qui signifie en fait que tout ce dont un homme a besoin pour « ?devenir femme ? » est de dire qu’il en est une. Pour utiliser un mot très contemporain, j’ai été « ?déclenchée ? » (triggered). Rongée par les attaques incessantes des transactivistes sur les médias sociaux, alors que je n’étais là que pour donner aux enfants une rétroaction sur les images qu’ils et elles avaient dessinées pour mon livre produit en confinement, j’ai passé une grande partie du samedi dans un endroit très sombre de ma tête, car les souvenirs d’une grave agression sexuelle que j’ai subie dans la vingtaine me revenaient en boucle. Cette agression s’est produite à un moment et dans un espace où j’étais vulnérable, et un homme en a profité. Je ne pouvais pas exclure ces souvenirs et j’avais du mal à contenir ma colère et ma déception face à la façon dont, selon moi, mon gouvernement joue avec la sécurité des femmes et des filles.

Tard le samedi soir, en faisant défiler des photos d’enfants avant d’aller me coucher, j’ai oublié la première règle de Twitter — ne jamais, jamais s’attendre à une conversation nuancée — et j’ai réagi à ce que j’ai ressenti comme un langage dégradant à propos des femmes. J’ai parlé de l’importance de l’identité sexuelle et j’en ai payé le prix depuis. J’étais transphobe, j’étais une connasse, une salope, une TERF, je méritais d’être annulée, frappée et tuée. Vous êtes Voldemort, a écrit quelqu’un, sentant clairement que c’était le seul vocabulaire que je comprendrais.

Il serait tellement plus facile de tweeter les hashtags approuvés — car bien sûr que les droits des trans sont des droits humains et bien sûr que les vies des trans sont importantes — de recueillir les « ?cookies ? » de la bonne conscience de me prélasser dans un signalement pérenne de vertu. Il y a de la joie, du soulagement et de la sécurité dans la conformité. Comme l’a également écrit Simone de Beauvoir, « ?“… sans aucun doute, il est plus confortable de supporter la servitude aveugle que de travailler pour sa libération ; les morts aussi sont mieux adaptés à la terre que les vivants.? » (Le deuxième sexe, tome 1, p. 407).

Un grand nombre de femmes sont à juste titre terrifiées par les transactivistes ? ; je le sais parce que beaucoup d’entre elles m’ont contactée pour me raconter leur histoire. Elles ont peur d’être dénoncées, de perdre leur emploi ou leurs moyens de subsistance, et peur de la violence.

Mais aussi désagréable que soit le fait qu’il me prenne constamment pour cible, je refuse de m’incliner devant un mouvement qui, à mon avis, fait un tort démontrable en cherchant à éroder la « ?femme ? » en tant que classe politique et biologique et en offrant une couverture à des prédateurs comme peu d’autres avant lui. Je me tiens aux côtés des femmes et des hommes courageux, gays, hétéros et trans, qui défendent la liberté d’expression et de pensée, ainsi que les droits et la sécurité de certaines des personnes les plus vulnérables de notre société : les jeunes gays, les adolescents fragiles et les femmes qui dépendent de leur espace de vie et souhaitent le conserver. Les sondages montrent que ces femmes sont l’immense majorité, à l’exception de privilégiées ou des personnes qui ont eu la chance de ne jamais avoir été confrontées à la violence ou aux agressions sexuelles masculines et qui n’ont jamais pris la peine de s’informer sur leur prévalence.

La seule chose qui me donne de l’espoir est que les femmes qui peuvent protester et s’organiser le font, et qu’elles ont à leurs côtés des hommes et des personnes transgenres vraiment corrects. Les partis politiques qui cherchent à apaiser les voix les plus fortes dans ce débat ignorent les préoccupations des femmes à leurs risques et périls. Au Royaume-Uni, les femmes se rapprochent les unes des autres par-delà les lignes de parti, préoccupées par l’érosion de leurs droits durement acquis et par l’intimidation généralisée actuelle. Aucune des femmes soucieuses de l’égalité des sexes à qui j’ai parlé ne déteste les personnes transgenres ? ; au contraire. Beaucoup d’entre elles se sont intéressées à cette question en premier lieu par souci de la jeunesse trans, et elles sont extrêmement sympathiques envers les adultes trans qui veulent simplement vivre leur vie, mais qui font face à un retour de bâton pour un type d’activisme qu’elles n’approuvent pas. L’ironie suprême est que la tentative de faire taire les femmes avec le mot « ?TERF ? » a peut-être poussé plus de jeunes femmes vers un féminisme radical que le mouvement n’en a connues depuis des décennies.

La dernière chose que je souhaite dire est la suivante. Je n’ai pas écrit cet essai dans l’espoir que quelqu’un puisse sortir un violon pour moi, même pas un tout petit. Je suis extraordinairement chanceuse ? ; je suis une survivante, certainement pas une victime. Je n’ai mentionné mon passé que parce que, comme tout autre être humain sur cette planète, j’ai une histoire complexe, qui façonne mes peurs, mes intérêts et mes opinions. Je n’oublie jamais cette complexité intérieure lorsque je crée un personnage de fiction et je ne l’oublie certainement pas lorsqu’il s’agit de personnes trans.

Tout ce que je demande — tout ce que je veux — c’est qu’une empathie similaire, une compréhension similaire, soit étendue aux millions de femmes dont le seul crime est de vouloir que leurs préoccupations soient entendues sans recevoir de menaces et de violences.

Traduction : Joanna Vrillaud et TRADFEM

Version originale  : https://www.jkrowling.com/opinions/j-k-rowling-writes-about-her-reasons-for-speaking-out-on-sex-and-gender-issues/

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Source : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/nous-feministes-soutenons-j-k-rowling-contre-le-lynchage-des-activistes-trans-20200611

« Nous, féministes, soutenons J.K. Rowling contre le lynchage des activistes trans »

FIGAROVOX/TRIBUNE - L’auteur de la saga d’Harry Potter est dans la tourmente depuis la publication d’un tweet jugé « transphobe » par des militants. Des féministes prennent sa défense et alertent sur les pressions exercées par les groupes d’activistes trans.

Par Tribune collective

Publié le 11 juin 2020 à 18:00, mis à jour hier à 11:04

Photo : J.K. Rowling recevant une médaille d’honneur pour son œuvre. ANDREW MATTHEWS/AFP

J.K. Rowling, l’autrice de Harry Potter, s’est attiré les foudres d’activistes trans, après avoir posté une série de tweets où elle exprimait un point de vue ironique sur la différence des sexes.

Nous féministes souhaitons alerter le grand public sur la situation de la communauté lesbienne en France et à l’international. Pour commencer nous souhaiterions rappeler que les lesbiennes ne sont pas les seules à vivre dans la peur de l’activisme trans extrême.

James Caspian, Eva Poen, Kathleen Lowrey… la liste est longue de chercheurs universitaires (américains, canadiens, britanniques ...) harcelés et parfois licenciés par leur hiérarchie sur ordre des activistes trans radicaux (qui ne représentent pas l’ensemble des communautés trans).

James Caspian a par exemple été attaqué pour avoir essayé de mettre en place une étude sur le pourcentage de personnes regrettant d’avoir « changé de sexe ». Le simple fait de vouloir faire une étude sur le sujet étant maintenant considéré comme offensant.

En Suède, le nombre de fillettes de moins de 18 ans voulant « changer de sexe » pour devenir des personnes transmasculines a été multiplié par 15 de 2010 à 2018.

Selina Todd, une historienne britannique n’a pas été harcelée par sa hiérarchie mais a dû embaucher des gardes du corps suite à des menaces de certains trans-activistes hardcore. Rosa Freedman, professeure de droit, a elle été bousculée et menacée de viol.

Depuis un an environ, on observe dans les pays anglophones et scandinaves un boom de personnes mettant en scène sur Twitter, Reddit et YouTube leur dé-transition. Mais ces personnes devront vivre toute leur vie avec les conséquences de leur transition. Plus la transition est avancée, plus les dommages physiques sont lourds et irréversibles. Les hormones créent des problèmes osseux sévères. Les ablations sont définitives.

En Suède, le nombre de fillettes de moins de 18 ans voulant « changer de sexe » (une chose techniquement impossible) pour tenter de devenir des personnes transmasculines a été multiplié par 15 de 2010 à 2018. Selon les statistiques du gouvernement suédois, parmi elles 15% étaient autistes et 19% hyperactives.

Des youtubeurs français incitent des jeunes de moins de 15 ans à prendre des hormones « en cachette de leurs parents ».

Au Royaume-Uni leur nombre a été multiplié par 45 de 2010 à 2018 (passant de 40 cas par an en 2010 à plus de 1800 pour l’année 2018). La ministre britannique des droits des femmes de l’époque, Penny Mordaunt, s’en était publiquement émue.

Des youtubeurs français incitent des jeunes de moins de 15 ans à prendre des hormones « en cachette de leurs parents » et en toute illégalité.

Mais le vent finit par tourner, malgré le marché qui s’est créé, malgré le lobbying de l’industrie pharmaceutique.

Le 22 avril 2020, sous la pression de mouvements lesbiens féministes, le Royaume-Uni a annoncé vouloir interdire les opérations chez les moins de 18 ans (NDLR : elles étaient autorisées avec autorisation parentale). Depuis novembre 2019, six États des États-Unis ont interdit toutes formes de transition : hormones, opérations et bloqueurs de puberté (inhibiteurs hormonaux qui ont vocation à retarder la puberté avant de commencer une transition). Huit autres États de ce pays débattent en ce moment de lois identiques.

En Australie, la sénatrice Amanda Stoker est partie en croisade contre les changements de sexe chez les enfants.

Un article du journal « The Economist » montrait par ailleurs que dans la très grande majorité des cas, les bloqueurs de puberté sont inutiles car la très grande majorité des enfants concernés ne deviendront pas trans à l’âge adulte.

La Suède commence aussi à envisager une loi interdisant les opérations et les bloqueurs de puberté après des émissions sur le sujet réalisées par Malou Von Sivers, présentatrice de télévision et militante féministe.

En Australie, la sénatrice (mère de trois filles) Amanda Stoker est partie en croisade contre les changements de sexe chez les enfants. Les pays pionniers dans la transition de masse sont en train de devenir les pays pionniers de la dé-transition de masse.

Par ailleurs, les études sur les taux de regret ne prennent pas en compte les personnes qui quittent la « communauté trans », cessent tout suivi et sortent donc des statistiques. Et surtout, ces études ont été faites à l’époque où les enfants ne pouvaient pas transitionner, quand la transition était un traitement pour une situation très rare et très spécifique : la dysphorie de genre qui qualifie la sensation pour une personne d’être né du mauvais sexe.

Dire d’une catégorie de la population qu’elle englobe n’importe qui prétendant en faire partie, c’est dire de cette catégorie qu’elle n’existe pas.

Une étude de Lisa Littman - chercheuse en santé publique - explique que certaines formes de dysphorie de genre à déclenchement rapide à l’adolescence (« rapid onset gender dysphoria ») sont parfois causées par des traumas, des difficultés d’adaptation, des phénomènes de contagion liés aux réseaux sociaux ou à une homosexualité mal assumée dans une société où celle-ci est invisibilisée. Les recherches de Littman ont été reniées publiquement par l’université l’employant non pas en raison des moyens utilisés mais parce que les résultats invalidaient les ressentis de certains.

À travers les lesbiennes, toutes les femmes sont attaquées

Certains mouvements se prétendant féministes expliquent qu’une femme est une personne qui se dit femme. Dire d’une catégorie de la population qu’elle englobe n’importe qui prétendant en faire partie, c’est dire de cette catégorie qu’elle n’existe pas.

Nous observons que les hommes ne sont pas concernés par cela : un homme est toujours une personne qui est dite homme par les autres hommes, qui est perçu homme par les autres hommes.

Comment Keira Bell, cette jeune militante lesbienne anglaise de 23 ans qui regrette aujourd’hui d’avoir pris des hormones et des bloqueurs de puberté à l’âge de 16 ans, pouvait-elle savoir qu’elle était lesbienne ?

En France aussi, quand des lesbiennes veulent organiser des activités entre elles, elles subissent des pressions de la part de groupes s’identifiant féministes « queers » pour intégrer dans leurs activités des personnes transféminines attirées exclusivement par les femmes.

Nous constatons que trop souvent ces personnes essaient de contrôler notre parole, nos pratiques et notre visibilité. Nous voulons garder nos espaces, nos activités sportives et festives en non-mixité.

Nous voulons notre espace sans que certains groupes nous en empêchent au nom d’un « droit à l’inclusion ».

Les gays ont des espaces intimes à eux, les personnes trans ont des associations aussi, nous voulons pouvoir faire de même sans que certains groupes cherchent violemment à nous en empêcher au nom du droit à l’« inclusion » .

L’injonction à la transition d’adolescentes (lesbiennes ou pas) et la négation de la sexualité des femmes lesbiennes relèvent du sexisme et de la lesbophobie.

Nous alertons l’ensemble de la société sur les dangers du trans-activisme extrême (qui ne représente pas l’ensemble des personnes trans) qui occulte l’ensemble des femmes et leur demandons d’œuvrer à la visibilité lesbienne.

Celle-ci est la preuve donnée aux petites filles et aux adolescentes (y compris hétérosexuelles) qu’il est possible d’être une femme sans se conformer aux stéréotypes de genre. Plus nous tarderons à réagir, plus nombreuses seront les jeunes femmes affectées, qui pourraient se voir forcées d’effectuer une transition, et plus les dommages physiques seront lourds et irréversibles.

* La tribune est signée par l’association « 44 Vilaines Filles » (collectif lesbien nantais), et Marie-Jo Bonnet, chercheuse, historienne, co-fondatrice des Gouines Rouges, lesbienne et militante féministe ; Christine Le Doar, ex-présidente du centre LGBT de Paris et militante féministe universaliste ; Yolanda Alba, vice-présidente du réseau européen des femmes journalistes et écrivaine ; Florence-Lina Humbert, journaliste 50/50 Magazine ; Marguerite Stern, réalisatrice de podcast et militante féministe ; Marie Josèphe Devillers, militante lesbienne féministe ; Ana Minski, écrivaine et militante ; Marie Montaigue, enseignante ; Valérie Pelletier, abolitionniste et militante féministe radicale ; Nadia Guenet, réalisatrice radio et productrice de « la révolution sera féministe » ; Julie-Elisa Go, féministe et développeuse ; Chantal Hervouet, militante féministe lesbienne et abolitionniste ; Alexis Solis, féministe lesbienne, abolitionniste ; Martine Ragon, militante féministe abolitionniste ; Morgane Ricard, militante ; Valentine Minery féministe ; Lucie Robin-Lesage, féministe ; Marie Noëlle Gerolami, lesbienne féministe ; Sophie Plisson, archéologue ; Muriel Petit, enseignante ; Annick Karsenty, militante féministe abolitionniste.