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La France a rapatrié dix enfants de djihadistes français de Syrie

lundi 22 juin 2020, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/la-france-a-rapatrie-dix-enfants-de-djihadistes-francais-de-syrie-20200622

La France a rapatrié dix enfants de djihadistes français de Syrie

Retenus dans des camps de déplacés sous contrôle kurde en Syrie, ils ont été rapatriés dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères. Plusieurs d’entre eux sont orphelins.

Par Julien Licourt

Publié il y a 14 heures, mis à jour il y a 9 heures

Photo : Des femmes et des enfants dans un centre de déplacés dans le nord-est de la Syrie, le 14 janvier 2020. Delil SOULEIMAN / AFP

C’est l’une des questions les plus épineuses de l’ère post-Daech. Que faire des djihadistes français et de leurs familles, présents sur la zone irako-syrienne ? Et quelle attitude adopter face aux enfants, dont certains sont aujourd’hui orphelins ? Concernant les mineurs, la France a choisi d’en faire revenir certains, au compte-goutte. Ce lundi matin, le Quai d’Orsay a annoncé avoir rapatrié 10 d’entre eux. Ces « dix jeunes enfants français mineurs, orphelins ou cas humanitaires » indique le ministère, « se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie », qui précise que « ces enfants ont été remis aux autorités judiciaires françaises, font désormais l’objet d’un suivi médical particulier et d’une prise en charge par les services sociaux. » C’est la quatrième fois que la France procède à un rapatriement d’enfants, depuis la chute du “Califat” djihadiste. « C’est un immense soulagement », a réagi le Collectif familles unies, qui regroupe des proches.

Le Centre d’analyse du terrorisme, think tank présidé par Jean-Charles Brisard, avait annoncé dès dimanche que plusieurs mères avaient donné leur accord à ce rapatriement, et donc cette séparation. Selon nos informations, elles seraient au nombre de deux et auraient pris leur décision, ne parvenant plus à s’occuper de leur petit dans les conditions dans lesquelles elles se trouvent. Les autres enfants seraient, eux, des orphelins. Par ailleurs, une fratrie aurait dû être séparée pour permettre ce rapatriement.

« L’intérêt supérieur de l’enfant »

Depuis la fin de la guerre, femmes et enfants de djihadistes s’entassent dans les camps d’Al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie. Ils y seraient au total, respectivement, 4000 et 8000. Parmi eux, on estime que se trouvent 100 mères et 250 enfants français.

« Tous les enfants devraient être considérés comme des cas humanitaires, explique au Figaro l’avocate de certaines familles concernées par ce rapatriement, Me Marie Dosé. Certains sont dans ces camps depuis maintenant deux ans. C’est dans l’intérêt supérieur de l’enfant que d’être rapatrié avec sa mère. »

Depuis la chute de l’État islamique, 28 mineurs ont été rapatriés en France, en comptant ceux arrivés dimanche. Les cinq premiers l’ont été en mars 2019, douze ont suivi en juin. La plupart étaient orphelins. En 2020, une petite fille a été pour des raisons médicales.

En janvier, l’ONU avait appelé au rapatriement des enfants de djihadistes, soulignant la situation délicate dans laquelle ils se trouvent. Ceux nés sur place ne possèdent bien souvent aucun papier d’identité, les justificatifs émis par les groupes terroristes n’étant pas reconnus par les autorités locales. Selon l’organisme international, il est du ressort du pays d’origine des parents de les accueillir pour ne pas en faire des apatrides. L’ONU souligne que lorsqu’elles sont présentes, il est dans l’intérêt de l’enfant que les mères soient également rapatriées avec lui.

Crainte de l’évasion

Me Marie Dosé évoque un autre argument en cette faveur : « Ces femmes ne peuvent être judiciarisées qu’en France. Plus l’attente s’éternise dans ces camps, plus il y a un risque qu’elles ne s’échappent. » C’est ce qui s’est produit en mai, lorsque 13 Françaises se sont évadées de camps sous contrôle kurde. Parmi elles, se serait trouvée, se le Centre d’analyse du terrorisme, Hayat Boumeddiene, la veuve d’Amedy Coulibaly, le terroriste auteur de l’assassinat d’une policière et de l’attaque de l’Hyper Cacher, en janvier 2015.

La crainte est que ces femmes n’aillent renforcer les rangs d’organisation djihadistes ou ne reviennent en Europe pour commettre des attentats.

Le gouvernement français estime que c’est aux autorités locales de les juger les 150 adultes français détenus en Syrie, suivant en cela l’opinion publique. Une écrasante majorité de Français, 82%, approuvent le jugement de djihadistes Français en Irak. Le même sondage indiquait que 67% souhaitaient que les enfants ne soient pas rapatriés.

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Source : https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/rapatriement-de-dix-enfants-de-jihadistes-cette-selection-des-enfants-est-incomprehensible-denonce-une-avocate_4017665.html

Rapatriement de dix enfants de jihadistes : « Cette sélection » des enfants « est incompréhensible », dénonce une avocate

À ce rythme-là, il faudra 40 ans pour qu’ils rentrent, projette l’avocate qui demande à ce qu’ils soient tous « rapatriés en urgence ».

Photo : Me Camille Lucotte, lors d’un concours de plaidoiries pour les droits de l’homme au mémorial de Caen, en 2019. (THOMAS BR ?GARDIS / MAXPPP)
avatarfranceinfoRadio France

Mis à jour le 22/06/2020 | 12:19
publié le 22/06/2020 | 12:19

Alors que le Quai d’Orsay annonce avoir rapatrié dix enfants de jihadistes français qui étaient retenus dans des camps de déplacés sous contrôle kurde en Syrie dans la nuit de dimanche à lundi, l’avocate de Français détenus en Syrie, Maître Camille Lucotte, dénonce lundi 22 juin sur franceinfo une « sélection » des enfants « incompréhensible ». Pour elle, « ils doivent tous êtres rapatriés en urgence ».

franceinfo : Sait-on qui sont les dix enfants rapatriés et comment ils ont été choisis ?

Me Camille Lucotte : Pas du tout. C’est ce qui est un peu terrible. On se demande pourquoi est-ce que certains enfants ont le droit d’être protégés et pas d’autres. On est évidemment ravis que ces enfants soient rentrés. Il faut se rendre compte un peu du danger qu’ils encourent sur place, que ce soit sur le plan sanitaire ou sur le plan sécuritaire. Évidemment, c’est une victoire, ces dix d’enfants qui sont sauvés. Mais on ne sait pas du tout dans quelles conditions ils sont choisis. J’ai cru comprendre qu’il y en avait qui étaient orphelins. Je suis assez surprise puisqu’il y a un an, en juin dernier, on nous disait qu’on avait rapatrié tous les enfants français orphelins dans les camps et d’ailleurs que c’était ce critère-là qui permettait de faire le rapatriement. Et aujourd’hui, on découvre qu’il y en a encore plusieurs, je pense qu’il y en a encore des dizaines.

Dénoncez-vous ces rapatriements au compte-gouttes ?

Cette sélection est incompréhensible. En deux ans, il y a eu quatre rapatriements,18 enfants sont rentrés [avant les 10 enfants rapatriés dans la nuit], donc tous les six mois, il va y avoir cinq enfants qui vont rentrer et dans 40 ans, les derniers seront rentrés en France ? S’il y a des rapatriements, c’est parce que les autorités françaises savent que les conditions sanitaires sur place sont inadmissibles, déplorables et dangereuses pour ces enfants.

C’est incompréhensible qu’on en laisse encore 250-300 sur place. Maître Camille Lucotte, avocate de Français détenus en Syrieà franceinfo

Ils doivent tous être rapatriés en urgence. C’est d’autant plus scandaleux que nous, les avocats, nous avons saisi les comités de défense des Droits de l’Homme onusiens et que devant ces comités, la France nous martèle qu’elle ne peut absolument rien faire et qu’elle ne peut pas rapatrier les Français qui sont sur un territoire qui n’est pas sous contrôle français.

Est-ce dû à un manque de courage politique ?

Oui, ça, c’est certain. On le dénonce depuis trois ans maintenant. On n’aurait jamais imaginé en être encore à ce stade-là et qu’il y ait encore tant d’enfants en danger alors que ça fait trois ans qu’on alerte très régulièrement les autorités. Nous, on est maintenus dans un silence absolu. On n’a aucun retour des autorités. On n’est absolument pas informés quand il y a des rapatriements, même quand ça concerne des familles qu’on peut défendre. En général, on le sait par la presse. On le sait parfois un peu en amont, mais ce n’est pas toujours le cas. On est tenu dans un silence absolu puisque la France ne veut pas avoir à rendre de comptes sur ce qu’elle fait et sur ce qu’elle décide par rapport à ces Français.

Comment vont les enfants qui ont déjà été rapatriés ? Y a-t-il un suivi ?

Oui, le suivi se fait au jour le jour. Quand ce sont des enfants qui sont confiés à l’aide sociale à l’enfance, nous, les avocats, on fait le suivi en continu avec les familles.

De mon expérience, pour les enfants que je connais, les résultats des expertises sont bons. Ces enfants vont à l’école, se font des amis. Toutes les situations sont très rassurantes et positives. Me Camille Lucotte

Ce sont des enfants qui sont en très bas âge. Moi, ça me révolte. Comment est-ce qu’on peut penser que des enfants qui ont moins de cinq ou six ans sont perdus ? Évidemment que des enfants de cet âge-là, s’ils sont aimés, encadrés dans des conditions satisfaisantes pour leur développement, ce sont des enfants normaux.