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Algérie : Les Oubliés de la Révolution Algérienne- Amine Zirout né Sylvain Ernest Bret

jeudi 2 juillet 2020, par siawi3

Source : http://www.algerie-dz.com/forums/archive/index.php/t-465894.html

Les Oubliés de la Révolution Algérienne- Amine Zirout né Sylvain Ernest Bret

Ali Chérif Deroua

22/06/2020, 10h54

Publié par LSA
le 21.06.2020
https://www.lesoird************/data/images/article/thumbs/d-43855amine-zirout-ne-sylvain-ernest-bret-2bda6.jpg

Par fidélité et par respect pour Didouche Mourad, un des pères fondateurs du FLN et de l’ALN, icône de la Révolution algérienne, qui nous a légué en héritage ce message « si nous venons à mourir, défendez nos mémoires », je me permets d’écrire.

Pour ce peuple vaillant, pour cette jeunesse avide de connaître son passé pour y puiser sa force et sa volonté afin de finaliser le but fixé, pour celles et ceux qui y ont laissé leur vie, afin que notre chère Algérie soit libre et indépendante, je leur dédie cet article sur un héros de notre glorieuse Révolution : Sylvain Ernest Bret.

Qui est Sylvain Ernest Bret ?

Issu d’une famille chrétienne, d’un père instituteur d’origine normande et d’une mère sicilienne, Sylvain Ernest Bret est né le 15 mai 1933 à M’sila, et aura un parcours unique dans les annales de l’histoire de l’Algérie et de sa Révolution.
Après des études primaires à M’sila et secondaires au lycée Albertini de Sétif, il poursuivit ses études supérieures à l’Université de médecine de Montpellier de 1952 à 1956.
A l’appel de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema) à une grève générale le 19 mai 1956, lui, l’étudiant chrétien en quatrième année de médecine, répond : Présent ! Par cet acte, il décide volontairement de prendre position dans un conflit qui oppose le colonialisme français à la lutte de Libération nationale des Algériens. Fin mai 1956, il se retrouve au Maroc et rejoint le FLN. Il sera reçu par Mohamed Boudiaf à Nador, ville à partir de laquelle ce dernier exerçait ses responsabilités de coordinateur entre l’intérieur et l’extérieur. Il demande à rejoindre le maquis, et se retrouve, en juin 1956, dans la région 5 zone 5, qui deviendra la Wilaya 5 après le Congrès de la Soumman.
Au début du mois de mai 1957, de retour d’une mission au Maroc, je rencontre dans les monts de Tessala — aux environs de Sidi-Bel-Abbès — Si Larbi Tayebi lieutenant politique de la zone 5 Wilaya 5 en compagnie d’un certain Malek.
Lors de notre discussion, j’ai, entre autres, été impressionné par les convictions, la culture, le flegme et l’humour de Malek. Impressionné, oui, car il n’était pas courant de rencontrer, au maquis, des universitaires, et à plus forte raison un universitaire français. En fait, Malek était le pseudonyme de Sylvain Ernest Bret.
En zone 5 Wilaya 5, de juin 1956 à début mars 1958, date à laquelle il est fait prisonnier par l’armée coloniale, Malek sera en charge de la santé avec le grade de lieutenant de l’Armée de libération nationale.
Après 2 années de prison entre Oran et Alger, les autorités françaises, craignant qu’il ne soit liquidé par la Main Rouge ou les radicaux de l’Algérie française, décident de le transférer, au début de l’année 1960, à la prison des Baumettes à Marseille.
Libéré après la signature des accords d’Évian, il rejoindra les rangs de ses compagnons, et sera promu au grade de capitaine.
Après l’indépendance, il sera élu, le 20 septembre 1962, député de Mostaganem à l’Assemblée nationale constituante sous le nom qu’il s’était choisi : Amine Zirout.
Pour officialiser sa nouvelle vie, il se convertit à la religion musulmane et opte volontairement pour la nationalité algérienne, qui lui sera accordée par décret présidentiel paru au Journal officiel le 31 décembre 1964.
Il sera le premier ambassadeur d’Algérie à Cuba pendant une année. Ironie de l’histoire, à ce poste, il y aura la rencontre de deux destins hors du commun. Ernest l’Algérien et le légendaire Ernesto Che Guevara, argentin de nationalité et ministre cubain, deux médecins qui ont changé de nationalité pour rejoindre les Révolutions algérienne et cubaine, afin de lutter contre le colonialisme et l’impérialisme.
Rappelé à Alger après un désaccord entre les deux pays suite au « coup d’Etat » ou « réajustement révolutionnaire », il sera remplacé par son compagnon de combat Si Larbi Tayebi. Il occupera le poste de directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères pendant deux ans. À ce poste, il reverra Che Guevara à 2 reprises à Alger.
À la fin de l’année 1967, pour convenance personnelle, il demande à être libéré de sa fonction afin de finir ses études de médecine.
Après avoir obtenu son diplôme de docteur en médecine à l’Université d’Algérie, il s’installera à Oran, où il se met au service de son pays en tant que médecin spécialiste en pneumologie, et professeur à l’université de cette ville de 1972 à 1995, soit 23 ans de bons et loyaux services à la Nation qu’il s’est librement choisie, à son pays pour lequel il a combattu afin de recouvrer sa liberté et son indépendance.
Il décéda à Paris le 14 juin 1995, et son corps sera rapatrié pour être inhumé, selon son ultime vœu, dans cette Algérie qu’il chérissait de tout son cœur.
Il repose aujourd’hui au cimetière d’Oran.
Jeunesse algérienne, voici le genre de moudjahid que nul ne peut ou ne doit ignorer.
Un Français de souche qui combat dans les rangs de la glorieuse Armée de libération nationale et qui accède au grade de capitaine.
Repose en paix, cher compagnon et frère de combat sur cette terre à laquelle tu as tant donné.
Au maquis il choisit le nom de Malek, ange en français.
À l’indépendance, il choisit comme prénom Amine, fidèle ou saint en français et Zirout comme nom patronymique, en hommage au prestigieux Colonel Zirout Youcef.
Quels symboles !!
Qui lui convenaient à merveille et qu’il porta dignement.
Quoi dire de plus à son sujet ?
Une exception dans notre Révolution.
À notre jeunesse d’apprécier...
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nacer-eddine06
22/06/2020, 10h54
Publié par LSA

le 21.06.2020

https://www.lesoird************/data/images/article/thumbs/d-43855amine-zirout-ne-sylvain-ernest-bret-2bda6.jpg

Par fidélité et par respect pour Didouche Mourad, un des pères fondateurs du FLN et de l’ALN, icône de la Révolution algérienne, qui nous a légué en héritage ce message « si nous venons à mourir, défendez nos mémoires », je me permets d’écrire.
Pour ce peuple vaillant, pour cette jeunesse avide de connaître son passé pour y puiser sa force et sa volonté afin de finaliser le but fixé, pour celles et ceux qui y ont laissé leur vie, afin que notre chère Algérie soit libre et indépendante, je leur dédie cet article sur un héros de notre glorieuse Révolution : Sylvain Ernest Bret.

Qui est Sylvain Ernest Bret ?

Issu d’une famille chrétienne, d’un père instituteur d’origine normande et d’une mère sicilienne, Sylvain Ernest Bret est né le 15 mai 1933 à M’sila, et aura un parcours unique dans les annales de l’histoire de l’Algérie et de sa Révolution.
Après des études primaires à M’sila et secondaires au lycée Albertini de Sétif, il poursuivit ses études supérieures à l’Université de médecine de Montpellier de 1952 à 1956.

A l’appel de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema) à une grève générale le 19 mai 1956, lui, l’étudiant chrétien en quatrième année de médecine, répond : Présent ! Par cet acte, il décide volontairement de prendre position dans un conflit qui oppose le colonialisme français à la lutte de Libération nationale des Algériens. Fin mai 1956, il se retrouve au Maroc et rejoint le FLN. Il sera reçu par Mohamed Boudiaf à Nador, ville à partir de laquelle ce dernier exerçait ses responsabilités de coordinateur entre l’intérieur et l’extérieur. Il demande à rejoindre le maquis, et se retrouve, en juin 1956, dans la région 5 zone 5, qui deviendra la Wilaya 5 après le Congrès de la Soumman.

Au début du mois de mai 1957, de retour d’une mission au Maroc, je rencontre dans les monts de Tessala — aux environs de Sidi-Bel-Abbès — Si Larbi Tayebi lieutenant politique de la zone 5 Wilaya 5 en compagnie d’un certain Malek.
Lors de notre discussion, j’ai, entre autres, été impressionné par les convictions, la culture, le flegme et l’humour de Malek. Impressionné, oui, car il n’était pas courant de rencontrer, au maquis, des universitaires, et à plus forte raison un universitaire français. En fait, Malek était le pseudonyme de Sylvain Ernest Bret.

En zone 5 Wilaya 5, de juin 1956 à début mars 1958, date à laquelle il est fait prisonnier par l’armée coloniale, Malek sera en charge de la santé avec le grade de lieutenant de l’Armée de libération nationale.
Après 2 années de prison entre Oran et Alger, les autorités françaises, craignant qu’il ne soit liquidé par la Main Rouge ou les radicaux de l’Algérie française, décident de le transférer, au début de l’année 1960, à la prison des Baumettes à Marseille.
Libéré après la signature des accords d’Évian, il rejoindra les rangs de ses compagnons, et sera promu au grade de capitaine.
Après l’indépendance, il sera élu, le 20 septembre 1962, député de Mostaganem à l’Assemblée nationale constituante sous le nom qu’il s’était choisi : Amine Zirout.

Pour officialiser sa nouvelle vie, il se convertit à la religion musulmane et opte volontairement pour la nationalité algérienne, qui lui sera accordée par décret présidentiel paru au Journal officiel le 31 décembre 1964.
Il sera le premier ambassadeur d’Algérie à Cuba pendant une année. Ironie de l’histoire, à ce poste, il y aura la rencontre de deux destins hors du commun. Ernest l’Algérien et le légendaire Ernesto Che Guevara, argentin de nationalité et ministre cubain, deux médecins qui ont changé de nationalité pour rejoindre les Révolutions algérienne et cubaine, afin de lutter contre le colonialisme et l’impérialisme.
Rappelé à Alger après un désaccord entre les deux pays suite au « coup d’Etat » ou « réajustement révolutionnaire », il sera remplacé par son compagnon de combat Si Larbi Tayebi. Il occupera le poste de directeur des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères pendant deux ans. À ce poste, il reverra Che Guevara à 2 reprises à Alger.

À la fin de l’année 1967, pour convenance personnelle, il demande à être libéré de sa fonction afin de finir ses études de médecine.
Après avoir obtenu son diplôme de docteur en médecine à l’Université d’Algérie, il s’installera à Oran, où il se met au service de son pays en tant que médecin spécialiste en pneumologie, et professeur à l’université de cette ville de 1972 à 1995, soit 23 ans de bons et loyaux services à la Nation qu’il s’est librement choisie, à son pays pour lequel il a combattu afin de recouvrer sa liberté et son indépendance.

Il décéda à Paris le 14 juin 1995, et son corps sera rapatrié pour être inhumé, selon son ultime vœu, dans cette Algérie qu’il chérissait de tout son cœur.
Il repose aujourd’hui au cimetière d’Oran.

Jeunesse algérienne, voici le genre de moudjahid que nul ne peut ou ne doit ignorer.
Un Français de souche qui combat dans les rangs de la glorieuse Armée de libération nationale et qui accède au grade de capitaine.
Repose en paix, cher compagnon et frère de combat sur cette terre à laquelle tu as tant donné.

Au maquis il choisit le nom de Malek, ange en français.
À l’indépendance, il choisit comme prénom Amine, fidèle ou saint en français et Zirout comme nom patronymique, en hommage au prestigieux Colonel Zirout Youcef.
Quels symboles !!
Qui lui convenaient à merveille et qu’il porta dignement.
Quoi dire de plus à son sujet ?
Une exception dans notre Révolution.
À notre jeunesse d’apprécier...