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En Somalie, au moins onze personnes sont mortes dans l’attaque d’un hôtel de la capitale

mardi 18 août 2020, par siawi3

Source : https://www.letemps.ch/monde/somalie-onze-personnes-mortes-lattaque-dun-hotel-capitale?utm_source=Newsletters&utm_campaign=57cc9541c7-RSS_EMAIL_AFRIQUE&utm_medium=email&utm_term=0_56c41a402e-57cc9541c7-110294213

En Somalie, au moins onze personnes sont mortes dans l’attaque d’un hôtel de la capitale

Une attaque visant l’hôtel Elite à Mogadiscio a fait au moins onze morts, dont dix civils et un policier des forces spéciales. Les shebab ont revendiqué l’attaque dans un communiqué traduit par SITE

Photo : Des ambulanciers transportent un blessé après l’attaque de l’hôtel Elite à Mogadiscio, en Somalie. — © /Feisal Omar/REUTERS

Publié lundi 17 août 2020 à 03:27

Les djihadistes somaliens shebab ont lancé, dimanche, une attaque d’envergure sur un hôtel de Mogadiscio fréquenté par des responsables gouvernementaux, tuant onze personnes, selon un bilan officiel dans la soirée.

Il a fallu quatre heures aux forces de sécurité pour reprendre le contrôle de l’hôtel Elite, un établissement de la plage du Lido fréquenté par les dirigeants somaliens que cinq djihadistes ont pris d’assaut en début de soirée, a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) Ismael Mukhtaar Omar, un porte-parole du ministère de l’Information.

« Dix personnes sont mortes, ainsi que cinq assaillants et un policier des forces spéciales somaliennes », a-t-il ajouté. Il n’a pas fourni de détails sur l’opération ayant mis fin à ce qui avait été décrit plus tôt comme une prise d’otages. Il a ajouté que « le bilan des morts » pouvait encore augmenter car l’explosion de la voiture piégée qui a précédé l’attaque de l’établissement par des hommes armés « a été massive ». Une compagnie privée, Aamin Ambulance, a chiffré le nombre de blessés à au moins 28.

Les hôtels, la cible des shebab

L’attaque a débuté par l’explosion d’une voiture piégée près de l’hôtel Elite, puis des hommes armés ont investi l’établissement où des coups de feu ont été entendus. Trois autres assaillants ont été tués, un lors de l’explosion de la voiture piégée et les deux autres dans un échange de tirs avec les forces de sécurité, avait indiqué plus tôt une source sécuritaire.

Des témoins ont confirmé que l’attaque de l’hôtel avait débuté par une forte explosion et qu’ensuite des gens fuyaient en courant le secteur de l’établissement où des coups de feu étaient entendus.

Les shebab ont revendiqué l’attaque dans un communiqué traduit par SITE, groupe américain de surveillance des sites islamistes, affirmant que leurs « martyrs » avaient « pris le contrôle de l’hôtel » et qu’ils avaient infligé « de lourdes pertes » aux personnes qui y étaient présentes. Parmi les morts figure au moins un haut fonctionnaire du ministère de l’information, Abdirasak Abdi, selon l’un de ses collègues, Hussein Ali.

Dans leur revendication, les shebab soulignent que l’hôtel Elite « est habité par un grand nombre de responsables gouvernementaux ». Selon Omar Mahmood de International crisis group (ICG), s’en prendre de nouveau à un hôtel est pour les shebab « un retour aux attaques qu’ils avaient l’habitude de mener ». Ils voient « plus où moins ces hôtels comme une extension du gouvernement, raison pour laquelle ils les ciblent ».

La perte du gouvernement somalien comme mission

La Somalie a plongé dans le chaos après la chute du régime militaire du président Siad Barre en 1991, suivie d’une guerre de chefs de clans et de la montée en puissance des shebab. Chassés de la capitale somalienne en 2011, les shebab ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

Leur dernière action massive à Mogadiscio remonte à décembre 2019 : ils avaient fait exploser un véhicule piégé, tuant 81 personnes, essentiellement des civils.

Lundi, au moins quatre personnes ont été tuées dans des échanges de coups de feu à l’intérieur de la prison centrale de Mogadiscio après que des prisonniers ont réussi à s’emparer d’armes détenues par leurs gardiens. Tous les prisonniers impliqués dans l’incident étaient des islamistes radicaux shebab, dont certains purgeaient une peine de prison à perpétuité, a affirmé un responsable de la police ayant requis l’anonymat.

Affiliés à Al-Qaïda, ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20 000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom).