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France : Richard Malka, le champion de la liberté d’expression

vendredi 28 août 2020, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/richard-malka-le-champion-de-la-liberte-d-expression-20200828

Richard Malka, le champion de la liberté d’expression

PORTRAIT - Le médiatique avocat est appelé à plaider devant la cour d’assises spéciale de Paris qui jugera pendant près de trois mois les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Il défendra, encore et toujours, « le droit de blasphémer ».

Par Charles Jaigu

Publié il y a 11 heures le 27.08.20

Richard Malka a toujours été à la manœuvre pour les innombrables ­procès de Charlie Hebdo, dont celui de 2007.

JEAN LUC BERTINI/Le Figaro Magazine

Ce 2 septembre, Richard Malka sera parmi les quelque cent avocats appelés à plaider dans un procès qui fera date par le nombre de participants et par sa médiatisation. Plus de deux cents témoins et experts témoigneront devant la cour d’assises spéciale de Paris qui jugera pendant près de trois mois les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Quatorze accusés seront présents dans le box.

Au-delà de ces complices visibles d’une action terroriste, la question des commanditaires sera au cœur de l’audience. Et, au-delà encore, la question des intellectuels et des politiques qui n’ont pas défendu haut et fort le droit de blasphémer comme l’une des valeurs de la République et de la liberté d’expression à la française. Cette question-là sera au cœur de la plaidoirie de Richard Malka.

« Le mobile du crime, ce sont les caricatures de Mahomet publiées dans “Charlie” dix ans plus tôt », rappelle-t-il, assis devant la table de son bureau de bois sombre, et surveillé par le buste d’un dieu viking digne de Thorgal.

Bien des politiques et quelques intellectuels ont cru devoir se désoler de ces caricatures, déformés par une culpabilité coloniale sans limites qui a fini par justifier toutes les lâchetés à l’égard de la frange radicalisée de la communauté musulmane. Nous sommes désormais dans un pays dont les autorités médiatiques semblent de plus en plus empressées de réduire au strict minimum ce qui choque et provoque au nom d’une « idéologie mal comprise de la tolérance », dit Malka. En témoigne la présence de Jean-Louis Bianco à la tête de l’Observatoire de la laïcité,« cet homme qui ridiculise la laïcité tous les jours ». Il regrette d’ailleurs qu’Emmanuel Macron « ne lui ait pas demandé de partir ».

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À 52 ans, Malka, qui est le fils d’un tailleur séfarade, garde une allure filiforme et branchée. Cet amateur de BD satiriques, au point qu’il en a scénarisé une bonne vingtaine, a l’œil plissé de sourires. Cet enfant de la gauche libertaire est entré comme stagiaire au cabinet de Georges Kiejman et s’est vu confier le dossier Charlie Hebdo à l’âge de 23 ans. Il a très vite préféré défendre des grandes causes que des grands criminels. « L’agressivité sous-jacente à ces dossiers était trop pour moi, j’espérais moins m’exposer en défendant des idées plus que des hommes, j’avais bien tort ! » Encouragé par Kiejman, il a créé son cabinet et il a défendu depuis aussi bien le droit sacré à la vie privée - Carla Bruni contre Patrick Buisson, Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Carlton, et récemment Benjamin Griveaux - que le droit à la liberté d’expression.

Le droit au blasphème

Il a ainsi été à la manœuvre pour les innombrables procès de Charlie Hebdo, dont celui de 2007, où les associations musulmanes incriminaient une caricature pourtant bien inoffensive. On lui doit aussi la défense de la lycéenne Mila qui s’en est prise l’année dernière, comme Houellebecq jadis, à « l’islam, la religion la plus conne ».

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Richard Malka n’en revient pas d’être lâché par la presse de gauche, et défendu aujourd’hui par Le Figaro et Le Figaro Magazine, ou par Le Point, auquel il a accordé au cœur de l’été un long entretien. « L’objectif de la paix sociale à court terme fait le lit des guerres civiles de demain »,met-il en garde. Car la France moderne, celle de la IIIe République, s’est construite sur la liberté d’expression et le droit au blasphème. Ne pas l’accepter, c’est ne pas s’intégrer à cette France - a France qui aime la liberté de penser.
« L’injonction au respect de l’autre devient l’alibi d’une abolition de l’esprit critique », résume l’avocat. Accuser Dieu, comme le fait Dostoïevski avec Ivan Karamazov ou Voltaire dans ses pamphlets, est l’un des sommets de la liberté des modernes. Qu’on ne nous enlève pas cela. Car Dieu ne nous demande pas « la soumission ». Non ! Il nous demande la libre adhésion. Et il n’en est pas sans le droit de rire de lui et de ses prophètes.