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UK : « Que cherchent-ils à faire, le faire taire jusqu’à sa mort ? » : à Londres, les soutiens de Julian Assange manifestent leur colère

Pas d’extradition pour les “infractions politiques”

mercredi 9 septembre 2020, par siawi3

Source : https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/assange/que-cherchent-ils-a-faire-le-mettre-en-cellule-pour-le-faire-taire-jusqua-sa-mort-a-londres-les-soutiens-de-julian-assange-manifestent-leur-colere_4097557.html

« Que cherchent-ils à faire, le faire taire jusqu’à sa mort ? » : à Londres, les soutiens de Julian Assange manifestent leur colère

La justice britannique a repris lundi l’examen de la demande d’extradition de Julian Assange, réclamée par les États-Unis, après plusieurs mois d’une interruption causée par la pandémie de Covid-19. Ses soutiens s’étaient donné rendez-vous devant le tribunal pour alerter sur son sort.

Photo : Des manifestants lors d’un rassemblement de soutien à Julian Assange devant la cour criminelle de Londres, le 7 septembre 2020. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

Edité par Pauline Pennanec’h
Richard PlaceRadio France

Mis à jour le 07/09/2020 | 17:49
publié le 07/09/2020 | 17:41

Dans cette rue grise et froide du centre-ville de Londres, engoncée entre des immeubles modernes, quelques soutiens de Julian Assange se sont rassemblés face à la cour criminelle, pancarte à la main. Tous réclament la libération pure et simple de Julian Assange, dont la demande d’extradition réclamée par les États-Unis est de nouveau examinée par la justice britannique.

Photo : Des manifestants lors d’un rassemblement de soutien à Julian Assange devant la cour criminelle de Londres, le 7 septembre 2020. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

L’Australien de 49 ans est poursuivi notamment pour espionnage par la justice américaine, pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. Les États-Unis reprochent au fondateur de WikiLeaks d’avoir mis en danger des sources des services américains. Les avocats d’Assange dénoncent quant à eux une procédure « politique » fondée sur des « mensonges ». Il risque 175 ans de prison et est actuellement en détention à la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh, dans des conditions dénoncées par le rapporteur de l’ONU sur la torture.

« Le crime est celui du système judiciaire »

Quelques mètres plus loin, une scène a été érigée sur le trottoir. Les soutiens du fondateur de WikiLeaks se succèdent au micro, ils haranguent la foule, quelques centaines de personnes acquises à sa cause. Au milieu de ce mouvement très organisé, Jennifer affiche sa détermination. Elle était là pour les manifestations précédentes, et sera là pour les suivantes, car ce qui se passe dans ce tribunal l’inquiète. « Si cet homme a commis un crime, 175 ans de prison ne servent à rien, assure la jeune femme. Que cherchent-ils à faire, le mettre en cellule pour le faire taire jusqu’à sa mort ? De mon point de vue, le crime qui est commis dans cette affaire est celui du système judiciaire. Alors c’est important de manifester, nombreux, et de montrer que nous sommes contre tout ça. »

Photo : Des manifestants lors d’un rassemblement de soutien à Julian Assange devant la cour criminelle de Londres, le 7 septembre 2020. (RICHARD PLACE / RADIO FRANCE)

Le père de Julian Assange vient glisser quelques mots à ces manifestants. Dans son costume sombre et tout en retenue, il les remercie pour ce soutien si précieux pour son fils, avant de se faufiler dans le tribunal. Stewart a passé une heure dans les transports en commun pour venir ici et tenir sa pancarte où il dénonce le procès en cours. « Je viens de Luton et je vais essayer d’être là tous les jours, explique-t-il. Il n’a commis aucun crime, n’est-ce pas ? C’est injuste. »

C’est un cirque, c’est une farce. Il est traité comme le pire des terroristes.Stewart, un manifestant à franceinfo

Les prises de parole se terminent, la scène est démontée mais la manifestation se poursuit en musique. Ils veulent signifier leur présence, montrer qu’ils sont déterminés.

AUDIO ici

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Source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/julian-assange-la-bataille-autour-de-son-extradition-reprend_fr_5f55f752c5b6946f3eb4aab0?ncid=other_huffpostre_pqylmel2bk8&utm_campaign=related_articles

07/09/2020 11:33 CEST

Julian Assange : la bataille autour de son extradition reprend

Les Etats-Unis reprochent à Assange d’avoir mis en danger des sources des services américains. Ses avocats dénoncent des poursuites pour des « raisons politiques ».

AFP

Photo : La bataille autour de l’extradition de Julian Assange reprend (Photo : Julian Assange est arrêté à Londre et defféré devant la Cour le 11 avril 2019. REUTERS/Hannah McKay)

ASSANGE - Après plusieurs mois d’une interruption prolongée par la pandémie de nouveau coronavirus, la justice britannique reprend ce lundi 7 septembre l’examen de la demande d’extradition du fondateur de Wikileaks Julian Assange, réclamé par les Etats-Unis qui veulent le juger pour la diffusion de centaines de milliers de documents confidentiels.

L’Australien de 49 ans est poursuivi notamment pour espionnage par la justice américaine, pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. Il risque 175 ans de prison.

Les Etats-Unis reprochent au fondateur de WikiLeaks d’avoir mis en danger des sources des services américains. Les avocats d’Assange dénoncent quant à eux une procédure “politique” fondée sur des “mensonges”.
Son extradition similaire à une “peine de mort”

Avant la reprise à Londres de l’audience, qui doit durer trois ou quatre semaines, ses soutiens ont appelé à une manifestation devant la cour criminelle de l’Old Bailey ce lundi matin.

Julian Assange est actuellement emprisonné à la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh, où ses conditions de détention ont été dénoncées par le rapporteur de l’ONU sur la torture.

Son extradition s’apparenterait à une “peine de mort”, a déclaré son avocate Stella Moris, devenue sa compagne, au Times samedi. La jeune femme de 37 ans craint que Julian Assange ne mette fin à ses jours et que les deux enfants qu’elle a eus avec lui pendant qu’il était reclus à l’ambassade d’Equateur à Londres ne grandissent sans leur père.

Le fondateur de Wikileaks avait été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de la représentation diplomatique équatorienne, où il s’était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les Etats-Unis.

Pas d’extradition pour les “infractions politiques”

Il revient à la justice britannique de déterminer si la demande américaine d’extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n’est pas disproportionnée ou incompatible avec les droits de l’Homme.

Mais quelle que soit la décision, il est “presque certain” qu’elle sera frappée d’appel par la partie qui n’aura pas eu gain de cause, a souligné à l’AFP John Rees, l’un des responsables de la campagne contre l’extradition d’Assange.

Lors des quatre jours d’audience qui se sont tenus en février, Julian Assange était apparu parfois confus, ayant du mal a maintenir son attention.

L’un des avocats du fondateur de Wikileaks, Edward Fitzgerald, s’était devant la juge dressé contre des poursuites motivées par des “raisons politiques” et donc nulles, dans la mesure où l’accord américano-britannique interdit “expressément” les extraditions pour les “infractions politiques”. L’avocat a accusé le président américain Donald Trump de vouloir faire de son client un “exemple” dans sa “guerre contre les journalistes d’investigation”.
Accusé d’avoir mis en danger la vie de sources américaines

De son côté, le représentant des Etats-Unis James Lewis a fait valoir que le fondateur de Wikileaks “n’est pas inculpé pour avoir dévoilé des informations embarrassantes ou gênantes” mais pour avoir mis en danger la vie de sources américaines en publiant cette foule de documents. Assange est responsable de “l’une des plus vastes compromissions d’informations classifiées de l’histoire des Etats-Unis”, avait-il dénoncé.

Parmi les documents publiés figurait une vidéo montrant des civils tués par les tirs d’un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007, dont deux journalistes de l’agence Reuters.

Au coeur des débats se trouve également la question de savoir si Julian Assange mène des activités journalistiques, qui doivent être protégées comme telles. Une quarantaine d’organisations de défense des droits de l’Homme et de la liberté de la presse ont récemment encore appelé à sa “libération immédiate”.

L’appel pour que Paris accorde à Julian Assange l’asile politique a été renouvelé le mois dernier par une association française militant pour les droits des détenus, Robin des Lois. Une demande ardemment plaidée en février dernier par son avocat français Eric Dupond-Moretti, qui depuis a raccroché la robe pour devenir ministre de la Justice.