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Algérie : Un leader islamiste appelle à voter « contre le courant laïque »

mercredi 30 septembre 2020, par siawi3

Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/abderrazak-makri-appelle-a-voter-contre-le-courant-laique-29-09-2020

Estimant que le projet de la constitution reflète cette « orientation »
Abderrazak Makri appelle à voter « contre le courant laïque »

Madjid Makedhi

29 septembre 2020 à 11 h 07 min

Le président du MSP, Abderrazak Makri, rejette le projet de la révision constitutionnelle pour des raisons… idéologiques. C’est qu’il a confirmé, hier, lors d’une conférence de presse animée au siège de son parti.

Le leader islamiste, qui manifeste une sympathie pour la laïcité turque, crie au scandale en Algérie sous prétexte que « le projet de la révision constitutionnelle, qui sera soumis à référendum le 1er novembre prochain, refléterait l’orientation laïque de ses rédacteurs ». « Il faut voter ‘‘non’’ pour rejeter le courant laïque », lance-t-il, en s’adressant à ses partisans.

Pour lui, « ce texte contient une orientation laïque, c’est pourquoi il faut aller aux urnes pour le faire tomber ». Interrogé sur la signification du choix fait par son parti de participer au référendum pour dire « non » au projet et écarter celui du boycott de l’échéance, le président du MSP précise : « Il y a un courant dont toutes les idées sont dans ce projet, mais il appelle au boycott du référendum.

Il y a aussi des lobbys qui se retrouvent dans cette Constitution. Pour nous, puisque il y a une possibilité de passer par les urnes, nous allons l’exploiter pour faire tomber ce texte. » Et d’avouer : « Ce projet ne reflète pas l’orientation badissia-novembaria. »

Le chef du MSP donne ainsi l’impression qu’il « s’est fait avoir » en s’engouffrant dans la démarche du pouvoir d’aller « à une révision profonde de la Loi fondamentale du pays ». Il le dit indirectement, en précisant que toutes les propositions de son parti sont passées à la trappe.

Avant de se prêter à la séance des questions-réponses, Abderrazak Makri a tenté d’emballer ce rejet idéologique de la Constitution dans une sorte de critiques d’un certain nombre de dispositions liées à la « nature du régime », à « l’indépendance de la justice » et au « respect de la majorité parlementaire ».

Il se focalise aussi sur certains articles en lien avec, toujours, l’idéologie, tout en s’offusquant du fait que « la Déclaration du 1er Novembre 1954 ne soit pas intégrée dans la liste des articles intangibles ». « Il y a des articles nocifs.

D’abord concernant l’identité, l’article 65 qui stipule que ‘‘l’Etat veille à la neutralité des institutions éducatives et à la préservation de leur vocation pédagogique et scientifique en vue de les protéger de toute influence politique ou idéologique’’ veut instaurer une école laïque », déclare-t-il, estimant que son parti est « pour la protection de l’école de l’influence des partis, mais pas du rejet des références à l’islam et l’arabité ».

Il conteste également, dans la foulée, le fait d’ignorer la proposition de sa formation portant sur « la consécration de la charia comme une des sources de la loi » et « la prohibition du français dans les administrations et institutions publiques ». « Le français est l’ennemi de la langue arabe en Algérie », dit-il. Abderrazak Makri sort ainsi du bois.

Il avait tenté, pendant des années, de se donner l’image d’un homme politique « ouvert » et « conciliant »…