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France : Le discours de Macron sur le Séparatisme islamiste : un discours réussi, un combat incertain

Première reculade : Le mot « séparatisme » va être supprimé de l’intitulé du texte

mardi 6 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.revuedesdeuxmondes.fr/separatisme-islamiste-discours-reussi-combat-incertain/

L’édito
Séparatisme islamiste : un discours réussi, un combat incertain

Valérie Toranian

Oct 5, 2020

S’il ne fallait retenir qu’une chose du discours du président Macron sur le séparatisme, c’est qu’il y nomme (enfin) clairement ce qui pose problème : le séparatisme islamiste. C’est un pas de géant dans la communication du chef de l’État dont le moins qu’on puisse dire est qu’il revient de loin. L’homme qui déclarait que la société « n’avait pas à être laïque » vient d’opérer un revirement spectaculaire. Il aura fallu trois ans et demi. Et peut-être que le procès Charlie, puis le récent attentat de la rue Nicolas Appert l’ont aidé à trancher dans le vif… Peu importe. Le ton employé, les exemples donnés, la fermeté affichée ont rassuré tous ceux qui craignaient une dérobade de plus. Emmanuel Macron n’a pas eu peur de citer comme contraire aux valeurs républicaines, les petites filles de 7 ans en voile intégral dans des écoles clandestines, les parents qui retirent leurs enfants de l’école à cause de cours de musique contraires à la religion, les menus confessionnels imposés à la cantine, la revendication d’horaires distincts entre les femmes et les hommes dans les piscines, les agents de la RATP qui refusent l’accès aux femmes en tenues indécentes, la radicalisation à la RATP, SNCF, Roissy… Bravo M. le président.

Il faudra attendre le 9 décembre, date anniversaire de la loi de 1905, pour connaître les détails du projet de loi présenté en Conseil des ministres. Mais on en connaît déjà les mesures phares. Obligation de neutralité étendue aux salariés des entreprises délégataires de services publics (RATP, SNCF…) ; dissolution des associations culturelles et sportives qui jouent un rôle fondamental dans l’entrisme islamiste ; charte de la laïcité pour toute association sollicitant une subvention publique ; enseignement de l’arabe dans le cadre scolaire ; fin des imams détachés rémunérés par l’étranger. Et surtout, ce que le président considère comme une mesure déterminante, l’obligation de l’instruction à l’école et non au domicile dès 3 ans (sauf raisons de santé) pour lutter contre l’endoctrinement islamiste.

« Les imams « républicains » ressembleront un peu aux prêtres assermentés de 1791 : les « vrais » catholiques n’en voulaient pas ; les « vrais » (comprendre les plus radicaux) musulmans n’en voudront pas plus. »

Si Emmanuel Macron n’a pas raté son discours sur le séparatisme, va-t-il pour autant réussir son combat contre l’islam politique ? Les mesures qu’il préconise vont-elles en venir à bout ? Sont-elles adaptées à la complexité du fléau ? On aimerait dire oui mais le doute demeure. Pour plusieurs raisons.

Certaines mesures risquent d’être retoquées par le Conseil constitutionnel et d’affaiblir le discours du président. C’est le cas de l’obligation de scolarité pour tous dès 3 ans. On comprend bien l’intention car l’endoctrinement commence très jeune : plus l’enfant intègre le système scolaire tôt, plus il a des chances de voir sa scolarité partir sur de bonnes bases. Mais le libre choix par la famille du cadre d’instruction de leurs enfants est garanti par la loi. Et surtout des lois existent déjà pour surveiller ceux (y compris les parents) qui dispensent des enseignements sectaires ou des enseignements « bidons ». La sanction consiste en l’obligation de rescolariser leurs enfants. Il suffit d’inspecteurs en nombre suffisants pour inspecter (et qui connaissent l’arabe ou le turc…), de préfets qui prennent des décisions rapides de fermeture… : le législateur a tout prévu. Encore faut-il que la loi soit appliquée. Que les moyens existent. Et que les agents publics aient le courage de sanctionner. Ce qui n’est actuellement pas le cas. Le port de la burqa est prohibé. Combien de PV sur la voie publique ? Pratiquement aucun.

L’enseignement de l’arabe dans le cursus scolaire n’empêchera en rien l’islamisation. L’argument selon lequel si l’arabe était enseigné à l’école, les enfants n’iraient pas l’apprendre à la mosquée est faux. Ce n’est pas l’arabe qui est recherché mais l’enseignement coranique. Les cours actuellement dispensés dans le collège ne sont pas un franc succès pour cette raison. Quant à mettre en place l’arabe en cours primaire, si cela se traduit par la création de classes homogènes (rassemblant tous ceux qui veulent apprendre l’arabe), cela reviendra à créer des classes ghetto. L’exact contraire du projet républicain. Et qui donnera de tels cours ? Des profs étrangers, exclusivement tunisiens pour l’arabe (la Tunisie n’est pas en soi un gage de laïcité, vu la force d’Ehnahda sur place) et plus essentiellement turcs, tous ralliés à l’islamo-nationalisme d’Erdogan. Pourra-t-on vraiment assurer la surveillance de ces cours ? Sont-ils vraiment indispensables ? La priorité n’est-elle pas au renforcement des enseignements fondamentaux ?

Contrôler l’islam en France, en mettant fin au système des imams détachés de l’étranger, permettra à la majorité tranquille des musulmans de bénéficier d’imams formés en France. C’est une bonne chose, même si elle reste difficile à réaliser. Mais créer un diplôme universitaire, former des imams, les rémunérer par la cagnotte du Pèlerinage à la Mecque (business probablement assuré par l’Amif, association proche des frères musulmans…) n’empêchera pas la radicalisation de s’accomplir par ailleurs. Car les imams « républicains » ressembleront un peu aux prêtres assermentés de 1791 : les « vrais » catholiques n’en voulaient pas ; les « vrais » (comprendre les plus radicaux) musulmans n’en voudront pas plus. Ils ont d’autres sources religieuses où s’abreuver : les réseaux sociaux, les antennes paraboliques, les sites fréristes, salafistes…

« Ne soyons pas naïfs. La France est l’un des pays les plus généreux en matière de politique de la ville, d’aides sociales, de subventions. Quoi qu’elle fasse, elle ne trouvera jamais grâce aux yeux de ceux qui veulent détruire le consensus républicain. »

L’agenda islamiste n’est pas un agenda français. Le président l’a lui-même reconnu. Il s’appuie sur une progression mondiale de l’islamisme, notamment en Europe. Bien sûr qu’il faut désenclaver les territoires les plus pauvres, combattre la ghettoïsation, lutter par des mesures sociales contre la précarité qui fait le lit des extrêmes. Mais ne soyons pas naïfs. La France est l’un des pays les plus généreux en matière de politique de la ville, d’aides sociales, de subventions. Quoi qu’elle fasse, elle ne trouvera jamais grâce aux yeux de ceux qui veulent détruire le consensus républicain. Pour qu’existe cet « amour » de la France évoqué par Emmanuel Macron, il faudrait que les Français s’aiment eux-mêmes, soient conscients de la beauté de leur pays, de leur langue, de leur histoire, de leur civilisation. Sans fierté imbécile. Mais sans renoncement, lâcheté ou résignation. Pour que l’islamisme soit vaincu, il faut cinq conditions :

1. une vraie détermination. Le président semble l’avoir.
2. Un État profond et une administration qui jouent le jeu, surveillent et sanctionnent. En ont-ils la volonté ?
3. Des profs bien rémunérés et soutenus par leur institution. Le sont-ils ?
4. Une élite française « musulmane » (issue des communautés d’origine musulmane) capable de s’opposer à l’islam politique, car elle seule peut véritablement créer la contradiction. Existe-t-elle en force suffisante ?
5. Une élite française qui ne se perde pas dans un islamo-gauchisme qui fait le bonheur des séparatistes islamistes, des décoloniaux et de tous les ennemis de la République.

Et ça, c’est une autre histoire.

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Source : https://tv.marianne.net/focus/discours-sur-le-separatisme-enfin-?autoplay=true&startTime=0

Discours sur le « séparatisme » : enfin !

Video ici 1:00

05 octobre 2020

Natacha Polony

Ce 2 octobre, Emmanuel Macron prononçait (enfin) son discours sur le séparatisme. Natacha Polony se félicite de voir le Président désigner clairement l’ennemi et annoncer des mesures fermes mais craint que leur application ne soit pas une sinécure.

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Source : https://www.20minutes.fr/politique/2878367-20201006-loi-contre-separatisme-mot-separatisme-va-etre-supprime-intitule-texte

Loi contre le séparatisme : Le mot « séparatisme » va être supprimé de l’intitulé du texte

DENOMINATION Ce texte, désormais intitulé « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains », doit être examiné en Conseil des ministres le 9 décembre

20 Minutes avec AFP

Publié le 06/10/20 à 10h20 — Mis à jour le 06/10/20 à 12h21

« Projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains » : ce sera désormais le nouveau nom du projet de loi destiné à lutter contre le séparatisme, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, ce mardi sur Radio Classique.

« L’idée était bien de lutter contre le séparatisme principal qu’est l’islam radical », mais, « ce n’est pas le seul objet du texte qui s’adresse à tous les cultes, contre tous les mouvements sectaires, impose la neutralité politique et religieuse », a justifié le ministre de l’Intérieur.

La loi de 1905 ne sera pas modifiée

Gérald Darmanin a souligné que les deux premiers articles de la loi de 1905, socle de la laïcité en France, ne seraient pas modifiés. En revanche, « à la marge, nous allons renforcer des dispositions de la loi de 1905 », a-t-il poursuivi.

Le ministre a cité à titre d’exemple « l’interdiction de faire de la politique dans les lieux de culte », prévue dans la loi de 1905. Mais, a-t-il dit, cette interdiction ne s’accompagne pas de sanction dans le texte actuel. Le projet prévoira donc dans ce cas « sanction administrative » et pénale.

Adhésion aux « valeurs de la République »

Le ministre a en outre souligné qu’il sera exigé pour les dirigeants des associations cultuelles un casier judiciaire vierge de toute condamnation pour « radicalisation, ou complicité du terrorisme ou apologie du terrorisme ». S’agissant plus généralement des associations percevant des subventions ou bénéficiant de prêts de matériels, il leur sera demandé « dès le premier centime d’euro » une adhésion aux « valeurs de la République », a ajouté Gérald Darmanin.

Le ministre, qui a reçu les représentants des cultes en fin de semaine dernière ?, a commencé lundi à recevoir ceux des partis politiques. Le projet de loi doit être examiné en Conseil des ministres le 9 décembre.

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