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France : « Bénie soit Sixtine »

Book Presentation

vendredi 9 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.ladepeche.fr/2020/10/09/maylis-adhemar-jette-un-pave-dans-lintegrisme-catholique-9127485.php

Toulouse. La Toulousaine Maylis Adhémar jette un pavé dans l’intégrisme catholique

Maylis Adhémar.

Maylis Adhémar. Photo Rémy Gabalda

Livres et dédicaces, Haute-Garonne, Toulouse
Publié le 09/10/2020 à 05:10 , mis à jour à 06:40

l’essentiel :
Signé par la Toulousaine Maylis Adhémar, « Bénie soit Sixtine » est l’un des romans les plus saisissants de la rentrée littéraire. L’auteure présentera cette plongée dans les milieux catholiques intégristes, samedi, à Ombres Blanches.

L’année 2020, si difficile pour tant de gens, restera un excellent millésime pour Maylis Adhémar, avec un bébé tout neuf et un premier roman, publié chez un éditeur prestigieux et très remarqué par la critique. Le sujet a de quoi attirer l’attention puisque « Bénie soit Sixtine » traite de l’emprise des milieux catholiques intégristes sur une jeune femme, dont la foi est sincère mais l’environnement toxique. En 300 pages qui se dévorent, le livre, juste et bouleversant, raconte l’histoire d’une émancipation réussie, forgée par la révolte et un bel appétit de vivre. Sacrée réussite pour Maylis Adhémar, journaliste toulousaine (elle travaille notamment pour « ça m’intéresse ») qui intervient également en collèges et lycées sur l’éducation aux médias (1).

A lire « Bénie soit Sixtine », on sent que vous connaissez bien votre sujet…

Ma famille est proche des milieux catholiques intégristes mais comme nous vivions à la campagne, dans le Tarn, j’ai pu aller à l’école publique et garder des portes ouvertes sur le monde. Comme mon héroïne, j’ai participé à des camps d’été organisés par ces mouvements. J’y ai rencontré des filles qui étaient de futures Sixtine, destinées à se marier jeunes et à avoir plein d’enfants. J’en ai revu une, qui avait procréé 6 fois en 7 ans. Je la sentais éprouvée, épuisée mais elle ne se posait pas de question ; elle suivait un schéma.

Pour autant, votre livre n’est pas seulement la dénonciation d’un milieu oppressant. Il cultive un savant suspense…

Je veux le rappeler avec force : mon roman ne se résume pas à la dénonciation des intégristes catholiques. C’est avant tout l’histoire d’une émancipation féminine autour de la maternité. Que j’ai voulu écrire de manière très romanesque, avec de la tension et des rebondissements.

Sixtine quitte Nantes et sa belle-famille pour Sauveterre-de-Rouergue. L’éloignement lui était-il nécessaire ?

Bien sûr. D’abord pour prendre ses distances, dans tous les sens du terme. Et puis parce qu’en ville, elle ne fréquentait que son propre milieu. A la campagne, elle est au contact de gens très différents. C’est pour elle une ouverture incroyable.

Comment vivez-vous cette rentrée littéraire et l’intérêt qu’on vous porte ?

J’ai d’abord vécu avec bonheur le fait d’être publiée. Je ne connaissais pas du tout le monde de l’édition ; cela a été une surprise totale. Je me retrouve au milieu de plus de 500 romans sortis depuis août. Je dois répondre à beaucoup de sollicitations, aller en librairie, participer à des salons (et bientôt au Marathon des mots). Ce qui me réjouit le plus, c’est le retour des lecteurs. Ce sont souvent des jeunes filles et elles sont touchées par le livre, par le parcours de Sixtine.

« Bénie soit Sixtine », de Maylis Adhémar (Julliard, 300 p. 18€).Rencontre avec l’auteure samedi 10 octobre à 16 h à la librairie Ombres Blanches (3, rue Mirepoix), Toulouse.(1) Avec l’association Apprenti reporter d’Oc.

Touchant ou « pervers » ?

Beaucoup de lecteurs ont aimé « Bénie soit Sixtine », y compris chez les catholiques très pratiquants. « Après une réticence première, plusieurs m’ont avoué avoir été séduits. Ils ont compris que mon roman n’est pas une charge contre la religion.La Vie, par exemple, en a fait une chronique très positive ». Chez les intégristes, par contre, la pilule ne passe pas. « Un de leurs journaux a parlé de livre pervers. Quelques courriers me disent quec’est unehonte. Je le répète, il y a une grande différence entre la foi, qu’on vit de manière intime et que je ne critique pas et l’intégrisme, qui vise à forcer les autres à croire à sa façon. »
Jean-Marc Le Scouarnec