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France : La méthode djihadiste

dimanche 18 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/agora/la-methode-djihadiste?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20201018&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

La méthode djihadiste

Par Martine Gozlan

Publié le 17/10/2020 à 18:03

Aujourd’hui, comme hier, les assassins frappent avec la même méthode pour déstabiliser une société toute entière. Échos de sang au passé et au présent.

Voilà comment les choses sont arrivées dans un pays qui n’est pas le nôtre :

D’abord ils ont liquidé les journalistes.

Et les policiers.

Ensuite les intellectuels.

Puis les médecins.

Les juifs, il n’en restait plus.

Alors les chrétiens qu’il restait encore.

Puis les instituteurs.

Et les profs.

Et les femmes non voilées.

Puis toutes les femmes qui étaient dehors, dans la rue, de 7 à 87 ans.

La riposte, au départ, a été énorme, magnifique. Des cortèges immenses, avec des femmes, des vieux, des jeunes, des profs de fac, des cafetiers, qui ne voulaient pas de ça. Les larmes coulaient pour les morts et les mains des vivants s’étreignaient. Les salauds ne passeraient pas.

Il y a eu des gardes civils dans les villages. Des anciens résistants qui remettaient ça, ressortaient leur non brûlant des caves du passé. Que les égorgeurs viennent y voir, une patrie ça se défend.

La riposte a été solitaire. Dans un pays, le nôtre celui-là, on a gommé, aveuglé, réécrit tous les SOS.

Non, les assassins n’étaient pas les assassins.

Non, on ne savait pas qui tuait qui même si tout était revendiqué à la virgule près, en arabe, en français, en anglais.

Le régime de ce pays qui n’était pas une démocratie a mis le paquet. Né d’une ancienne guerre, face à ses guerres intérieures, il a décrété l’État de guerre et fait la guerre. Ses soldats n’étaient pas des anges, c’était coup pour coup, Ninjas contre GIA. Contre les groupes islamiques armés. Et les Frères à chaque carrefour. Les Frérots. Les Fréroces comme on les appelait avec cet humour qui refusait de mourir.

La mémoire vous revient ?

C’était voici trente ans en Algérie.

Années 1990.

Ce qui leur tombait dessus ne pourrait jamais arriver, bien sûr, à un pays civilisé comme le nôtre. Le djihadisme est une invention. L’islamisme est le libre choix des musulmans. Le voile intégral et intégriste est une liberté. On leur faisait la leçon sur cinq colonnes à la Une de la quasi-totalité des médias français.

Sauf :

L’Humanité

L’Evénement du Jeudi, in memoriam.

Marianne, tout chaud, tout neuf.

Et son patron Jean-François Kahn.

Je dois oublier de nombreux ami(e)s de plume et de combat, pardon. Une armée de sociologues et d’experts se leva alors pour nous traiter de suppôts vendus à l’armée du pays qui saignait, de réacs barbotant dans la Nostalgérie. On n’aimait pas les musulmans, voilà ! On ne comprenait rien à ce qui était bon pour eux.

Pendant ce temps-là :

150 000 à 200 000 morts musulmans.

Des femmes enlevées par centaines, pour le service des « maquisards » djihadistes, dénudées pour ne pas s’échapper des bordels dédiés aux jouissances des guerriers d’Allah.

Puis exécutées.

Tout cela fut écrit, documenté, enquêté. D’autres tempêtes se levaient, au-delà des déserts, après le coup de sirocco maghrébin qui les avait annoncées. On continua à plaider devant les tribunaux français, contre des inquisiteurs idéologiques français, la vérité des victimes algériennes de l’islamisme. Années 2000.

L’Algérie feint de se relever mais la propagande des bourreaux a traversé insidieusement la mer, grandement aidée par le courant intello du marigot parigot qui ne se dit pas encore indigéniste ni décolonial, mais c’est tout comme. Nous connaissons la suite.

Tahar Djaout, journaliste et poète assassiné en mai 1993 à Alger, écrivait, écrit toujours en nous depuis l’ombre et le combat qui s’attachent à ses mots : « Le silence c’est la mort, et toi, si tu te tais tu meurs, et si tu parles, tu meurs, alors dis et meurs ! »

Par Martine Gozlan