Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > Uncategorised > France : Préfets et policiers expliquent leurs difficultés dans la lutte (...)

France : Préfets et policiers expliquent leurs difficultés dans la lutte contre l’islamisme

vendredi 23 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/prefets-et-policiers-expliquent-leurs-difficultes-dans-la-lutte-contre-l-islamisme-20201021

Préfets et policiers expliquent leurs difficultés dans la lutte contre l’islamisme

Libérations prématurées de détenus, mesures de sûreté trop restreintes, entrave de plusieurs pays sources aux expulsions… Les problèmes évoqués à Beauvau sont légion.

Par Jean-Marc Leclerc

Publié hier 21.10.20 à 20:17, mis à jour hier à 20:17

Photo : Vue intérieure de la nouvelle zone spéciale dédiée aux islamistes radicaux au pénitencier de Lille-Annœullin (59). Plus de 500 islamistes sont incarcérés en France. 45 d’entre eux doivent sortir avant la fin de l’année. © Lefevre/ABC/Andia.fr/© Lefevre/ABC/Andia.fr

« Je trouve que l’on a tous les moyens juridiques. Je ne vois pas ce qu’on pourrait ajouter aux multiples couches successives. » Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste, aujourd’hui président des Assises à Versailles, expose, sans fard, ce que bien des policiers pensent : ce ne sont pas vraiment les lois pénales qui présentent des failles face à l’islamisme radical, surtout depuis leur renforcement après les attentats de 2012 et 2015, mais plutôt l’application qui peut en être faite.

À LIRE AUSSI  : Terrorisme islamiste : le gouvernement a-t-il refusé toutes les propositions de la droite ?

Les outils administratifs, en revanche, semblent émoussés, à leurs yeux, et maniés trop souvent avec mollesse. « Beaucoup de décisions de la justice administrative sont prononcées par des autorités qui vivent dans leur tour d’ivoire », lâche, sévère, un commissaire de la police judiciaire.

L’acteur public agit comme il peut, au travers d’outils juridiques qu’il détourne, en quelque sorte, pour mettre fin, au moins provisoirement, à certaines situations.
Les préfets ont leur propre vision des difficultés. « Il y a ce qui est prononcé à travers le code pénal et qui peut être discuté, mais le travail de sape de l’islam radical sort souvent du champ de l’infraction », expose un grand commis du sud de la France. Selon lui, « apprendre l’obscurantisme, il n’y a pas de texte qui permet formellement de l’interdire ». Alors l’acteur public agit comme il peut, au travers d’outils juridiques qu’il détourne, en quelque sorte, pour mettre fin, au moins provisoirement, à certaines situations.

Là, c’est une école coranique que l’on fait fermer pour six mois, parce qu’on y endoctrine des filles de moins de 10 ans voilées de la tête aux pieds. Motif invoqué par la préfecture : manquement aux règles d’hygiène et de sécurité. Le contrôle fiscal est aussi une arme utile, mais l’État biaise en jouant à ce jeu.

Sortir du clair-obscur

C’est bien pour sortir de ce clair-obscur que l’exécutif veut graver dans le marbre de sa future loi contre le « séparatisme » certaines dispositions qui doivent faciliter les suspensions ou cessations d’activité d’associations. La sanction tomberait si elles contreviennent aux valeurs de la République, par le discours ou le comportement. « Ce peut être, par exemple, le fait d’enfreindre l’égalité hommes-femmes », explique un éminent préfet affecté en cabinet ministériel.

David Le Bars, le patron du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), renchérit : « Pour les mosquées islamistes, il y a une différence entre les imams et l’association cultuelle, et cette dichotomie forme un angle mort. L’imam peut parfois tenir des propos qui relèvent de la loi pénale, et l’association ne pas le faire et ne pas être incriminée. »C’est un souci que la loi doit corriger, selon lui.

« Il peut y avoir des loupés »

La question des détenus islamistes sortant de prison agite également. Ils sont plus de 500 à être incarcérés en France ; 45 doivent être sortis avant la fin de l’année, et une soixantaine l’an prochain. « On s’y prépare, on met des sonnettes pour réussir les expulsions souhaitables, mais il peut y avoir des loupés », assure un préfet. Un juge d’application des peines peut décider une sortie sans crier gare.

Les mesures de surveillance de ce public dangereux par les services de renseignement sont efficaces pour six mois, renouvelables une fois. C’est trop court.

Un autre préfet

Un autre préfet confie : « Les mesures de surveillance de ce public dangereux par les services de renseignement sont efficaces pour six mois, renouvelables une fois. C’est trop court. » Selon lui, « l’éloignement lui-même est un chemin de croix. Il faut vérifier que l’étranger est expulsable ou non. Or, avec la pandémie, il y a moins d’avions pour les renvoyer. L’Algérie, par exemple, sous mesures Covid, ne prend plus personne. Elle coopérait déjà peu… » Il poursuit : « On peut garder le détenu en centre de rétention administrative, mais, quand le pays source refuse de délivrer un laissez-passer, le juge des libertés nous objecte qu’il n’y a pas de perspectives d’éloignement. Donc le détenu sort. Il ne nous reste plus que l’assignation à résidence, peu contraignante. »

Les réseaux sociaux ? « On voit ce qui circule sur le net, mais pas toujours qui est derrière. Les opérateurs ne sont pas tous transparents », déplore un gendarme de haut rang. L’ancien patron de la Police nationale, Frédéric Péchenard, réclame, lui, « la levée totale de l’anonymat sur les réseaux sociaux ». Qu’en pensent les lanceurs d’alerte ? La bataille législative sur tous ces points sera rude.

La rédaction vous conseille
• Barbara Lefebvre : Le discours sur le séparatisme a été à la hauteur mais doit être suivi d’effet
• Dissolution des associations, fermeture des lieux de prière… Des mesures chocs juridiquement difficiles à appliquer