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France : Le fondateur de l’association islamique BarakaCity à nouveau en garde à vue, accusé de cyberharcèlement

vendredi 23 octobre 2020, par siawi3

Source :https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/21/le-fondateur-de-barakacity-a-nouveau-en-garde-a-vue-accuse-de-cyberharcelement_6056887_3224.html

Le fondateur de l’association islamique BarakaCity à nouveau en garde à vue, accusé de cyberharcèlement

Driss Yemmou, dit Idriss Sihamedi, est soupçonné de harcèlement en ligne envers une ancienne journaliste de « Charlie Hebdo ».

Le Monde avec AFP

Publié hier à 21h36, mis à jour à 09h50

Photo : Driss Yemmou, dit Idriss Sihamedi, est soupçonné de harcèlement en ligne envers une ancienne journaliste de « Charlie Hebdo ». MARTIN BUREAU / AFP

Le président de l’association islamique BarakaCity, Driss Yemmou, dit Idriss Sihamedi, a été placé en garde à vue mercredi 21 octobre. Il est soupçonné de harcèlement en ligne envers Zineb El Rhazoui, ancienne journaliste de Charlie Hebdo, a appris l’Agence France-Presse (AFP), une semaine après avoir été interpellé pour des faits similaires.

Le président de BarakaCity, ONG islamique fondée par des musulmans au profil salafiste et visée par une procédure de dissolution, s’est présenté mercredi matin à la police judiciaire parisienne. Il devait être entendu dans le cadre d’une enquête du parquet de Paris après la plainte de Zineb El Rhazoui, ex-collaboratrice du journal satirique.

Lire aussi : BarakaCity, l’ONG islamique qui dérange

La semaine dernière, M. Sihamedi avait été placé en garde à vue dans l’Essonne dans le cadre d’une autre enquête pour harcèlement en ligne, après la plainte le 18 septembre d’une chroniqueuse de la radio RMC, Zohra Bitan. Elle faisait état de « 120 Tweet diffamatoires » publiés sur son compte Twitter par M. Sihamedi. Ce dernier avait pris à partie les deux femmes, à qui il reproche leurs critiques de l’islam dans les médias. Dans cette première affaire, il a été libéré sous contrôle judiciaire le 15 octobre et est convoqué au tribunal correctionnel d’Evry le 4 décembre.

Ses avocats dénoncent un « climat politique »

Cette nouvelle garde de vue de M. Sihamedi intervient le jour où le gouvernement a engagé une procédure de dissolution contre son ONG. « Le contexte de cette procédure, son timing millimétré et le délai de cinq jours imparti pour répondre aux observations sur la dissolution de BarakaCity n’est pas anodin, a réagi auprès de l’AFP l’avocat de M. Sihamedi, Samym Bolaky. Le climat est évidemment politique et nous le dénonçons ».

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Le ministère de l’intérieur, dans sa notification de demande de dissolution administrative envoyée mardi soir à M. Sihamedi, évoque des « messages publiés en ligne depuis les comptes de l’association ou (ceux de son président) » qui « provoquent de très nombreux commentaires hostiles à l’Occident, à la laïcité, aux francs-maçons ou encore aux musulmans qui ne partagent pas la conception de l’islam promue par l’association ». Il est également fait état de commentaires antisémites après ces messages.

Les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth, qui défendent l’ONG, ont dénoncé « l’indigence des motifs construits de toutes pièces par l’administration pour discréditer l’association, à travers son président, ainsi que la célérité de cette décision ». Dans un Tweet, l’association a annoncé que ses avocats allaient saisir le Défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme pour « contester cette mesure arbitraire ».

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Le Monde avec AFP