Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > France : La justice condamne l’apologie du crime

France : La justice condamne l’apologie du crime

samedi 24 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/23/samuel-paty-meritait-de-mourir-quatre-mois-de-prison-avec-sursis-pour-une-etudiante_6057181_3224.html

Samuel Paty « méritait » de mourir : quatre mois de prison avec sursis pour une étudiante

L’étudiante de 19 ans a « regretté » avoir écrit ce commentaire sur Facebook et s’est excusée pour son message rédigé « trop vite » et « sans réfléchir ».

Publié aujourd’hui 23 10 2020 à 21h24

Photo : Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été décapité le 16 octobre, dix jours après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. ERIC GAILLARD / REUTERS

Une étudiante en biologie de 19 ans, qui avait écrit sur Facebook que Samuel Paty « méritait » de mourir, a été condamnée, vendredi 23 octobre, par le tribunal correctionnel de Besançon à quatre mois de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ». La jeune femme, jugée en comparution immédiate, devra également effectuer un stage de citoyenneté dans les six mois à venir.

Lire aussi : Attentat de Conflans : le terroriste était en contact avec au moins deux présumés djihadistes en Syrie

Commentant un article de L’Est républicain qui annonçait un rassemblement en mémoire de l’enseignant, publié sur la page Facebook du quotidien régional, l’étudiante avait écrit : « Il mérite pas d’être décapité, mais de mourir, oui. » Ce commentaire, signalé par un internaute sur Pharos (la plate-forme de signalement des contenus illicites en ligne), avait conduit jeudi à son interpellation à l’université de Besançon et à son placement en garde à vue.

« Je regrette d’avoir écrit ce commentaire, je m’en excuse. Je suis contre ce que j’ai écrit », a déclaré l’étudiante devant le tribunal, soulignant avoir elle-même « effacé le soir même » son message rédigé « trop vite » et « sans réfléchir ».

Une réaction « à chaud » sur les réseaux sociaux

« J’ai fait une très grosse erreur, ces messages ne me correspondent pas », a insisté la jeune femme, qui a assuré qu’elle ignorait les circonstances précises de la décapitation, le 16 octobre, de l’enseignant lorsqu’elle avait réagi sur Facebook. « Je ne suis pas du tout contre le fait [que Samuel Paty] ait montré une caricature. C’est un professeur qui présente son cours comme il le souhaite », a ajouté cette jeune fille issue d’une famille de musulmans qui dit « vivre [sa] religion à la maison » et avoir justement fui la violence en Algérie.

Lire aussi L’hommage au « héros tranquille » Samuel Paty et à tous les professeurs, qui « font des républicains »

Pour la procureure Margaret Parietti, qui a requis six mois de prison avec sursis probatoire et cent quatre-vingts heures de travail d’intérêt général, « nous sommes dans un contexte où on ne peut pas écrire, dire n’importe quoi ». « Je veux bien croire qu’il s’agit d’un dérapage, incompréhensible, d’un moment de folie pendant un accès de colère », a toutefois tempéré la magistrate.

L’avocate de la prévenue, Caroline Espuche, a parlé d’une « jeune femme bien insérée » qui « ne regarde pas tellement les infos » et ne savait « pas grand-chose de Samuel Paty ».

Elle était tombée « sur une vidéo du parent d’élève » qui dénonçait l’usage des caricatures de Mahomet par le professeur d’histoire-géographie lors d’un cours à ses élèves de 4e sur la liberté d’expression et l’avait comprise « comme : “on se moque des musulmans” », a plaidé l’avocate. « Aussitôt, elle fait ses commentaires, sans chercher à se renseigner, elle réagit à chaud » sur les réseaux sociaux, a affirmé l’avocate.

°°°

Source : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/amiens-huit-mois-de-prison-pour-le-detenu-qui-estime-que-la-mort-de-samuel-paty-etait-meritee-1603476433

Amiens : huit mois de prison pour le détenu qui estime que la mort de Samuel Paty était « méritée »

Vendredi 23 octobre 2020 à 20:25

Par Claudia Calmel, France Bleu Picardie

Amiens

L’homme de 43 ans a été jugé pour apologie du terrorisme et condamné ce vendredi par le tribunal judiciaire d’Amiens.

Un détenu de la maison d’arrêt d’Amiens a été condamné à huit mois de prison ferme, ce vendredi, pour apologie du terrorisme. Les faits remontent à lundi dernier : cet homme de 43 ans participait à une formation sur le tri sélectif au sein de la prison quand l’assassinat de Samuel Paty a été évoqué. Le prévenu a alors cautionné l’attentat.

« C’est bien fait pour lui. Il a eu ce qu’il méritait. »

 C’est bien fait pour lui : on ne touche pas à ma religion, on ne touche pas à mon prophète. Il a eu ce qu’il méritait »._ C’est pour ces mots que Nabil s’est retrouvé dans le tribunal judiciaire d’Amiens, ce vendredi. Des mots qui ont choqué la formatrice qui était dans la salle de cours de la prison au moment où il les a prononcés ? Mais des mots que Nabil n’assume plus vraiment à l’audience.

Certes, il a dit que c’était « bien fait ». Mais il avait mal compris : il pensait que Samuel Paty avait demandé à ses élèves de dessiner des caricatures de Mahomet.. « Et alors ? », lui demande le président du tribunal. « Qu’est-ce que ça change ? Pour vous, c’est normal qu’un être humain soit décapité ? » Nabil regrette et affirme que ses mots ont dépassé sa pensée : « Je déteste les terroristes et les tueries sont interdites dans la religion musulmane. Je suis désolé. »

Un délit passible de cinq ans d’emprisonnement

Les juges questionnent Nabil à maintes reprises pour tenter de saisir son cheminement de pensée, sans succès. Le détenu, qui purge actuellement une peine de six mois ferme pour une affaire de harcèlement, est décrit par ses co-détenus comme « plus bête que méchant », selon les mots du président. Ses avocats insistent sur ses fragilités : il est suivi à l’hôpital psychiatrique Philippe Pinel d’Amiens depuis plus de vingt ans. La procureur a rappelé que l’apologie du terrorisme est passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d’amende. Elle a requis huit mois de prison. Une peine à laquelle Nabil a finalement été condamné.

Mais pour Maître Stéphane Engueleguele, l’un de ses avocats, la justice a surréagi dans le contexte actuel.

Maître Stéphane Engueleguele © Radio France - Claudia Calmel
Il avait plaidé, tout comme Maître Djamila Berriah l’autre avocate du prévenu, la relaxe. Ecoutez ses explications :

Maître Stéphane Engueleguele, l’un des avocats du prévenu. Ecoutez ici

Les avocats de Nabi ont annoncé leur intention de faire appel.