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France : Ce que l’on sait de l’attaque au couteau à Nice qui a coûté la vie à 3 personnes

jeudi 29 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/29/attaque-au-couteau-a-nice-au-moins-un-mort-et-plusieurs-blesses-l-auteur-interpelle_6057753_3224.html

Ce que l’on sait de l’attaque au couteau à Nice qui a coûté la vie à 3 personnes

L’attaque a eu lieu à l’intérieur et aux alentours de la basilique Notre-Dame de l’Assomption. L’auteur des faits, qui a crié à de nombreuses reprises « Allahou akbar », a été blessé par balles.

Publié aujourd’hui 29.10.20 à 09h51, mis à jour à 14h20

Photo : A Nice, le 29 octobre. VALERY HACHE / AFP

Une attaque au couteau a eu lieu à l’intérieur et aux alentours de la basilique Notre-Dame de l’Assomption, à Nice, vers 9 heures, jeudi 29 octobre. Trois personnes sont mortes, deux femmes et un homme, selon des sources policières au Monde. L’auteur des faits, qui a crié à de nombreuses reprises « Allahou akbar » à la sortie de l’édifice, a été blessé par balles. En urgence absolue, il a été conduit à l’hôpital, selon ces mêmes sources.

En direct : Trois morts à Nice, le Parquet antiterroriste se saisit de l’enquête

La première victime, une femme, a été égorgée à l’intérieur du bâtiment. La deuxième victime, un homme, a été blessée mortellement à coups de couteau. Celui-ci était le sacristain de la basilique, un laïc âgé d’environ 45 ans, a fait savoir à l’Agence France-Presse (AFP), le chanoine Philippe Asso. La troisième victime a quant à elle été grièvement blessée, elle s’est ensuite réfugiée dans un café en face de l’édifice, où elle est morte quelques minutes plus tard.

C’est la police municipale qui est intervenue en premier sur les lieux, secondée par la police nationale. Les policiers de l’unité de déminage ont immédiatement été dépêchés sur place pour vérifier l’absence de dispositif explosif. Un large périmètre de sécurité a par ailleurs été déployé autour de la basilique, sur l’avenue Jean-Médecin. Aucun office n’était célébré au moment de l’attaque, mais les portes de cette grande église située sur une artère très passante ouvrent généralement vers 8 heures. « A toute heure des personnes entrent et prient », a précisé à l’AFP M. Asso.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé s’être saisi de l’enquête, ouverte pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Elle a été confiée à la direction centrale de la police judiciaire et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Emmanuel Macron se rend à Nice, le plan Vigipirate porté au niveau « urgence attentat »

Le plan Vigipirate est porté au niveau « urgence attentat » sur l’ensemble du territoire national, a annoncé jeudi devant l’Assemblée nationale le premier ministre, Jean Castex, précisant qu’un conseil de défense aurait lieu vendredi matin. Le chef du gouvernement a dénoncé une « attaque aussi lâche que barbare qui endeuille le pays tout entier ».

Plus tôt dans la matinée, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sur Twitter la tenue d’une « réunion de crise », place Beauvau. M. Castex, a alors quitté l’Assemblée nationale, où il se trouvait dans le cadre des débats sur les nouvelles mesures sanitaires pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, pour se rendre à la cellule de crise du ministère de l’intérieur.

Lire aussi Attaque à Nice : Jean Castex dénonce un acte « aussi lâche que barbare qui endeuille le pays tout entier »

« Je ne peux, une nouvelle fois dans les circonstances très difficiles que notre pays traverse, dans les épreuves qu’il subit, qu’appeler l’ensemble de la représentation nationale à l’unité et à la cohésion », a dit le chef du gouvernement aux députés, avant de promettre qu’il ferait « tout son possible » pour revenir ensuite dans l’hémicycle. Réagissant à l’annonce, les députés ont observé une minute de silence et suspendu brièvement la séance. De leur côté, les sénateurs ont également observé un moment de recueillement ce matin, avant un hommage plus solennel qui leur sera rendu dans l’après-midi.

Après un passage par la cellule de crise, Emmanuel Macron doit se rendre à Nice en début d’après-midi, sur les lieux de l’attaque, a annoncé l’Elysée. Le président de la République sera accompagné du ministre de l’intérieur, du ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, de Jean-François Ricard, procureur du PNAT, ainsi que d’Eric Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France. Il rencontrera également sur place le maire de Nice (Les Républicains, LR), Christian Estrosi, ainsi que les députés des Alpes-Maritimes Cédric Roussel (La République en marche, LRM) et Eric Ciotti (LR).

Renforcement de la surveillance des lieux de culte et des cimetières

A la suite de l’attaque survenue à Nice, M. Darmanin a immédiatement mis en place un renforcement de la surveillance des lieux de culte et des cimetières.

Adressé à l’ensemble des préfets de zone de défense, au préfet de police de Paris et à celui des Bouches-du-Rhône, ainsi qu’aux directeurs généraux de la police nationale, de la gendarmerie nationale et de la sécurité intérieure, le télégramme interne, que Le Monde a consulté, rappelle « aux forces de l’ordre placées sous [leur] autorité, la nécessité de faire preuve d’une vigilance accrue afin de prévenir tout acte qui pourrait être commis par mimétisme », notamment « en cette période des fêtes de la Toussaint ». Les effectifs de l’opération « Sentinelle » et les polices municipales pourront également être mobilisés.

Une attaque qui fait écho à celle de Conflans-Sainte-Honorine

Le mode opératoire rappelle forcément l’attentat islamiste de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le 16 octobre. La première victime de Nice a été égorgée par l’auteur présumé des faits qui a tenté de la décapiter. Deux semaines auparavant, Samuel Paty, un professeur d’histoire-géographie, avait été décapité par Abdouallakh Anzorov.

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L’attaque de Nice fait également écho à deux autres attentats islamistes. Celui survenu dans la même ville, le 14 juillet 2016. Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait assassiné 86 personnes et en avait blessé 458 autres. Au volant d’un camion, il avait foncé sur la foule réunie sur la promenade des Anglais, à l’occasion du feu d’artifice prévu pour la fête nationale, avant d’être abattu par la police. Cela rappelle aussi l’attaque survenue dans une église, déjà, à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), quelques jours après celle de Nice, le 26 juillet 2016. Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean avaient poignardé et égorgé le père Jacques Hamel au cœur de l’édifice religieux et avaient blessé grièvement un paroissien, avant de prendre en otage trois personnes. Ils avaient été abattus par les forces de l’ordre.

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