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France : Caricatures : l’archevêque de Toulouse conteste le droit au blasphème, la présidente de la région Occitanie indignée

samedi 31 octobre 2020, par siawi3

Source : https://www.ladepeche.fr/2020/10/30/on-ne-peut-pas-se-permettre-de-se-moquer-des-religions-larcheveque-de-toulouse-contre-le-droit-au-blaspheme-9173209.php

Caricatures : l’archevêque de Toulouse conteste le droit au blasphème, la présidente de la région Occitanie indignée

Photo : Monseigneur Robert Le Gall s’est prononcé contre le droit de blasphémer les religions DDM - Michel VIALA

Publié le 30/10/2020 à 15:57 , mis à jour à 18:48

Ce vendredi matin, l’archevêque de Toulouse Mgr Robert Le Gall a estimé que la liberté d’expression « a ses limites », se prononçant contre la liberté de blasphémer. Une déclaration qui fait polémique. « Ce n’est pas négociable », lui a répondu la présidente de Région Carole Delga.

Des déclarations fort peu habituelles pour un archevêque d’une France laïque. Ce vendredi 30 octobre, Monseigneur Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, s’est publiquement prononcé contre le droit de blasphémer les religions. Interrogé au micro de France Bleu Occitanie, notamment sur l’attentat perpétré jeudi 29 octobre dans une église de Nice, l’archevêque de Toulouse estime que l’on « met de l’huile sur le feu » avec des caricatures.

« On ne peut pas se permettre de se moquer des religions », a-t-il estimé. Deux semaines après l’assassinat de Samuel Paty, mort pour avoir enseigné la liberté d’expression à ses élèves en leur montrant des caricatures de Mahomet, ces mots peuvent surprendre. Pour rappel, le délit de blasphème a été aboli en France en 1881. « Il faudrait apaiser tout cela, parce que ces caricatures sont contre les musulmans, mais aussi contre la foi chrétienne », a-t-il déclaré, assurant qu’il serait plus prudent d’arrêter de les diffuser. « On voit les conséquences », a-t-il ajouté, estimant que la liberté d’expression « a des limites ». « Vous voyez ce que ça donne. » Il s’est ensuite prononcé contre la liberté de blasphémer les religions, affirmant : « On ne se moque pas impunément des religions. »

« Ce n’est pas négociable », pour Carole Delga

Ses propos ont déclenché un début de polémique. Sur son compte Twitter, la présidente PS de la Région Occitanie Carole Delga a réagi ce vendredi soir. « La laïcité, la liberté d’expression et le droit de critiquer toute institution religieuse sont indissociables de notre pacte démocratique et républicain. Ce n’est pas négociable ! », déclare-t-elle.
Un « recul » de la sécularisation", selon Méric

Cette prise de position de l’archevêque a aussi fait bondir Georges Méric, le président socialiste du Conseil départemental de Haute-Garonne. « Cette déclaration constitue un recul dans le processus de sécularisation de la religion catholique, réagit-il dans un communiqué. La liberté de blasphémer n’est pas un acte licencieux, mais appartient au droit de notre République, confirmant la liberté de penser et d’expression. »

« La démarche de laïcisation engagée par la loi de 1905 fixant le principe de séparation des églises et de l’Etat doit être poursuivie, soutenue et renforcée afin que les croyances, qui relèvent du domaine de l’intime et du domaine privé, n’aient aucune incidence sur le domaine public, l’espace citoyen, qui doit être pacifié de tout prosélytisme », ajoute Georges Méric. Par ailleurs, l’Insoumis en chef Jean-Luc Mélenchon a également fait part de son indignation. « Les digues sautent. Un évêque excuse les crimes », a-t-il asséné sur son compte Twitter.

Que pense la Conférence des Évêques, qui représente l’autorité catholique au niveau français, de cette déclaration peu habituelle ? Contactée par La Dépêche du Midi, l’institution n’était pas en mesure de réagir pour l’instant.

Pour rappel, il y a quelques jours, Emmanuel Macron avait promis de ne pas « renoncer aux caricatures » du prophète Mahomet, des propos qui ont entraîné le boycott de produits français dans des pays du monde arabe et plusieurs manifestations, notamment en Israël et à Gaza. Mercredi, c’est la nouvelle Une de Charlie Hebdo, une caricature du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a cette fois fait vivement réagir le principal intéressé. Ce dernier a évoqué une « attaque ignoble » commise par des « vauriens ».

Claire Stathopoulos et Clément Gassy