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Autriche : Attentat de Vienne Le point sur l’attaque terroriste de Vienne : bilan des victimes, revendication de l’EI et profil du tueur

mardi 3 novembre 2020, par siawi3

Source :https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/03/autriche-ce-que-l-on-sait-de-l-attaque-terroriste-a-vienne-qui-a-fait-au-moins-quatre-morts_6058342_3210.html

Attentat de Vienne

Le point sur l’attaque terroriste de Vienne : bilan des victimes, revendication de l’EI et profil du tueur

Quatre personnes ont été tuées dans cet attentat, et quinze autres blessées, dont trois restent dans un état critique. L’Autriche a décrété trois jours de deuil national.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 16h45, mis à jour à 20h31

Photo : Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz (à droite), et le président Alexander van der Bellen déposent une couronne lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes, à Vienne, mardi 3 novembre 2020. Matthias Schrader / AP

L’Autriche était sous le choc au lendemain de l’attaque qui s’est déroulée, lundi 2 novembre, dans la soirée en plein cœur de la capitale, Vienne, près d’une importante synagogue et de l’Opéra. Selon un bilan encore provisoire, quatre personnes ont été tuées et quinze autres ont été hospitalisées, dont trois dans un état critique, dans cet attentat que le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a qualifié de « terroriste ».

Le pays a décrété trois jours de deuil national. Mardi, les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments publics partout à travers le pays et une minute de silence observée à midi, tandis que les cloches des églises sonnaient. Le chef du gouvernement, le président Alexander Van der Bellen et d’autres hauts responsables ont participé à une cérémonie en hommage aux victimes.

Lire le récit  : Fusillades à Vienne, en Autriche : l’assaillant tué était un « sympathisant de l’Etat islamique »

L’assaillant avait tenté de rejoindre la Syrie

Mardi, des éléments ont commencé à filtrer sur l’identité du principal auteur de l’attentat, abattu lundi soir par les forces de l’ordre. Né à Mödling, au sud de Vienne, l’assaillant, âgé de 20 ans, avait été condamné en avril 2019 à vingt-deux mois de prison pour avoir voulu rejoindre la Syrie. Il avait été libéré de manière anticipée, ayant réussi à « tromper » le programme de déradicalisation autrichien. La procédure a bien été respectée et des contacts réguliers pris avec les agents, a fait savoir la ministre de la justice, Alma Zadic.

Le jeune homme détenait également la nationalité de Macédoine du Nord, tout comme deux autres personnes dans le collimateur des enquêteurs. Environ 150 ressortissants de ce pays ont rejoint, entre 2012 et 2016, les rangs des islamistes pour combattre en Irak et en Syrie. Ils ont, pour la plupart, été recrutés au sein de la minorité albanaise musulmane de ce pays en majorité slave orthodoxe.

L’organisation Etat islamique revendique l’attentat

L’EI a, par ailleurs, revendiqué l’attentat mardi dans un communiqué publié sur ses chaînes Telegram. Dans un texte séparé, accompagné d’une photo de l’assaillant armé, l’agence de propagande Aamaq évoque « une attaque aux armes à feu menée hier [lundi] par un combattant de l’Etat islamique dans la ville de Vienne ». Elle a aussi publié une courte vidéo dans laquelle l’assaillant armé, seul face caméra, se filme en train de prêter allégeance au chef officiel de l’organisation jihadiste Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi.

Dix-huit perquisitions, quatorze interpellations

Photo : Les enquêteurs travaillent sur les lieux de l’attentat à Vienne, le 3 novembre 2020. JOE KLAMAR / AFP

Mardi, une grande partie du centre de la capitale était toujours bouclée. Sur les lieux de l’attentat, un imposant cordon de sécurité bouclait le périmètre de l’attaque, tandis que des membres de la police scientifique étaient déployés pour relever des indices. La police a également multiplié les opérations dans la journée, menant 18 perquisitions et procédant à 14 interpellations.

Contrairement aux premières déclarations des autorités, qui avaient lancé une chasse à l’homme pour retrouver d’autres suspects, l’homme de 20 ans a visiblement agi seul. Il n’y a pas de preuve, à ce stade, de l’existence d’un deuxième terroriste, a souligné M. Nehammer.

Deux Suisses arrêtés près de Zurich

Deux jeunes hommes suisses de 18 et 24 ans ont été arrêtés mardi près de Zurich, en lien avec la fusillade à Vienne. « Les deux hommes ont été arrêtés à Winterthur mardi après-midi en coordination avec les autorités autrichiennes », a indiqué la police cantonale de Zurich dans un communiqué. En 2017, l’imam éthiopien de la mosquée An-Nur, à Winterthour avait été mis en examen par la justice cantonale pour avoir appelé au meurtre de musulmans non pratiquants.

L’éventuel lien « entre les deux personnes arrêtées et le responsable présumé des attentats fait actuellement l’objet d’enquêtes et de recherches en cours par les autorités compétentes », a ajouté la police locale.

Quatre personnes tuées, quinze autres hospitalisées

Parmi les quatre victimes figurent un homme et une femme âgés, ainsi qu’un jeune passant et une serveuse, a précisé le chancelier Kurz. Quinze personnes restaient hospitalisées, dont trois dans un état critique, selon l’association hospitalière de Vienne.

Les riverains étaient encore sonnés, en oubliant même le confinement entré en vigueur ce mardi pour lutter contre la seconde vague de la pandémie de Covid-19. Le rabbin de la communauté juive de Vienne, Schlomo Hofmeister, s’est dit « inquiet », craignant que l’attaque ait pu être liée à la synagogue. « Aucun indice ne le confirme, mais nous ne pouvons pas l’exclure », a-t-il confié. « Le bâtiment était fermé à ce moment de la journée et ce quartier est LE quartier animé de la ville. »

Il a assisté à la scène depuis la fenêtre de son appartement. « L’homme s’est dirigé en courant vers les clients des bars avec son arme, il a tiré des dizaines, peut-être même des centaines de salves », a-t-il témoigné. « Il faisait doux et c’était la veille du confinement, il a certainement profité de la situation pour faire un bain de sang. »

Des policiers et des soldats ont été mobilisés pour protéger les bâtiments importants de la capitale, et les enfants ont été dispensés d’école mardi. « Nous ne nous laisserons jamais intimider par le terrorisme et nous combattrons ces attaques avec tous nos moyens », a affirmé M. Kurz, alors que l’Autriche avait été jusqu’ici été relativement épargnée par la vague d’attentats islamistes survenue en Europe ces dernières années.
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Afflux de réactions de solidarité

Matthias Schrader / AP

Cet attentat a suscité un afflux de réactions de solidarité, du président américain, Donald Trump, en passant par son homologue russe, Vladimir Poutine, et l’ensemble des dirigeants européens, d’Ursula von der Leyen à Emmanuel Macron ou Angela Merkel.

« L’Europe est en deuil. L’un des nôtres a été durement frappé par le terrorisme islamiste », a réagi Emmanuel Macron mardi matin sur Twitter, ajoutant que la France « se tient aux côtés de l’Autriche ». Le chef de l’Etat français s’est rendu dans la journée à l’ambassade d’Autriche pour apporter « son soutien inconditionnel au peuple autrichien » et appeler à une réponse européenne contre « des ennemis qui s’attaquent à ce qu’est l’Europe ».

« Nous ferons tout, en Européens, pour nous tenir ensemble, combattre ce fléau qu’est le terrorisme et, ensemble, avancer sans rien céder d’aucune de nos valeurs », a-t-il déclaré, après avoir signé le registre de condoléances.

A l’Assemblée nationale, les députés et les membres du gouvernement, debout, ont observé mardi après-midi une minute de silence pour exprimer leur « solidarité » et leur « profonde compassion au peuple autrichien ». « Le terrorisme islamiste a frappé l’Autriche. Nos pensées vont aux victimes de cette attaque abjecte, barbare, guidée par un fanatisme aveugle dans un pays européen ami », a souligné le président de l’Assemblée, Richard Ferrand (La République en marche, LRM).

Le Monde avec AFP