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France : Nouvelles attaques contre l’imam Chalghoumi

jeudi 5 novembre 2020, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/politique/macron/bariza-khiari-lex-madame-islam-de-macron-cible-limam-chalghoumi?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20201104&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Bariza Khiari, l’ex madame islam de Macron, cible l’imam Chalghoumi

Haine BCBG

Par Martine Gozlan

Publié le 03/11/2020 à 18:44

Une pétition circule contre l’imam Hassen Chalghoumi, menacé de mort depuis longtemps par la galaxie islamiste. Cette fois, une personnalité proche d’Emmanuel Macron, Bariza Khiari, membre du bureau exécutif de LAREM, ex-vice-présidente du Sénat, signe et relaie ce texte dangereux.

Nous le vérifions et l’écrivons chaque jour ? : les menaces contre la liberté d’expression et ceux qui la défendent sont d’autant plus inquiétantes qu’elles traversent toutes les sphères de notre société. L’unanimisme à condamner les assassins et ceux qui en diffusent l’idéologie, reste pourtant l’arbre qui cache l’inquiétante forêt des ambiguïtés. C’est ainsi que circule ces jours-ci une pétition contre Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy et président de la conférence des imams de France. Cet homme, avec ses mots simples, ne cesse de dénoncer l’islamisme et l’antisémitisme depuis quinze ans. En conséquence, il a été menacé de mort, ciblé par le collectif Cheikh Yassine, désormais dissous, et son gourou Abdelhakim Sefrioui, mis en examen dans l’affaire de la décapitation du professeur Samuel Paty.

L’imam vit sous protection policière. Depuis que la réalité du crime a fait prendre conscience aux médias de l’urgence du courage, on tend enfin micros et caméras à Chalghoumi si longtemps seul, dénigré, moqué par ceux qui, avant les scandales sexuels, préféraient la prestance de Tariq Ramadan et les « Allah Akbar » pseudo-républicains de Marwan Muhammad au CCIF, une association en mauvaise posture aujourd’hui.

Une pétition qui compte presque 50 ?000 signatures

Une pétition contre Hassen Chalghoumi circulait depuis plusieurs années. Elle vient d’être réactivée avec un objectif de 50 ?000 signatures, presque atteint à ce jour, sous le titre « Pour que Hassen Chalghoumi ne soit plus le porte-parole des musulmans de France ». Le texte ajoute ? : « des musulmans qu’il ne cesse de dénigrer ». Mensonge, simplisme et hostilité parcourent ce texte bref qui a pourtant été signé et relayé avec enthousiasme par une personnalité que l’on pensait mieux inspirée sur le plan des choix intellectuels ? : Bariza Khiari, membre du bureau exécutif de LAREM, ex-vice présidente du Sénat, présidente de l’Institut des cultures d’Islam.

Surnommée la « Madame Islam » d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, cette femme de 74 ans, née en Algérie, se réclame spirituellement du soufisme, la branche mystique de l’islam. Elle s’est toujours proclamée ardemment républicaine et signait en juillet 2015, dans les colonnes de Marianne, aux côtés du philosophe Abdennour Bidar, une tribune intitulée ? : « République et Islam. Ensemble, relevons le défi » Jusqu’ici, tout va bien. L’auteur de ces lignes lui consacra même jadis un petit article enthousiaste. Mais l’« Ensemble » de Bariza Khiari semble s’être rétréci.

« C’est un repoussoir ?! »

Jointe au téléphone par Marianne à propos de cet inquiétant appel aux médias « pour qu’ils cessent d’inviter Hassen Chalghoumi, qui doit cesser de parler au nom des musulmans » (ce qu’il n’a jamais fait), Bariza Khiari justifie sa signature en termes choisis ? :

« On n’en peut plus de voir ce type sur tous les plateaux, on n’en peut plus ?! C’est un repoussoir ?! Ras le bol ?!

- Que lui reprochez-vous ?? Son accent tunisien ??

- Mais enfin, on ne voit plus que lui ?! On ne manque pourtant pas de jeunes islamologues éclairés ?!

- Vous savez qu’il est menacé de mort ? : vous ne craignez pas d’ajouter une caution à ceux qui le ciblent dans ce contexte ultra-dangereux ??

- Ca ne m’a pas effleurée.

- Il a été très dénigré par les islamistes du collectif Cheikh Yassine et par le CCIF...

- Je ne suis pas au courant. On en a marre, c’est tout ?! C’est ce que j’ai dit hier à mes amis du projet Aladin et à Eric de Rothschild, nous ne voulons pas être représentés par lui... »

Fermez le ban.

Hassen Chalghoumi, celui qui a dit le calvaire des juifs en banlieue

Répétons qu’Hassen Chalghoumi ne représente que ceux qui le suivent et ceux qui ont envie de l’écouter. Cet homme qui, malgré la mort en embuscade, dit de simples paroles de vie, de lutte, de foi, et non des paroles d’expert.

Bariza Khiari, de son côté, est sincère en mentionnant ses contacts au sein du projet Aladin, une belle réalisation œcuménique qui vise à rapprocher juifs et musulmans. L’affaire est d’autant plus trouble et éloquente. Car Hassen Chalghoumi est celui qui a dit, depuis le début des années 2000 et le calvaire des juifs en banlieue, son soutien sans partage à cette communauté visée par la haine. Le drame des « juifs d’en bas » et le profil de leurs persécuteurs n’a pas toujours été mis en avant par l’Establishment juif. Il s’est même retourné contre l’historien Georges Bensoussan qui n’a jamais mâché ses mots ni caché le réel, jusqu’à défendre la vérité devant les prétoires.

Jalousie médiatique

Beau linge et petit peuple ? : voilà la vraie fracture. Au nom des « accommodements raisonnables », ceux des « islamologues éclairés », une personnalité politique et intellectuelle musulmane souhaite donc chasser des plateaux et des studios un homme menacé, qui a le tort de parler vrai au nom du cœur et de la raison.

Il semble y avoir un peu de tout dans cette colère de l’ex-conseillère es-islam de Macron. La jalousie médiatique d’une lady délaissée, mais aussi la peur de voir le président français, face aux crimes, revenir de sa complaisance première pour le multiculturalisme. Bariza Khiari, qui ambitionnait de « s’occuper de la structuration de l’Islam en France », prône cette « laïcité ouverte » dont on sait qu’elle ferme tant de portes à notre liberté. N’empêche. À toutes ses décorations — la Légion d’honneur, l’Ordre national du mérite, l’Ordre des Arts et des Lettres — fallait-il vraiment que Madame Khiari ajoute, en ces temps obscurs, la rosette du dénigrement ??

°°°

Source : https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/des-responsables-musulmans-appellent-a-un-sursaut-on-a-encore-plus-de-retard-quen-2015

Des responsables musulmans appellent à un sursaut : « On a encore plus de retard qu’en 2015 »

Par Célia Cuordifede

Publié le 22/10/2020 à 16:43

Vendredi 16 octobre, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été assassiné pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves. Imams et historiens rappellent que la caricature n’est en rien une interdiction religieuse édictée par le coran, mais bel et bien par les islamistes intégristes.

Chaque jour, le discours qu’il tient met sa vie en danger. Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, le dit sans ambages, il milite pour un « islam des Lumières », contre l’intégrisme. C’est à ce titre qu’il est sous protection policière 24 heures sur 24 depuis près de douze ans. Cibles de menaces récurrentes de la part d’islamistes radicaux, les membres de sa famille se sont expatriés à l’étranger, changeant d’identité. « Si je n’étais pas protégé, il me serait arrivé la même chose qu’à Samuel Paty depuis bien longtemps », lâche l’imam. « La violence doit cesser, ce n’est pas ce que prône l’islam », poursuit-il. Soutien indéfectible de Charlie depuis 2006, Hassen Chalghoumi appelle les musulmans au sursaut face à la « barbarie de l’islamisme radical ». Plusieurs imams, recteurs de mosquée et historiens se placent sur la même ligne. Ils demandent aux musulmans d’« ignorer les caricatures » et de respecter la liberté d’expression ainsi que de « blasphème ».

Vendredi 16 octobre, Samuel Paty, professeur d’Histoire-géographie dans un collège des Yvelines est mort. Mort pour avoir enseigné la liberté d’expression et celle de critiquer une religion. Il avait osé montrer des caricatures du prophète Mahomet dessinées par les journalistes de Charlie Hebdo, eux-mêmes visés par un attentat meurtrier le 7 janvier 2015. Eux avaient osé dessiner un prophète, se moquer d’une religion.

« Appel aux musulmans pour la publication des caricatures »

« Beaucoup de musulmans pensent qu’il est interdit de dessiner le prophète. Ce n’est pas vrai », fulmine Nasser Ferradj, fondateur du collectif des musulmans progressistes et laïques. « J’ai publié à plusieurs reprises des représentations du prophète qui démontrent clairement qu’il ne s’agit pas d’une interdiction religieuse édictée par le Coran, mais d’une interdiction récente prônée par les islamistes ».

« Beaucoup de musulmans pensent qu’il est interdit de dessiner le prophète. Ce n’est pas vrai », fulmine Nasser Ferradj, fondateur du collectif des musulmans progressistes et laïques.

Le théologien Mohammed Bajarfil abonde dans le même sens. « Coraniquement parlant, il n’est écrit nulle part que celui qui caricature ou insulte le prophète doit être tué ». D’après le théologien, le prophète Mahomet est à de nombreuses reprises, insulté, vilipendé ou encore « traité de fou » dans le livre sacré. « Il n’a pourtant jamais été question de glaives ou de kalachnikovs », tranche-t-il. Mohammed Bajarfil évoque bien le droit musulman (aussi connu sous le nom de la Charia), mais rappelle que ce dernier a été élaboré plusieurs siècles en arrière dans un contexte d’empire et de société bien éloignée de celle du XXIe siècle. « Dans ce droit musulman, une jurisprudence selon laquelle toute personne qui insulte le prophète mérite d’être tuée est belle est bien développée », rapporte-t-il. Et d’ajouter : « Ces décisions émanaient davantage de sorte de tribunaux que de décision individuelle », souligne le théologien.

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Outre le débat religieux sur le sujet des caricatures, le recteur de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou, rappelle que si l’islam « interdit le blasphème aux croyants », « nous vivons tous dans un Etat de droit ». Pour le recteur de mosquée bordelais, il est nécessaire que les musulmans défendent cette liberté de critiquer la religion, de s’exprimer. « La liberté de blasphémer nous permet celle de croire en notre religion », explique-t-il. C’est d’ailleurs en ce sens que Nasser Ferradj, le fondateur du collectif des musulmans progressistes et laïques invite les fidèles de l’islam de France à publier des caricatures ou des représentations du prophète. « Pas forcément celle de Charlie s’ils ne les aiment pas, mais peut-être celles issues du monde Ottoman », précise-t-il.

Nécessité de « contrer » le discours islamiste

Au-delà de l’appréciation, il faudra peut-être de la pédagogie et avec, du temps avant qu’une majorité de musulmans ne se décident à publier des dessins ou caricatures de leur prophète. A l’occasion de l’ouverture du procès des complices de l’attentat du 7 janvier 2015, où 12 personnes ont été assassinées, la rédaction de Charlie Hebdo a fait le choix de republier les caricatures début septembre (« Tout ça pour ça »). D’après un sondage Ifop commandé par l’hebdomadaire lui-même, et publié en en septembre dernier, 69% des sondés musulmans et 47% des moins de 25 ans considèrent que cette republication est une « provocation inutile ». Toujours dans le même sondage, à la question : « En général, faites-vous passer vos convictions religieuses avant les valeurs de la République ? », 40% des sondés musulmans répondent positivement.

« Ils ont le droit de considérer qu’il s’agit d’une provocation inutile, même si le propre d’une caricature est de choquer, de provoquer », rétorque Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux. « Il y a quand même un fossé entre penser cela et tuer une personne », poursuit-il. La deuxième partie du sondage évoquée par Marianne fait tiquer le recteur. « Dire que la loi de dieu est supérieure à celle de la République me choque profondément. C’est un vrai problème », se désole celui qui chaque jour dit faire « ce qu’il peut » pour élever les consciences lors de ses prêches.

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Expliquer, démonter les préjugés au sujet de Charlie Hebdo qui serait « d’extrême droite », « contrer le discours islamiste qui infuse », c’est ce que s’attèle à faire chaque jour l’imam Hassen Chalghoumi dans sa mosquée Al-Nour à Drancy (Seine-Saint-Denis). « Parfois, j’ai des fidèles qui viennent me voir en me disant ‘Je ne suis pas Charlie’ », raconte-t-il auprès de Marianne. La réponse de l’imam ? « Etre pédagogue, montrer les caricatures faites à l’égard des autres religions… » Un travail de fourmi, sur le long terme auquel croit profondément Hassen Chalghoumi mais qui peut parfois décourager tellement il demande de patience. « Nous aussi on sensibilise auprès des jeunes dans les quartiers populaires, dans les écoles ou encore dans les prisons », assure Nasser Ferradj du collectif des musulmans progressistes et laïques. « Autant dire une goutte d’eau au milieu de l’océan ». De son côté, le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou appelle les imams à la responsabilité « face aux croyances populaires ».

« Confronter » l’islam à une pensée critique

Avec quelles solutions ? D’après le théologien Mohammed Bajarfil il faudrait « lire le Coran à la lumière de notre contexte sociétal de 2020 ». Objectif : apporter des modifications aux libertés individuelles qui sont pour l’heure encore soumises à un temps lointain. Pour l’imam de Drancy, l’Etat doit être « ferme » à l’égard de ceux qui prêchent une parole érronée basée sur l’émotion ou l’islam politique. « Voyez en 2015, lorsque des enfants ont refusé de faire une minute de silence pour Charlie, c’est là qu’il fallait agir, punir et convoquer les familles pour comprendre ce qu’il se passait. Désormais, on a encore plus de retard qu’en 2015 ». Mais, Nasser Ferradj prévient : « Il ne s’agit pas seulement de nous endormir avec de la poudre de perlimpimpin en fermant le CCIF. Derrière ça, il faut voir qui parle au plus grand nombre de musulmans en France... » Les islamistes ou les ’progresistes’ ? « Après le constat, il serait peut-être bien de déployer un certain nombre de politiques publiques en cohérence qui permettent que notre discours soit plus soutenu. Et non un discours qui donne l’impression aux gens que ce sont des querelles de chapelle ».

Dans les solutions à apporter à l’islam en ces temps, une thèse fait consensus, tant auprès de l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, que du recteur de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou, ainsi que Nasser Ferradj. L’islam doit être « confrontée à une pensée critique » en son sein et par la même vivre une sécularisation. Et pour cause : d’après Jacqueline Chabbi, elle n’y a encore jamais fait face. « Le judaïsme comme le christianisme ont été, à travers des schismes internes douloureux, soumis à la critique », expliquait-elle dans un entretien à Libération en 2016. « Qu’il s’agisse de l’archéologie ou de l’histoire des mentalités, de nouveaux savoirs ont exploré le passé afin de séparer le mythique de l’historique. Adam est devenu le premier homme du mythe, pas celui des historiens ou des anthropologues. Force est de constater que le travail accompli par les universitaires sur le religieux et son historicité dans le judaïsme et le christianisme n’a guère touché l’islam jusqu’à présent ». Problème d’après l’historienne : « le discours critique ne peut se dire à l’intérieur de l’islam, sauf à encourir les foudres de responsables religieux, voire politiques. On reste dans une histoire sacrée, encombrée de tabous et d’interdits ».