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France : Attentat de Conflans - Assassinat de Samuel Paty : trois nouveaux suspects mis en examen

dimanche 8 novembre 2020, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/06/assassinat-de-samuel-paty-trois-nouveaux-suspects-presentes-a-la-justice_6058736_3224.html

Attentat de Conflans

Assassinat de Samuel Paty : trois nouveaux suspects mis en examen

Deux hommes âgés de 18 ans et une jeune fille de 17 ans ont été mis en examen vendredi pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Au total, dix personnes sont mises en examen.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 10h33, mis à jour à 22h03

La photo de Samuel Paty, affichée sur la façade de la mairie de Conflans-Sainte-Honorine, le 3 novembre 2020. THOMAS COEX / AFP

Trois nouveaux suspects ont été mis en examen, vendredi 6 novembre, pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » dans l’enquête sur l’assassinat de Samuel Paty, le professeur assassiné le 16 octobre pour avoir montré des caricatures de Mahomet, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source judiciaire.

Deux jeunes hommes âgés de 18 ans, un Russe d’origine tchétchène et un Français, et une mineure de 17 ans de nationale française avaient été interpellés et placés en garde à vue mardi matin. L’un d’entre eux a été interpellé en Haute-Saône et un autre en Haute-Marne, selon une source proche du dossier. Ils ont été mis en examen vendredi et, à l’issue d’une audience devant le juge des libertés et de la détention, les deux hommes ont été placés en détention provisoire et la jeune femme placée sous contrôle judiciaire et dans une structure, a complété cette source.

Samuel Paty, enseignant de 47 ans, a été décapité à la sortie de son collège de Conflans par Abdoullakh Anzorov, un réfugié d’origine russe tchétchène de 18 ans, pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors de deux cours début octobre sur la liberté d’expression. Anzorov, radicalisé depuis plusieurs mois selon sa famille, mais inconnu des services de renseignement, a été abattu par les policiers qu’il attaquait après son crime.

Les deux hommes mis en examen vendredi sont soupçonnés d’avoir échangé des messages avec l’assaillant via un groupe de discussion dans des messageries, selon une source proche du dossier. Le Russe tchétchène est également soupçonné d’avoir voulu partir en Syrie, selon des sources concordantes. Ce dernier est né à Grozny, dans la République russe de Tchétchénie, en 2002, et est arrivé en France en 2003, selon des déclarations de ses parents à l’AFP. Le père et la mère, qui sont séparés, ont déclaré avoir été tous deux interrogés par les enquêteurs antiterroristes et ont affirmé que leur fils était « innocent » et qu’il « regrettait » l’assassinat de Samuel Paty. Le domicile de la mère, où le jeune homme vivait, a été perquisitionné, d’après celle-ci.

La jeune femme de 17 ans est, elle, soupçonnée d’avoir été en contact avec l’un des deux hommes, selon la même source proche du dossier.

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Dix mises en examen au total

Sept personnes ont déjà été mises en examen dans cette enquête, le 21 octobre, dont six pour « complicité d’assassinat terroriste ». Parmi eux, deux collégiens de 14 et 15 ans, accusés d’avoir désigné contre rémunération l’enseignant à l’assaillant. Ils ont été laissés libres sous contrôle judiciaire. Brahim Chnina, le parent d’élèves à l’origine d’une campagne de dénigrement de Samuel Paty, et le militant islamiste qui l’avait soutenu, Abdelhakim Sefrioui, sont également poursuivis pour « complicité ».

Placés en détention provisoire, ils sont accusés d’avoir « nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux le professeur d’histoire-géographie » au moyen « d’une manœuvre et d’une réinterprétation des faits », selon le procureur antiterroriste Jean-François Ricard.

Le jeune terroriste avait contacté M. Chnina, qui assure n’avoir eu aucune idée de son projet, à la suite des vidéos publiées par ce père de famille qui accusait le professeur de « discrimination » envers les collégiens musulmans, dont sa fille.

Deux amis de l’assaillant, Naïm B. et Azim E., ont également été placés en détention provisoire, soupçonnés de complicité pour avoir accompagné Anzorov acheter un couteau, puis pour le second de l’avoir convoyé de sa ville d’Evreux vers l’Ile-de-France. Une troisième relation du terroriste, Yussuf C., est poursuivi pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et également incarcéré.

L’enquête explore également la piste de liens entre le tueur et au moins un djihadiste russophone en Syrie. Anzorov avait envoyé le 16 octobre sur les réseaux sociaux, un message audio en russe hésitant après avoir posté la photo du professeur d’histoire décapité.

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« 400 violations » de la minute de silence

Par ailleurs, l’éducation nationale a recensé « 400 violations » de la minute de silence organisée lundi en hommage au professeur assassiné, a annoncé vendredi le ministre Jean-Michel Blanquer, en affirmant que chaque incident faisait l’objet de « poursuites ».

« Il y a eu environ 400 violations de la minute de silence, dans des formes parfois légères, parfois lourdes », a-t-il expliqué sur RTL. « Bien entendu, chacune de ces violations est suivie de poursuites disciplinaires. Parfois même, il y a eu des poursuites pénales dans certains cas. » Ces cas les plus graves, où des poursuites pénales sont engagées, s’élèvent à « une dizaine environ », a détaillé le ministre, et peuvent relever de « l’apologie du terrorisme ».

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« Aucun incident ne reste sans suite », a-t-il assuré, sans pour autant privilégier l’exclusion des élèves. « L’exclusion, c’est jamais une grande réussite en soi ; ce qui est plutôt intéressant, c’est de parler avec les familles, de comprendre ce qui se passe, et d’aller voir plus loin avec les administrations sociales, et la police et la justice quand il y a lieu », a déclaré M. Blanquer.

« Dans l’affaire Paty », où l’enseignant avait été pris pour cible par un parent d’élèves sur les réseaux sociaux, « on voit bien que c’est le milieu familial qui a été terrible », a-t-il rappelé. « Donc, il faut tirer les leçons et être très attentif à là où en sont en sont nos élèves en termes de mauvaises influences qui s’exercent sur eux. » Le ministre a également redit que l’enseignement de l’éducation morale et civique doit être prochainement renforcé, « pour que les enjeux de la liberté d’expression soient bien explicités. »
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Le Monde avec AFP