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France : Les faits d’apologie du terrorisme ou de menaces explosent depuis l’assassinat de Samuel Paty

samedi 7 novembre 2020, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/les-faits-d-apologie-du-terrorisme-ou-de-menaces-explosent-depuis-l-assassinat-de-samuel-paty-20201107

Les faits d’apologie du terrorisme ou de menaces explosent depuis l’assassinat de Samuel Paty

On trouve derrière ces affaires « des profils variés, des gens radicalisés, mais aussi des personnes qui souffrent de troubles mentaux ou qui envoient un message sans mesurer sa gravité », ainsi que « des jeunes », note le procureur de Paris, Rémy Heitz.

Par Le Figaro avec AFP

Publié il y a 27 min

Photo : Au lycée François-Magendie de Bordeaux, le 2 novembre. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Au niveau national, près de 200 enquêtes ont été ouvertes au cours de la dernière semaine d’octobre pour apologie du terrorisme, menaces de mort, injures ou provocations à la haine en lien avec la décapitation de Samuel Paty le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

À LIRE AUSSI  : Six mois ferme puis expulsion pour avoir « glorifié » l’assassinat de Samuel Paty

La Chancellerie, qui confirme ce chiffre avancé par France Info, précise qu’il est « à appréhender avec prudence, dans la mesure où il n’y a pas de point de comparaison nationale » et n’a pas souhaité actualiser ce bilan.

« Ça explose ! On a beaucoup de menaces qui visent des personnalités publiques, le Président de la République, le Premier ministre, plusieurs ministres, des députés, des enseignants », détaille une source judiciaire, qui y recense beaucoup d’allusions plus ou moins directes « à des menaces de décapitation ».

70 enquêtes

Au parquet de Paris, qui centralise une grande partie des procédures, environ 70 enquêtes ont été ouvertes notamment pour « apologie du terrorisme » et « menaces de mort ou de violences » depuis la décapitation du professeur d’histoire-géographie qui avait montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves lors de cours sur la liberté d’expression.

« Toute plainte ou signalement fait automatiquement l’objet d’une ouverture d’enquête », assure à l’AFP le procureur de Paris, Rémy Heitz. « Dès lors qu’il y a une connotation terroriste ou une apologie de terrorisme, les faits sont systématiquement signalés au parquet national antiterroriste », précise-t-il. On trouve derrière ces affaires « des profils variés, des gens radicalisés, mais aussi des personnes qui souffrent de troubles mentaux ou qui envoient un message sans mesurer sa gravité », ainsi que « des jeunes », note le procureur.

Mesure éducative

Lundi, lors de l’hommage rendu à Samuel Paty dans les établissements scolaires, l’Education nationale a recensé « environ 400 violations de la minute de silence, dans des formes parfois légères, parfois lourdes », a indiqué vendredi matin sur RTL le ministre Jean-Michel Blanquer. « Chacune de ces violations est suivie de poursuites disciplinaires », et parfois de « poursuites pénales », a-t-il précisé. Certains élèves ont siffloté pendant l’hommage, d’autres ont ri, relate le parquet d’Evry qui a reçu « énormément de signalements » pour des comportements qui ne constituent toutefois pas une infraction pénale.

A Paris, une collégienne de 15 ans a été mise en examen pour « apologie de terrorisme » après avoir accablé Samuel Paty. Elle a écopé d’une réparation pénale, mesure éducative qui prévoit notamment une réflexion du mineur sur son délit. Dans un lycée de Caluire-et-Cuire (Rhône), un élève de 15 ans a menacé un professeur de lui « couper la tête ». A Gisors (Eure), une fille de 12 ans a diffusé une photo de la tête décapitée du professeur à ses camarades. Quatorze procédures ont été ouvertes lundi et mardi contre des mineurs pour « apologie du terrorisme » dans des établissements scolaires en marge de l’hommage, selon la Chancellerie.

Au lendemain de la mort de Samuel Paty, le ministre de la Justice a demandé aux procureurs généraux la plus grande fermeté dans le traitement des comportements incitant à la haine ou appelant à commettre des crimes ou délits, plus particulièrement s’ils visent des enseignants, des agents du service public ou des forces de l’ordre.

Des peines conséquentes sont ainsi tombées cette semaine : six mois de prison ferme et dix ans d’interdiction du territoire français mercredi à Pontoise (Val-d’Oise) pour un Algérien de 34 ans qui avait « glorifié » l’assassinat de Samuel Paty, et un an de prison ferme avec incarcération immédiate jeudi à Versailles (Yvelines) pour un homme qui avait menacé de décapitation un professeur d’histoire-géographie de l’Isère.

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