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France : La France en proie à la tyrannie des minorités

mercredi 11 novembre 2020, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/education/la-france-en-proie-a-la-tyrannie-des-minorites

La France en proie à la tyrannie des minorités

Par Jack Dion

Publié le07/11/2020 à 13:02

On ne compte plus les groupes qui, au nom de causes diverses et variées, prétendent imposer leur loi en ayant recours au terrorisme intellectuel ou à des méthodes encore plus contestables.

Outre la variété de fromages et de crus vinicoles, la France est aussi une terre de comportements pour le moins divers. Voici peu, pendant que les citoyens, dans leur immense majorité, s’apprêtaient à se reconfiner avec calme et sérénité, d’autres se croyaient habilités à occuper le bitume à des fins peu compatibles avec la sérénité de l’ordre républicain.
La scène se passait à Vienne, en Isère, puis à Décines, en périphérie de Lyon. Plusieurs dizaines de turcophones pro-Erdogan ont cru bon de défiler dans les rues au cri de « Allahu akbar », souhaitant en découdre, sur fond de conflit dans le Haut-Karabach, avec des Arméniens.
Quelques jours après la décapitation de Samuel Paty, l’initiative est d’un goût douteux. Hélas, ce n’est pas la première du genre puisque, récemment, Dijon a vu s’affronter des groupes tchétchènes et maghrébins exhibant fièrement leurs armes, comme si l’on était sur un champ de bataille, loin de la Côte-d’Or. Il n’y a pourtant pas d’erreur spatio-temporelle. Cela se déroule bien en France, en 2020, dans un pays où des groupes se croient autorisés à faire leur loi et imposer leurs règles de vie, loin des principes démocratiques en vigueur.

SOUS L’ÉTENDARD DU « BIEN »

Certes, dans les cas précités, il y a des enjeux qui dépassent le cadre des frontières nationales.Il n’empêche, ceci ne justifie en rien cela. Et de telles dérives flottent dans l’air d’un temps fort troublé. Car il est devenu banal d’entendre des voix défendre des causes diverses et variées avec des moyens que l’éthique eut naguère réprouvés. La vogue identitaire ayant le vent en poupe, celle-ci finit par tout balayer sur son passage. Mêlée à des revendications communautaires infinies, elle anéantit progressivement la notion d’intérêt général pour y substituer des intérêts particuliers théorisés, sanctifiés et hystérisés. La notion de bien commun est bannie au profit de causes spécifiques défendues par de pseudo-avant-gardes intolérantes qui brandissent l’étendard du « Bien ».

Malheur à qui s’y oppose ou se contente même d’évoquer le moindre doute à leur endroit. La tyrannie des minorités, qui se réclame des droits de l’homme, de la femme, de l’orphelin et de l’animal, a ceci de particulier qu’elle ne tolère aucun avis contraire. Comme l’écrivait Philippe Muray :« Ceux qui interdisaient d’interdire sont ceux qui ne cessent d’interdire tout ce qui ne va pas dans le sens de leur panégyrique. »
Tout y passe. Sur tous les modes d’expression et dans tous les domaines, y compris ceux qui sont moins dramatiques que le terrorisme, faut-il l’admettre. Pour les adeptes du véganisme, par exemple, un amateur de steak (avec ou sans frites) devrait être traîné devant les tribunaux au nom de la cause animale, qui a supplanté celle des êtres humains. Les partisans de l’écriture inclusive sont prêts à dresser des listes pour dénoncer « celles et ceux » (comme on se doit d’écrire) qui sont encore dans le camp de l’écriture sexiste héritée de l’univers patriarcal blanc et hétérosexuel.
Le nouveau catéchisme antiraciste détecte des racistes partout sauf dans son camp, là pourtant où une personne blanche de peau est suspecte d’office. Le néoféminisme fait de tout homme un Harvey Weinstein en puissance. Les gays ne jurent que par les gays et voient des homophobes partout. La cage aux « phobes » se remplit au fil des jours de nouveaux arrivants jugés inconvenants pour les gros, les petits, les grands, les ceci, les cela, j’en passe et des meilleurs.

LEGNE DU « MOI, JE »

Les uns et les autres ne jurent que pour leur cause, la seule qui compte, la seule qui justifie un engagement dont on ne se demande jamais s’il prend en compte les aspirations des autres membres de la communauté nationale. Cette dernière, d’ailleurs, n’existe plus. C’est le règne du « moi, je ». Moi, je veux un enfant, même si je ne peux pas en avoir pour raisons biologiques, et, s’il le faut, je louerai un ventre pour arriver à mes fins.
Moi, je n’ai pas de sexe défini mais un genre, lequel peut changer au fil du temps et des jours, en fonction de mes désirs. Parler d’hommes et de femmes, nés avec des attributs sexuels différents, c’est être l’objet de la risée générale et risquer l’accusation de « transphobie », avec parfois renvoi direct vers l’extrême droite.
Toutes ces causes, aussi diverses soient-elles, partent de situations réelles, de questions incontournables et d’aspirations respectables. Mais en les isolant du devenir commun, on finit par les instrumentaliser et par morceler la cause de l’universalisme portée par la République et l’esprit des Lumières. L’obsession de la sphère privée conduit au repli sur les seuls individus ou les seules communautés, comme si l’autre est forcément un ennemi dès lors qu’il ne possède pas les mêmes attributs – qu’il s’agisse de la couleur de peau, de la religion, de l’apparence physique, ou du sexe (pardon : du genre).

Dans ce nouveau spectre, le plus souvent glorifié par une élite petite-bourgeoise urbaine prenant ses fantasmes pour la réalité, l’enjeu social n’existe plus. Le monde du travail a été enterré avec la lutte des classes, ce vieux mythe détesté aussi bien par les adeptes du néolibéralisme que par les accros du gauchisme culturel qui battent le haut du pavé médiatique. Les uns et les autres, d’ailleurs, cultivent la même haine du peuple. À tour de rôle, d’ailleurs, ils aiment à dénoncer le « populisme », ce mot lancé comme une insulte à l’adresse des esprits récalcitrants qui ne veulent s’agenouiller ni devant les dieux du marché qui prétendent régenter l’économie ni devant les Torquemada de l’individualisme forcené qui veulent jouer les professeurs de morale.