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Dialogue politique libyen à Tunis : Les islamistes retardent la dynamique de paix

dimanche 22 novembre 2020, par siawi3

Source : https://www.elwatan.com/edition/international/dialogue-politique-libyen-a-tunis-les-islamistes-retardent-la-dynamique-de-paix-19-11-2020

Dialogue politique libyen à Tunis : Les islamistes retardent la dynamique de paix

Photo : Aguila Salah Aïssa, au centre, est bien placé pour devenir le président de la transtion

Mourad Sellami

19 novembre 2020 à 10 h 28 min

Alors que la communauté internationale et les Libyens s’attendaient à la nomination d’un Conseil présidentiel sous la houlette de Salah Aguila, l’homme des Russes, et d’un gouvernement dirigé par Fathi Bachagha, la tête de pont des Turcs, des candidatures inattendues ont faussé le jeu.

Les frères musulmans ne sont pas satisfaits de ce partage entre l’Est et l’Ouest. Le misrati Bachagha n’est pas un pur frère musulman et le dirigeant historique de l’islam politique en Libye, Ali Sallabi, basé en Turquie, a tout chambardé.

Les différents accords entre les belligérants libyens, chapeautés notamment par les Russes et les Turcs, laissaient entendre que le partage allait se faire entre l’Est et Misrata, la place forte de l’Ouest libyen. L’Est a présenté Salah Aguila, le président du parlement, au poste de successeur d’Al Sarraj au Conseil présidentiel. L’Ouest a candidaté l’actuel ministre de l’Intérieur, le misrati Fathi Bachagha, pour le poste de chef du gouvernement.

Toutefois, à Tunis, d’autres noms ont émergé du lot. Il y avait surtout, à l’Est, la candidature du juge Abdeljawad Laabidi, pour la présidence. Laabidi est connu pour satisfaire les frères musulmans. Mais, il n’a pas l’aval de Haftar. Le Conseil présidentiel désigne le commandement général de l’armée. A l’Ouest, la candidature de l’homme d’affaires, Ali Dbeyba, a faussé les cartes de Bachagha. Diverses sources assurent que Dbayba a fait monter les enchères et il y avait un risque évident qu’il rafle la mise à Bachagha.

Comme le mode de choix n’a pas été décidé au préalable, un premier accord stipulait que chaque région choisissait son candidat. Aguila et Bachagha étaient devant. Au fait, chacun avait les voix de sa tribu. Seuls les deux nominés parvenaient à récupérer d’autres voix. Mais, les frères musulmans étaient présents à l’Est et l’Ouest, étant considérés par l’ONU comme composante politique active dans toute la Libye.

Par ailleurs, les disciples de Sallabi ont défendu l’idée de pousser de nouvelles têtes. C’était le moyen par lequel les frères musulmans pouvaient se frayer un chemin pour faire capoter la partie et se créer une place au soleil. En plus, on parlait d’achat de voix, spécialement à l’Ouest. Le candidat Dbeyba serait le plus offrant. Et les 75 voix se dispersaient de manière empêchant tout consensus. L’envoyée intérimaire de l’ONU, Stéphanie Williams, a compris que la situation ne prêtait pas à un accord et elle a mis fin aux surenchères.

Enjeux et perspectives

Deux principales raisons étaient derrière ces tensions de dernière minute. D’abord, le commandement général des troupes, désigné selon les accords de Tunis par le Conseil présidentiel.

Khalifa Haftar est catégorique pour que nul d’autre que Salah Aguila, le président du Parlement, n’occupe le poste. C’est Aguila qui a désigné Haftar en 2014 à la tête de l’armée libyenne, selon les termes de l’organisation provisoire des pouvoirs, attribuant cette autorité au président du Parlement.

Les deux hommes s’entendent à merveille et s’accordent une confiance mutuelle.

Le second facteur influent sur ces tractations est le lien entre les Frères musulmans et la ville de Misrata. Lequel lien n’est pas organique. « Les Misratis sont plus hommes d’affaires que musulmans », lance le politologue Ezzeddine Aguil, pour expliquer les réticences du dirigeant des Frères musulmans, Ali Sallabi, à accepter la nomination de Fathi Bach Agha à la tête du gouvernement. « La confrérie n’a pas digéré l’accord de cessez-le-feu en septembre dernier, passé entre Haftar et l’autre Misrati, Ahmed Myitigue, le vice-président du Conseil présidentiel, derrière le dos de tout le monde », rappelle le politologue, ce qui explique, pour lui, les raisons de l’attachement des islamistes à être présents, physiquement, autour de la table de décision. Un casse-tête pas encore résolu pour Stéphanie Williams.