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France : Apologie du terrorisme : un imam du Val-d’Oise condamné à 18 mois de prison

jeudi 26 novembre 2020, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/apologie-du-terrorisme-un-imam-du-val-d-oise-condamne-a-18-mois-de-prison-20201126

Apologie du terrorisme : un imam du Val-d’Oise condamné à 18 mois de prison

Le tribunal correctionnel de Pontoise a également prononcé une interdiction définitive du territoire français à l’encontre de ce Pakistanais de 33 ans.

Par Aude Bariéty

Publié il y a 5 heures, Mis à jour il y a 4 heures

Le prévenu devait être jugé le 12 novembre, mais son procès a été renvoyé au 26 novembre car son avocat était « souffrant ».

« Les musulmans sont toujours prêts à se sacrifier pour leur prophète. » Ces propos, ainsi que d’autres tenus dans trois vidéos postées sur le réseau social TikTok en septembre dernier, relèvent-ils de l’« apologie du terrorisme » ? Oui, pour deux vidéos sur trois, selon le tribunal correctionnel de Pontoise, qui a ce jeudi 26 novembre condamné leur auteur, Luqman H., à 18 mois de prison. Un peu plus tôt dans l’après-midi, le parquet avait requis deux ans de prison.

À lire aussi :Un imam jugé à Pontoise pour « apologie du terrorisme »

À l’audience, blouson noir matelassé et barbe fournie, Luqman H. s’est revendiqué du soufisme, qui selon lui appelle à « respecter toutes les religions et vivre en paix » et enseigne « un message d’amour ». « Message d’amour, moi je veux bien, mais on est un peu éloigné de ce qui nous occupe ! », a lancé le président de la 8e chambre correctionnelle.

Dans l’une des trois vidéos qui lui étaient reprochées, le Pakistanais de 33 ans félicitait en effet l’auteur de l’attaque devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, survenue le 25 septembre, en plein procès des attentats de janvier 2015… « Selon moi, c’est la seule vidéo qui fait la louange d’un acteur d’acte de terrorisme », a plaidé Me Xavier Nogueras, l’avocat du prévenu, qui a affirmé que son client « n’adhérait pas aux idéologies terroristes ».

« Je condamne totalement ceux qui agissent ainsi. Je n’ai jamais pris leur parti. Je n’ai jamais pensé féliciter cet individu. J’ai dérapé, ce n’est pas ce que je voulais dire. C’était pour faire le buzz », a assuré en ourdou Luqman H., assisté d’une interprète. « Ça y ressemble étrangement ! On a l’impression que vous le portez aux nues parce qu’il a vengé l’honneur du prophète », a répliqué le président. « Je n’ai pas trouvé les mots adéquats, je présente toutes mes excuses », a repris le prévenu, qui a expliqué qu’il avait d’ailleurs supprimé la vidéo du 25 septembre sur les conseils de certains de ses proches.

Ce qui n’a pas empêché les autorités de le repérer. Après avoir été interpellé et placé en garde à vue le 1er octobre, Luqman H. aurait dû être jugé en comparution immédiate le 5 octobre. Mais sur les conseils de son avocat de l’époque, Me Denis Lelièvre, il avait demandé un délai pour préparer sa défense.

Le procès avait alors été renvoyé au 12 novembre. Ce jour-là, l’audience avait une nouvelle fois été repoussée, le nouvel avocat du prévenu, Me Xavier Nogueras, étant souffrant. Ce 26 novembre, l’audience a finalement pu avoir lieu, dans la plus grande salle du palais de justice de Pontoise en raison de la présence de nombreux journalistes.

En situation irrégulière en France

À l’audience de ce jeudi, avant de se pencher sur les faits, le tribunal est d’abord revenu sur la personnalité du mis en cause. Né au Pakistan le 14 octobre 1987 d’un père ouvrier et d’une mère au foyer, Luqman H. a rapidement intégré une école coranique où il a appris le Coran « par cœur ».

En 2011, il a quitté son pays pour « fuir la pauvreté » et a traversé l’Iran, la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et l’Italie avant d’arriver en France en 2015. Il s’est alors installé à Villiers-le-Bel, où « la communauté pakistanaise est très importante ». D’abord hébergé par des « amis » rencontrés en Grèce, il a travaillé comme peintre dans le bâtiment, puis comme serveur dans la restauration.

Dès son arrivée, il a fréquenté la mosquée de la ville, où il a peu à peu pris des responsabilités, dirigeant des prières et enseignant la lecture du Coran aux enfants. « Je n’ai jamais été l’imam attitré de cette mosquée. Je suis présenté comme un imam dans les médias, mais je ne suis qu’un simple travailleur. Tout personne sachant prier peut diriger la prière », a-t-il expliqué à l’audience.

Un responsable de ce lieu de culte a quant à lui déclaré qu’un « rôle d’imam » avait été confié à Luqman H., et que ce dernier n’avait jamais tenu de propos problématiques. Après l’affaire des vidéos TikTok, ce responsable a demandé au Pakistanais de quitter le logement appartenant à la mosquée qu’il occupait depuis 2018.

Le tribunal s’est également intéressé à la situation administrative de Luqman H. Comme le rappelait Le Figaro avant l’audience, le trentenaire se trouve en situation irrégulière dans l’Hexagone. Il a fait l’objet de trois obligations de quitter le territoire français (OQTF) qui sont restées lettre morte.

À l’issue de sa peine de 18 mois de prison, il devra quitter la France, a décidé le tribunal qui a prononcé à son encontre une interdiction définitive de rester sur le sol français. « Il est impossible que la République vous garde sur son territoire » au regard des propos tenus sur TikTok, a conclu le président à l’adresse du prévenu.

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Video ici 4:46

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